Manger est un acte profondément culturel.
À travers l’alimentation se jouent nos façons d’habiter un territoire, de prendre soin, de transmettre, de célébrer, de partager, et aussi d’entrer en relation avec le vivant. Car manger n’est pas seulement ingérer. C’est être relié à des saisons, des gestes, des paysages, des savoir-faire, à des présences humaines et non humaines dont nous dépendons sans toujours les percevoir.
À La Garance, nous développons un axe de travail à la croisée de la création artistique, des pratiques culinaires et des enjeux écologiques, sociaux et sensibles de notre époque. Les créations dites “comestibles” connaissent aujourd’hui un essor remarquable. Des artistes cuisinent, invitent à goûter, à partager. Derrière ces gestes, il y a bien plus qu’un repas : de véritables expériences esthétiques, relationnelles et politiques.
Ces formes interrogent la place du corps dans la réception des œuvres, les liens entre hospitalité et création, et les protocoles relationnels qui émergent autour de la table. Que produit dramaturgiquement l’intégration de la matière culinaire ? Quelles expériences sensitives et collectives apparaissent lorsque l’on ingère à la fois des mets et des idées ? La cuisine fait entrer l’odeur, le goût et le partage au cœur de l’expérience, transformant en profondeur les formes esthétiques et dramaturgiques.
Nous expérimentons cela tout au long de la saison, à travers le festival confit !, le réseau Ça mijote, deux expositions — Hors-Champs de Sandra Reinflet et Dévorer avec les yeux — ainsi que le projet A Tavola !.
Relier alimentation et création, c’est ouvrir des espaces où se rencontrent savoirs, imaginaires et expériences capables de transformer nos manières d’être au monde.
Bon appétit !