Les publications de Catherine Zambon

 
"Campagnes d’écriture" : l'immersion continue

mardi 13 mars 2012, par Catherine Zambon

Lozère. Janvier–Février. 2012. Rochette Basse. Altier . Je suis accueillie par la Famille Moulin. Frédéric et Valérie. Et leur deux filles.

Ici, on va de la stabulation libre à l’enclos des cochons qui gambadent, en passant par la petite chèvre aux abords de la ferme et à laquelle on a promis un alter ego pour le printemps. Les terres sont belles, mais rudes, rocailleuses. Sur l’exploitation, on suit l’animal jusqu’à l’assiette du consommateur. J’accompagnerai trois bêtes à l’abattoir avec Frédéric et son père. « Voilà, le voyage est terminé » dira le père lorsque nous arriverons à Langogne, et je ne saurai pas s’il parle de notre arrivée ou du destin des trois bêtes. Je serai conviée à fêter le dernier jour de chasse à la cabane. Une marque de confiance qui me fait rencontrer une équipe qui, si je saisis bien, comprend deux non chasseurs et un végétarien ! Il fait un froid de gueux. Il neigera, le retour sur Mende en sera crispé mais féerique.

Février 2012. Cabrières d’Avignon. Domaine de la Bastidonne. Accueillie par Gérard Marreau.

Premier séjour en terre du Lubéron. Je côtoie trois jours un vigneron Gérard, son fils Julien et deux oncles âgés qui s’affairent de façon indispensable. Autres terres, autre vécu. Ici, on va de la cuverie à la terre. Du dedans au dehors. On cultive et on élève le vin. Beaucoup d’étapes dans la fabrication du vin, chacune d’entre elles exigeant des savoirs faire multiples. J’irai dans les vignes quelques heures pour la taille, j’assisterai au plongeon de Julien s’engouffrant dans une cuve pour la nettoyer à fond. Je goûterai le vin lors d’une lecture formidablement chaleureuse. Pour un peu, j’ai envie de revenir pour les vendanges ! Il restera forcément quelques parcelles ramassées à la main même si la machine fait son apparition un jour…

Projet soutenu par les Scènes Croisées de Lozère, la Compagnie La Poudrière et la Scène nationale de Cavaillon.

NB : retour sur mes premiers pas en Lozère


"Campagnes d'écriture" : premiers pas

mercredi 4 janvier 2012, par Catherine Zambon

Avant sa venue dans la région au printemps, Catherine Zambon nous fait part de ses premières expériences dans les pattes des agriculteurs lozériens, pour le projet "Campagnes d’écriture".

Grandrieu, Lozère, novembre 2012. Je suis accueillie par Krystelle, Laurent et leurs trois adorables fillettes à Mararèches.

A peine arrivée je file à l’étable où vaches et hommes sont à la traite. Je ne dois pas être énervée car les vaches ne bronchent pas, elles me regardent de leurs grands yeux sombres. Le même soir, je suis invitée à une fête organisée pour le départ de l’inséminateur. Plus de 100 personnes à la salle des fêtes. C’est bruyant, sympathique, on me présente. Je repars un peu ivre, le nez collé au pare brise, car le brouillard s’est levé, dessinant devant moi d’improbables figures fantomatiques. Lorsque je repartirai, dix jours plus tard, j’aurai approché les vaches de bien plus près et vendu des fromages sur le marché.

Nasbinals. Décembre 2012. Je suis accueillie par Christiane, Francis et leur fils Christophe à Rieutortet.

Ici, ça naît, à tour de bras . Jusqu’à huit petits veaux en une nuit. On ne dort guère en ces temps de vêlage. Les étables bruissent de l’appel des mères et de la réponse des petits. J’assiste à une première naissance. On ne parle pas fort ici, on ne s’agite pas auprès des bêtes. Ici, dans la plus ancienne des étables, les noms des bêtes sont soigneusement inscrits au dessus d’elles. Lors des repas avec Christiane, Francis et Christophe, on écoute les infos d’une oreille. Le soir où Europe a mis bas, Merckel et Sarkozy essayaient de se mettre d’accord sur l’avenir de l’Europe. On était confiant à Rieutortet. Europe avait vêlé sans problème. Le petit veau était en pleine forme. On y a vu un signe de bonne augure.