Le canard confi.né #3

 

jeudi 9 avril 2020

Dans la vie d’avant

Les réveils sonnent. Il est environ 7h. Pour toute cette bande, les tartines grillent, les œufs se brouillent, France Inter résonne, ici ou là. Des projets vestimentaires sont mesurés en fonction de la météo. Un covoiturage s’organise entre les quatre Avignonnais, dans le quartier de la Rotonde à Avignon. Tous les autres membres de l’équipe viennent de toute part, pour se rejoindre un peu avant 9h à La Garance. Des deux côtés du zinc, des cafés à avaler, d’autres entamés et des grains de sucre qui se font la malle.

« Qui veut un café ?
Hey, tu sais quoi Laulau, YOU win !
Mazette, David, tu as cuisiné hier !
C’est à qui d’faire le prochain goûter, la semaine prochaine ?
Vous avez bien dormi ?
Tu as vu, Christophe André a réalisé un programme de méditation sur Petit BamBou.
David, Didier, alors, comment c’était ce spectacle hier soir ? »

Dans la vie d’aujourd’hui

Le réveil sonne, il est entre 8h et 8h50 pour commencer à 9h. Certains font quelques insomnies, quand d’autres étirent leur sommeil. Quelques premiers messages pour se saluer sur le groupe Whatsapp « La Garance – télétravail ». Un appel Skype est lancé par l’un d’entre nous. Outre les réunions sont réhabilités les temps informels, qui nous manquaient cruellement les premiers jours. Les ordinateurs s’ouvrent, les lumières des webcams s’allument…

« Hey !
Salut les collègues !
Comment ça va aujourd’hui ?
Impeccable, et vous ?
Oh dis, on voit enfin quelle tête tu as le matin au réveil !
Wouarf wouarf !!!
Dis donc Nico, tu t’es coupé les cheveux tout seul ?
Bon allez, courage les collègues ! »

Sur les réseaux, les sujets de la programmation 2020-2021 et ses avancées. La question des reports des spectacles annulés depuis le 17 mars et ses évolutions. Les chantiers et questionnements sur notre manière d’accueillir les spectateurs, sur le fonctionnement de la programmation itinérante Nomade(s), l’étude des représentations scolaires de la saison qui suit, l’adaptation des spectacles en Langue des signes française, etc. Sans oublier les échanges nombreux sur l’impact de cette situation. La situation du personnel technique intermittent, les questions soulevées pour la vie des compagnies, les spectacles qui devaient être fabriqués en résidence, pour des créations qui n’ont plus les conditions réunies de mise au monde…

Dans la vie de demain

Alors là, c’est LA Grande Question ! Celle qui traverse chacun de nos esprits, chaque jour… Quel sera le rapport des habitants aux lieux comme le nôtre ? Quel besoin de (spectacle) vivant ? Nous devrons certainement fonctionner différemment, en résonance avec notre temps, mais comment ? Qu’est-ce qui aura changé à la sortie de crise ? Qu’est-ce qui aura changé six mois après ? Serons-nous animés par une fièvre de liberté et des éclats de vie ou serons-nous devenus de vrais zombis ? C’est grâce à nos échanges avec vous et à vos mots que ces questions se transformeront en hypothèses, que nous souhaitons vibrantes d’espoir.