Pièce pour trois interprètes et un musicien
Jan Martens se nourrit de la conviction que chaque corps a quelque chose à raconter. Son œuvre est comme une retraite où la notion du temps redevient tangible, offrant de la latitude à l’observation, à l’émotion et à la réflexion. Pour parvenir à cet objectif, il ne conçoit pas tant son propre vocabulaire gestuel, mais travaille et réutilise des langages singuliers déjà existants dans un contexte différent afin que puissent émerger de nouvelles idées. Pour chacune de ses créations, il redessine la relation entre public et artiste. Rule of Three est son spectacle le plus dansant à ce jour.
Le point de départ de cette création est notre aptitude à passer trop vivement d’une impression à une autre. Rule Of Three est un spectacle dansé qui, à l’instar de Sunny d’Emanuel Gat, présenté la saison dernière à La Garance, se situe entre concert et recueil de récits, une collection d’histoires brèves écrites avec des corps, de la musique, des costumes et des textes. Une méditation libre, indomptée, qui s’appuie sur la frénésie et les forts contrastes de notre époque : apaisement et explosion, précision et intuition, cœur et raison. Une époque peu encline à la concentration et à la réflexion. Pour cette création, le chorégraphe collabore, en parfaite harmonie, en symbiose même, avec le percussionniste américain Nah dont la musique se compose de percussions interprétées en direct, mixées avec des sons collectés et des échantillonnages manipulés. Sur scène, les performeurs Julien Josse, Courtney May Robertson et Dan Musset engagent le dialogue avec ces compositions musicales éclectiques et poussent ainsi les stimulations sensorielles toujours un peu plus loin.