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Villa Olga
De l’origine de la commande


Je n’ai jamais vraiment cherché une pièce d’un genre particulier (le choix d’un
texte à mettre en scène a toujours été provoqué par la rencontre avec une écriture,
une thématique), mais l’envie m’est venue de travailler sur un matériau
drôle. Non pas parce que les temps sont durs, et qu’il faut du divertissement
à tout prix, mais plutôt parce qu’à force d’essentiel, et de paroles urgentes et
nécessaires, nous ressentons parfois le besoin, la nécessité de futilité, de légèreté.

Pour l’occasion, je me suis mise à traquer la comédie policière, le vaudeville.
Et je me suis heurtée à des textes souvent poussiéreux et invariablement misogynes.

Comme pour Pièce(s) de cuisine (commande de textes que nous avions faite à
8 auteurs), l’idée a germé de convoquer à nouveau un auteur, afin de le faire
travailler sur ce thème, revisitant et réactualisant avec lui les codes d’un théâtre
un peu désuet. Une auteure femme pour contrer les auteurs du genre, souvent
masculins.

L’écriture truculente de Catherine Zambon s’est tout de suite imposée pour
cette aventure. Voici donc le cahier des charges à partir duquel elle a écrit :
« Comédie policière ou vaudeville prenant pour toile de fond la côte d’Azur et la
plage. Dans l’éventualité de sortir du théâtre pour aller jouer sur la plage et dans
l’eau. Pour 4 acteurs. »

J’ai également invité Catherine à relire des classiques du genre.
A mon sens, la commande induit un immense privilège : celui de travailler avec
l’auteur, de tester l’écriture (presque) en temps réel avec les acteurs, de questionner
l’écriture-papier en lien direct avec l’écriture de plateau. Faire et permettre
des allers-retours. Villa Olga a été écrite, re-travaillée, re-écrite,
re-travaillée et sera re-écrite, re-travaillée (et ainsi de suite...).

Alexandra Tobelaim