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Villa Olga,
le propos


S’emparer d’un théâtre de genre revient à questionner la représentation.
Comment créer une rencontre improbable et pertinente entre la forme et le
fond, entre différentes manières théâtrales et les idées préconçues qu’elles
véhiculent ? Comme par exemple, dans le cas très spécifique du vaudeville,
celle qui voudrait que la mise en scène ne doit pas se voir si l’on veut qu’elle
soit efficace...
Le texte de Catherine Zambon est empreint de théâtre contemporain : représentation
de l’intime en crise, éclatement des espaces, des situations, travail
sur la langue, etc. Et en même temps, il emprunte des ficelles aux classiques
du genre : les accents et les problèmes de langages qui engendrent des quiproquos
et forcent le rire, la jalousie maladive, les coups de théâtre.
Cette écriture doit se jouer sans prendre davantage à la comédie vaudevillesque
« classique », c’est-à-dire : point de représentation tatillonne du réel
dans le décor ou dans le jeu de l’acteur. Ici, la folie confine à l’absurde. Et la
poésie de la langue nous emmène dans un autre univers. Décalé concernant
l’acteur, et abstrait concernant l’espace. Le jeu doit faire apparaître ce que
l’absurde à d’extra-ordinairement ludique. Et l’abîme d’égarement dans lequel
vivent les personnages en ce qui concerne l’amour, nous conduit vers un jeu
corporellement sensitif. Où tous les sens des personnages sont en éveils. Hérissés.