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SAINTE JEANNE DES ABATTOIRS

THEATRE


Résidence de création - coproduction Scène nationale de Cavaillon
Revenir à l’individu, à travers l’exemple de fabricants de conserves et de deux figures emblématiques que sont Jeanne et Mauler, deux allégories, deux personnages qui s’affrontent dans un combat à mort et les armes qu’ils déploient : force et faiblesse, cohérence et contradiction, innocence et culpabilité, mysticisme et matérialisme sont celles de l’homme.

La pièce raconte de façon concrète et simple la misère du monde.

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RETROUVEZ LA Cie PARNAS DANS LA SAISON 06.07

Du 29 Janvier au 3 février 2007, pour la tournée Nomade(s) de sa nouvelle création : Vengeance Tardive, de Jacques Rebotier

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UN CHOEUR D’AMATEURS

Cette pièce fait l’objet d’un travail spécifique avec des amateurs, sous forme de stages tout au long de l’année
Au terme de ces rencontres régulières de travail avec autour de la pièce et de l’univers de Brecht, ces amateurs seront sur le plateau avec la compagnie pour jouer le choeur des Chapeaux Noirs...

LA PIECE

Pierpont Mauler, roi de la viande et magnat de la conserve, veut se débarrasser de ses concurrents en les entraînant à la faillite, ce qui a pour effet « secondaire » d’accroître le chômage et le désespoir des travailleurs. Membre des Chapeaux Noirs, Jeanne Dark croit à la pitié, elle entend faire appel aux bons sentiments pour soulager la misère des travailleurs de Chicago.

A l’occasion de la visite des abattoirs à laquelle l’invite Mauler, elle découvre qu’en fait « les pauvres sont mauvais », que le chômage et le dénuement entraînent une dégradation de la morale. Jeanne se rend compte qu’en désamorçant la colère de ceux-ci par des consolations d’ordre uniquement spirituel, elle se fait la complice involontaire des industriels. Elle chasse les « marchands du temple » et du même coup perd son emploi. A Jeanne qui veut rester neutre est confié un message qui doit entraîner dans la grève une autre usine, mais les doutes l’assaillent en cours de route et elle déserte : la violence n’est-elle pas mauvaise en soi ? C’est l’échec de la grève générale, tandis que Mauler triomphe : il a monopolisé le marché. Jeanne, à l’agonie, est transportée à la maison des Chapeaux Noirs, où les fabricants de conserve étouffent sous des chants liturgiques ses ultimes supplications et la canonisent.

"LA PENSEE EST UNE ACTIVITE JOYEUSE !"

"Ce qui m’intéresse, c’est la récupération, cette capacité monstrueuse et tentaculaire du système capitaliste à tout récupérer. Tout est consommable, y compris la critique de la société de consommation. On n’arrive plus à s’abstraire de cette pensée-là ; on est totalement décérébré. Le « cerveau disponible pour Coca-Cola » nous concerne tous.
D’où l’intérêt de monter cette pièce que Brecht considère comme un divertissement.

Car, contrairement à ce que l’on croit souvent, Sainte-Jeanne des Abattoirs n’est pas une pièce didactique.
Brecht vise ici résolument le tout-public. Après l’Opéra de Quat’sous, il veut faire une œuvre populaire, mais il ne la verra jamais montée. De la même manière qu’il a utilisé les codes bourgeois pour les subvertir, il va utiliser les codes du divertissement pour dire exactement le contraire, d’où le parti pris de comédie musicale.
C’est essentiel, car bien au-delà de Sainte-Jeanne, pour moi, la pensée est une activité joyeuse. C’est du plaisir et du bonheur, et non pas de la souffrance."

Catherine Marnas

Durée estimée : 2h20

ALLER PLUS LOIN

A LIRE

La Jungle, d’Upton Sinclair, qui a largement inspiré Brecht pour l’écriture de Sainte-Jeanne des Abattoirs.

Une interview de Catherine Marnas, à propos de Sainte-Jeanne des Abattoirs

A ECOUTER

L’interview de Catherine Marnas à propos de Sainte-Jeanne des Abattoirs, à l’émission le Chantier sur France Culture