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Psychanalyste urbain

Laurent Petit


« Il y a une bonne dizaine d’origines à la psychanalyse urbaine. »

Mon lourd passé d’ingénieur où le jeu consistait à ingurgiter un lourd stock d’informations pour en faire la synthèse en quelques lignes

La rencontre avec Eric Heilmann et ses travaux sur les liens entre Mickey la souris et Michel-Ange, cette rencontre a permis de jeter les bases d’une science poétique qui allait devenir plus tard la psychanalyse urbaine…

Sans doute le professeur Blurp et ses micro-conférences para-scientifiques qu’on retrouve dans "Les rubriques à brac" de Marcel Gotlib

Ensuite l’organisation de la finale du championnat de France de psychanalyse, en 2004, à Villeneuve d’Ascq, où c’est finalement un chaman urbain qui l’avait emporté, de justesse, devant un junguien et un lacanien, j’ai trouvé que ça avait été vraiment un grand match…

Ensuite une copine qui m’a un jour offert un divan "le Corbusier", présent dans l’exposition "Youpi Yeah", tout ça parce que son mari le lui avait offert pour qu’elle aille se faire soigner, cette copine me l’a offert pour s’en débarrasser (de son divan) et je m’en suis longtemps servi pour aller psychanalyser des gens dans la rue en échange de sommes d’argent dérisoires, le but étant de démocratiser la pratique de la psychanalyse en la rendant accessible à tous, cette tentative n’a guère été concluante mais c’est de là que m’est venue soudain l’envie de psychanalyser des villes entières..

J’ai aussi vécu une idylle amoureuse avec une étudiante en architecture qui n’avait pas toute sa fête et qui m’a initié à toutes sortes de concepts philosophiques et urbains, extrêmement compliqués qui me faisaient un peu mal à la tête entre de nombreuses bagarres et quelques baisers…

Un jour j’ai rencontré un collectif d’architectes (le collectif "Exyzt") qui avaient besoin d’un porte-parole pour présenter ses travaux, j’ai enfilé une blouse blanche et j’ai réussi à faire croire que j’étais psychanalyste urbain…

Plus tard, fin mai 2007, je me suis retrouvé à Karosta en Lettonie, dans une ancienne base militaire russe pour présenter les travaux de transformation d’un centre culturel français en champignon géant. Se déroulait en même temps un congrès qui essayait de trouver des liens possibles entre les techniques d’espionnage et l’art contemporain, j’y ai rencontré un certain David Legrand qui prétendait espionner les pays en se faisant passer pour Jean-Luc Godard et c’est vrai qu’il imitait très bien Jean-Luc Godard le célèbre cinéaste. David Legrand m’a proposé de psychanalyser Vierzon, j’ai toute de suite accepté, la grande histoire de la psychanalyse urbaine a commencé là, à cet endroit précis et ça ne s’est pour ainsi dire jamais arrêté depuis…