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Note d’intention

Une phrase pour ma mère


La mise en scène n’est pas un excès, un ajout, quelque chose qui vient par dessus, recouvrir le texte. Elle est par nature un défaut, un retrait, quelque chose qui vient d’en dessous, découvrir le texte ; soustraire l’encombrant, l’inutile.

Tenter dans son appréhension des mots et du sens, de ne pas faire
écran. Disparaître. Laisser la place.

Cela ne se signe pas, du moins pas plus que n’importe quel travail d’écoute, d’observation, de compréhension. Scruter n’est pas créer. Ce
travail de transmission n’est pas un travail de modestie. Mais d’exigence.

Ce qui s’apprécie dans une mise en scène (et mise en scène, par la
simplicité des trois mots qui le composent, est un mot juste) ce n’est
pas le brio ni l’intelligence de celui qui paraît-il tire les ficelles du spectacle, c’est sa capacité à ne pas venir s’imposer entre l’œuvre et le spectateur, c’est la qualité d’écoute qu’il parvient à mettre en œuvre. La qualité du regard. Ou bien encore, juste ça : la coexistence du texte et du plateau. Réinventer à chaque spectacle le rapport du spectateur au texte.

Travail de lecture, comme on fait pour l’enfant qui ne sait pas lire, ou ne
veut pas. Une voix entre une page et une oreille, et qui devient ce
qu’elle raconte, qui repousse le sommeil. C’est cela qui est à l’origine et à la fin des activités de Labyrinthes, sous toutes leurs formes.

Et donc l’écriture, fil d’Ariane. (…)

Jean-Marc Bourg