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Nancy Huston


Nancy Huston est née à Calgary (Canada anglophone). Après des études
à New York, elle s’installe à Paris au début des années soixante-dix, où
elle suit l’enseignement de Roland Barthes à l’École des Hautes Études en
Sciences Sociales, assiste au séminaire de Lacan. En même temps, elle
participe à différentes revues de femmes : Sorcières qu’elle a cofondé,
Les Cahiers du GRIF, Histoires d’Elles...

Elle débute sa carrière en tant
qu’essayiste pour le MLF, et publie son premier roman en 1981 Les Variations Goldberg. À l’université de Vincennes enseigne Tzvetan Todorov, qui
deviendra son mari. Lui exilé de l’Est ; elle, exilée de l’Ouest. Barthes, le
féminisme, Todorov. Nancy Huston alors reflète bien le monde intellectuel de l’après-mai.

D’autres romans vont suivre dans lesquels elle traite de la douleur des
femmes, le malheur des peuples, l’énigme des filiations, l’obscurité des
origines, autant d’urgences qu’il convient de mettre en mots. Elle bâtit
alors des constructions romanesques savantes, mais jamais ennuyeuses.
Son souci de lisibilité reste extrême. Sachant que la littérature ne se
nourrit pas de bons sentiments, elle évite toute militance.
Roman après roman, sans concessions, elle gagne un public toujours plus
large. Avec Cantiques des plaines (1993) - Prix du Gouverneur général -
elle retrouve sa langue maternelle et, depuis, se traduit elle-même dans
les deux sens. En 1996, Instruments des ténèbres obtient le Goncourt des
lycéens. Sous forme polyphonique, typique de Nancy Huston, elle donne
voix à plusieurs personnages, voire même à une glycine, un étang (Une
adoration
, 2003, son dernier roman) ou Dieu en personne (Dolce Agonia, 2001).