accessibilité

Archives saison 2006-2007

 
 

Michel Laubu / Turak Théâtre  

Intimae

Partager
 

Inspiré du livre de Georges Pérec, « Espèces d’Espaces », ce spectacle tente de jouer avec les frontières de notre propre insularité - lit, chambre, appartement, quartier - de rédiger un mode d’emploi poétique, et de définir une géographie de l’intimité dans tous ses états. L’espace de jeu ? Vieilles armoires, canapé, et objets du quotidien transformés et détournés pour une brassée de personnages en mouvement issus de cette mythologie insulaire, des marionnettes, et de la musique en direct, des onomatopées, des chrysalides de mots.
Ne serait-ce pas la naissance d’un opéra Turak ?... Insulairement vôtre !

 

PETITS OPÉRAS OBLIQUES ET INSULAIRES

Un répertoire de pièces miniatures dans lesquelles les personnages émettent des sons tout en se déplaçant en crabe d’un point A à un point B.
(A et B sont définis dans un espace intime préalablement balisé)

Exemples :

Opéra postal
Une suite de petits opéras, comme des nouvelles, comme on donne des nouvelles, comme on envoie des cartes postales.

Gisements d’opéra (complainte ouvrière)
Ici, un petit opéra en là mineur
Je suis là par effraction, las par effraction

Opéra des champs (austère)
fendre, faire, couper
de la musique
pour l’hiver
comme on fait du bois

Opéra ornithologiste
Exercices pour s’entraîner à dire à la suite, très vite et bien articulé, toutes sortes de petits noms d’oiseaux

Liste non exhaustive

NOTE DE CREATION

Avec le Turak, nous avons toujours proposé un théâtre ouvert à tous, un théâtre praticable par tous, accessible à chacun avec ses propres moyens, ses outils personnels.

Au départ de la compagnie, nos spectacles miniatures nous permettaient d’installer avec nos spectateurs une relation quasi-intime, leur nombre permettant cette proximité.
Ensuite, nous avons tenté de nous prouver à nous-même que l‘on pouvait faire du théâtre même dans les théâtres. Nous avons apprivoisé l’espace des grands plateaux et inventé d’autres relations à des spectateurs beaucoup plus nombreux, installés dans des gradins beaucoup plus grands, disposés en frontal bien en face de la scène.

Puis invités trois années à fréquenter les univers des arts de la rue, nous y avons proposé des spectacles dans des dispositifs particuliers, utilisant les ressources de chaque lieu. Ces créations nous ont permis d’élaborer des rapports aux spectateurs encore différents.

Maintenant, ce désir précis d’un « grand plateau intimiste » me préoccupe et m’emmène à envisager la forme de ce nouveau spectacle. Ici, je rêve alors d’un spectacle dépouillé, ludique et mystérieux. Un théâtre rudimentaire sur une scène bien en face d’un gradin. Un théâtre rudimentaire, une poésie qui s’abreuve aux sources du théâtre d’objets.

Au départ d’un projet Turak, il m’est toujours difficile de dire, raconter, tenter de définir, écrire ou expliquer ce qu’il sera. Quand un spectateur me demande « mais qu’avez-vous voulu dire ? » je suis embêté, encombré par ma réponse. J’ai souvent tenté de me justifier... Maintenant j’accepte et j’avoue ne pas savoir ce que je veux dire. « et c’est bien pour cette raison que je le dis de cette manière, avec ce théâtre-là, cette poésie... »

Les images, les instants de théâtre, les actes de cette poésie disent, ont leurs propres paroles autonomes et intègres. Ils ne sont pas les illustrations d’un propos préétabli caché dans les images, que les spectateurs devraient retrouver. C’est lui-même que chaque spectateur doit débusquer dans les images de ce théâtre.

Donc, dire sans savoir ce que l’on veut dire. Faire confiance à cette évidente nécessité. Préserver ce précieux besoin, ce désir de raconter avec des images fragiles et inexplicables pour moi-même. Au-delà de ce que je sais déjà, une poésie qui s’aventure sur des territoires qui me sont encore inexpliqués.

Pour la mise en œuvre de cette poésie bricolée, il y aura une équipe d’une dizaine de personnes, acteurs-manipulateurs, musiciens, régisseurs plateau à vue et techniciens.

La musique sera jouée en direct par deux musiciens (clarinette, clarinette basse et violon alto). Elle sera construite, bricolée et interprétée sur des instruments de musique et des machines. Objets quotidiens et guitares électriques compilés serviront de balisage sonore et visuel.

L’espace de jeu sera défini par une escadrille de vieilles armoires et un canapé convertible. Le tout agrémenté d’objets quotidiens bruts de la vie, transformés et détournés.

Les trois acteurs-manipulateurs mettront en mouvement une brassée de personnages qui seront les grandes figures de cette mythologie oblique et insulaire, inventée sur mesure, une mythologie de poche, comme un couteau suisse.

Et il y aura des marionnettes...
Confirmer ce plaisir à utiliser bien sûr des objets subtilisés dans la vie quotidienne, ces objets que chacun reconnaît parce qu’il y a presque le même chez lui, chez son voisin, chez quelqu’un de la famille... Ou y’a bien longtemps...

Confirmer aussi ce plaisir de construire et mettre en mouvement ces étranges formes marionnettiques. D’où me vient cette émotion quand, dans un miroir, j’observe, quasiment extérieur, étranger, cette forme toute bricolée, à peine née que je mets en mouvement ? Le regard qu’elle porte sur les choses qui l’entourent m’attendrit, me touche au plus profond. Je ne sais pas pourquoi. Alors je continue, comme une évidente nécessité.

Les marionnettes invitées dans cette aventure seront moins nombreuses pour que chacune puisse bénéficier de plus de place, plus d’espace poétique pour se dire.

Michel Laubu

- Dévorez le dossier complémentaire

- Visitez le site du Turak Théâtre

Documents


Dossier complémentaire

Fichier PDF - 1.6 Mo
 
 
 
 
Haut de page