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Marguerite Duras / Dominique Blanc / Patrice Chéreau / Thierry Thieû Niang

La douleur


vendredi
20 mars
2009
Théâtre de Cavaillon

La dernière guerre, Marguerite Duras l’a vécue tout à la fois comme femme dont le mari avait été déporté dans un camp allemand, comme résistante, mais aussi, comme écrivain. Lucide, étonnée, désespérée parfois, elle a, pendant ces années, tenu un journal. Ce sont ces récits et des extraits de ce journal, que Marguerite Duras a réunis sous le titre " La Douleur ".

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- COMPLET


La douleur @ Ros Ribras
La douleur @ Ros Ribras
La douleur @ Ros Ribras
La douleur @ Ros Ribras
La douleur @ Ros Ribras

Le spectacle

La Douleur est un récit autobiographique, le journal de l’absence
éprouvante, de l’attente chargée de menaces, de la peur atroce,
écrasante, du désespoir, de la honte de vivre en attendant le retour de
Robert Antelme (Robert L. dans le texte), son mari, déporté dans un camp allemand. Elle ignore en cet avril 45, printemps de la Libération,
s’il est toujours vivant. Errante dans une ville assommée, courant de
bureau en bureau, maudissant son téléphone, ne mangeant plus, ne
dormant plus, elle attend, elle guette, elle cherche le moindre signe
d’espoir. La guerre continue en elle alors qu’alentour la joie de la
Libération s’extériorise. Son groupe de résistants se réorganise pour
encadrer le retour de ceux qui en revienne. Lui aussi en reviendra, dans
un corps où la vie n’a plus de poids.

Avec la complicité de Thierry Thieû Niang, Patrice Chéreau met en scène l’une de ses actrices fétiches, la saisissante Dominique Blanc. Elle interprète l’un des textes les plus troublants de la littérature d’après-guerre : le journal de Marguerite Duras, dans lequel elle consigne sa vie après la libération de Paris et l’attente du retour de son mari, prisonnier des camps. Dominique Blanc fait résonner, jusque dans ses silences, ses soupirs, la simplicité et l’intensité de l’écriture durassienne.

Patrice Chéreau

Né en 1944, Patrice Chéreau passe son enfance à Paris avec deux
parents peintres qui lui transmettent très jeune le goût des arts. En 1966, il prend la direction du Théâtre de Sartrouville, où il monte des pièces impliquées politiquement.

Après avoir acquis une réputation internationale, jouant les plus grands auteurs classiques, il sort son premier long métrage, "La Chair de l’orchidée", en 1974. Entre théâtralité et réalisme, ses films reflètent sa personnalité, mais aussi une intensité des relations toujours présente. A partir de 1983, il dirige pendant huit ans le Théâtre des Amandiers à Nanterre. C’est en 1994 avec "La Reine Margot", vaste fresque théâtrale mettant en scène Isabelle Adjani, Daniel Auteuil et Jean-Hugues Anglade, qu’il rencontre un véritable succès public.

Il revient ensuite à des films plus intimistes, comme "Ceux qui m’aiment prendront le train" (1998), "Intimité" (2001), "Son frère" - Ours d’argent à Berlin en 2003 - ou encore "Gabrielle", sélectionné au Festival de Venise en 2005 et dans lequel il dirige Isabelle Huppert. La même année, il propose une version très personnelle du célèbre "Cosi fan tutte" de Mozart. Réalisateur et metteur en scène inspiré, Patrice Chéreau signe des oeuvres organiques, au chaos parfaitement orchestré.

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Envie d’abord de retravailler avec Dominique Blanc, envie de partager
quelque chose, de faire exister ce quelque chose. Envie alors de se confronter à ce texte terrible. De se ressouvenir de ça : la Résistance, la Libération, les camps, cette période impensable et qu’on a oubliée. Et puis le retour incroyable de cet homme dont Marguerite Duras s’est séparée et qu’elle aime, l’horreur de l’attente, la splendeur de sa résurrection à lui – qui est aussi un peu son oeuvre à elle. L’espoir fou.
Transmettre tout cela, humblement, à des spectateurs.

Patrice Chéreau

Dominique Blanc

Dominique Blanc est née à Lyon le 25 avril 1959, d’un père accoucheur
et d’une mère infirmière. Débarquée à Paris, elle y exerce différents
petits métiers pour pouvoir payer ses études au cours Florent où elle est
admise, en classe libre, en 1979. En 1981, elle apparaît pour la première
fois sur scène dans "Peer Gynt", que Patrice Chéreau met en scène au
TNP de Villeurbanne. Une rencontre qui portera ses fruits car le
réalisateur/metteur en scène et la comédienne se retrouveront de
nombreuses fois par la suite.

Tout en poursuivant sa carrière sur les planches, la jeune femme se
consacre un peu à la télévision ("Shanghai Skipper" en 1985) et
débarque au cinéma dans un premier rôle où l’on remarque
immédiatement ses grands yeux tristes et sa beauté échappée d’un
muet des années 20 : elle est une très émouvante alcoolique anonyme
dans "La Femme de ma vie" (1986) de Régis Wargnier, qui devient son
réalisateur fétiche.

En 1989 elle décroche le césar de la Meilleure actrice dans un second
rôle pour son interprétation d’une lesbienne libérée dans "Milou en mai"
de Louis Malle, rôle qui la révèle une seconde fois au grand public. Elle
conte fleurette à Pierre Arditi dans "Plaisir d’amour" (1990) revient dans sa campagne natale dans "L’Affût" (1991) incarne une chanteuse de
bastringue dans "Indochine" (1991) (deuxième César), une ouvrière du
Nord de la France dans "Faut-il aimer Mathilde ?" (1993) ou encore
Henriette de Nevers dans "La Reine Margot" (1993) Des personnages de
composition souvent éloignés les uns des autres, avec cependant une
prédilection pour les femmes simples, en phase avec la réalité
quotidienne.

Omniprésente sur les écrans français, on a pu la retrouver dans le rôle
d’une voisine bienveillante dans "Le Lait de la tendresse humaine" (2001) en épouse effacée et maternelle de Jean-Pierre Léaud dans "Le
Pornographe" (2001) aux côtés de Michel Piccoli dans le film de ce
dernier. L’actrice aux quatre César a été récemment à l’affiche du
"Capitaine Achab" de Philippe Ramos.

Thierry Thieû Niang

Thierry Niang rassemble une équipe artistique mêlant professionnels et amateurs, enfants et adultes autour de projets - danse, musique, arts visuels, philosophie et littérature - questionnant la thématique du « Territoire du Corps » et du « Corps du Territoire » à travers réflexions et actions, créations et transmissions pour un travail de sensibilisation à l’art et à la culture chorégraphique contemporaine.

Cette saison il crée « Au Bois Dormant » avec Marie Desplechin, écrivain et Benjamin Dupé, musicien à partir d’un travail auprès d’adolescents autistes. Il prépare aussi un duo avec Catherine Germain/ Arletti « UN AMOUR » sous les regards de François Cervantes, François Rancillac, Laurent Frechuret et autres invités pour l’été 09 et met en scène la lecture de « COMA » de Pierre Guyotat par Patrice Chéreau au Théâtre de l’Odéon à Paris.

Collaborateur des dernières créations de François Cervantes (« Une île" et "Le dernier quatuor d’un homme sourd") et de Nathalie Richard et Elina Lowensöhn pour « Drames de Princesses » de Elfride Jelinek à Marseille, il co-signe également la mise en scène de « La douleur » avec Patrice Chéreau.

Vidéo

Le metteur en scène, Patrice Chéreau, parle du spectacle :


La douleur
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