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Marguerite Duras


Auteur de l’oeuvre originale Hiroshima, mon amour, réalisateur, scénariste, dialoguiste, interprète, compositeur, adaptateur, producteur.

Née en 1914 à Gia Dinh (Viêt-nam) et décédée en 1996 à Paris.

L’écriture cinématographique est, pour Marguerite Duras, très proche de l’écriture littéraire : après l’adaptation de
quelques-uns de ses romans par des réalisateurs tels que René Clément (Barrage contre le Pacifique, 1956) ou Peter
Brook (Moderato cantabile, 1960), Marguerite Duras écrit pour le cinéma Hiroshima mon amour, d’Alain
Resnais. Dans son oeuvre, les frontières entre roman, théâtre et cinéma sont perméables. En 1966, elle
coréalise avec Paul Seban l’adaptation de sa pièce La musica puis, trois ans plus tard, elle réalise seule Détruire,
dit-elle. En 1972, Nathalie Granger inaugure le processus inverse : le film précède le livre. Marguerite Duras
s’approprie le cinéma, invente les règles plus qu’elle ne s’y plie. Le septième art fournit des lieux vides que le texte vient
habiter, au sens littéral du terme : dans Nathalie Granger, les comédiennes Lucia Bose et Jeanne Moreau ne
parlent pratiquement pas et, lorsqu’elles s’expriment, c’est un son postsynchronisé que l’on entend, séparé du
corps des actrices. A partir d’India song (1974), l’écrit l’emporte sur l’image : des textes énoncés en voix off sur une
musique de Carlos d’Alessio accompagnent les images. Marguerite Duras utilise cette bande son pour d’autres
films, et c’est au spectateur de raccorder les récits d’amours fous et d’incestes évoqués en voix off avec le
palace en ruine de Son nom de Venise dans Calcutta désert (1976) ou les plages de Trouville dans Agatha et les
lectures illimitées
(1981). Le camion (1977), dans lequel Marguerite Duras s’expose le plus, à la fois
comme auteur et comme personnage, est un film au conditionnel : elle et Gérard Depardieu parlent d’un
film qui pourrait se faire, et là encore, c’est au spectateur de faire l’effort intellectuel pour transposer le film
au présent. Elle atteint l’extrême limite du cinéma avec L’homme atlantique (1981) où les écrans noirs
redonnent toute sa place au texte. Aussi expérimental soit-il, le cinéma de Marguerite Duras ne quitte jamais
les rives du récit. Elle le prouve en 1984 avec une comédie sociale et populaire, Les enfants. Marguerite
Duras reste l’emblème d’un cinéma radical ainsi que le démontre la violente polémique autour du film de
Jean-Jacques Annaud, L’amant (1991). Marguerite Duras ne valide pas cette adaptation et écrit " son " film,
L’amant de la Chine du nord.
Marguerite Duras, femme de lettres, écrit entre autres Barrage contre le Pacifique, Moderato cantabile,
L’amour (1972), Savannah Bay (1983) et L’amant (1984), pour lequel elle obtient le prix Goncourt.