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Les mots de Catherine Zambon


Certes, je connais son travail, son équipe. Mais consentir à écrire un texte de
commande n’est pas, à mes yeux, une mince affaire. Quel est le désir du metteur
en scène ? De quel théâtre rêve-t-il ? Où puis-je servir un projet sans me
perdre ? On imagine bien ici que le genre " vaudeville " ou comédie policière,
si étrangers à mon univers, me déroutait. Pourquoi me convoquer moi, qui piste
plutôt le familial, l’humain et suis une habituée du Nord et de la Picardie ? Ces
premiers échanges furent passionnants, Alexandra nommant ce qui, dans mon
écriture faisait comédie à ses yeux. Moi m’ouvrant à des hypothèses loufoques
détournées des archétypes du vaudeville et qu’elle accepta avec curiosité.
En préambule à un accord définitif, je lui ai demandé de m’inviter sur ce terrain
peu fréquenté par moi : La Côte d’Azur. Nous nous y sommes donc rencontrées
quelques jours, elle me servant de guide en ces lieux qu’elle connaît bien et
affectionne. Elle m’évoqua à l’envi ce qui l’intéressait ici ou là. Paysages. Façon
d’être. De vivre. Les gens. Le factice des uns. L’opulence des autres. Les quartiers
populaires. Les résidences dissimulées sous des murs impressionnants.
Et la mer, bien sûr, les plages... A la suite de ce séjour, j’ai véritablement accepté
ce projet.
Forte de ces impressions, j’ai demandé à Alexandra Tobelaim de prévoir un
autre temps de résidence dans la ville de Cannes, assez caractéristique de la
Côte d’Azur, pour que je puisse continuer ce travail d’imprégnation et d’observation,
en solitaire, cette fois. Ce qu’elle a accepté. Je l’inviterai à lire mes premières
ébauches car j’aspire véritablement à des échanges fréquents le temps
de cette écriture. Je me propose aussi d’assister aux premiers temps de répétition,
afin de requestionner le texte avec l’équipe en création, en vérifier sa
lisibilité et son efficacité burlesque. Un vrai compagnonnage à mes yeux, où le
temps est notre allié, car ici, point de précipitation, mais une élaboration longuement
mûrie, qui laisse à chacune l’espace d’un véritable échange.

Catherine Zambon