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Les excuses de Victor


Mise en scène d’une superproduction artisanale

Les excuses de Victor sont racontées par un comédien, seul en scène, jusqu’à ce que son seul récit ne soit plus suffisant pour rendre compte de leur dimension cinématographique.

Il devient alors marionnettiste, manipulant les personnages de son histoire sur un plateau de cinéma miniature . Il y a là tout ce que l’on a imaginé pouvoir trouver sur un tournage : décors, accessoires, maquettes, éclairages, caméras, grues et tout le nécessaire pour permettre aux caméras la plus grande liberté de mouvement. Le tout à l’échelle de nos acteurs : les marionnettes.

Entrent également en jeu une « assistante de réalisation », préposée à la logistique du plateau et au cadrage, et un technicien, bien à vue du public, qui fait la régie vidéo, son et lumière, en direct.

Le travail de cette équipe est maintenant de tourner de véritables scènes de cinéma et de les projeter en même temps sur un écran installé juste au dessus du plateau. Le style de ces scènes varie selon différents genres cinématographiques, auxquels nous nous efforçons d’être fidèles, à la mesure de nos moyens artisanaux.

L’aspect artisanal est également mis en avant par le biais des musiques utilisées, compositions originales, qui s’amusent à détourner de grands modèles de musiques de films dans des enregistrements multi-pistes d’onomatopées, comme un orchestre philharmonique de bruits de bouche.

Il y a, entre les moyens de l’équipe de tournage et ses objectifs le même décalage que l’on retrouve entre les situations que vit réellement Victor et le récit qu’il en fait.

Le public voit tout. L’endroit et l’envers du décor. La production et la post-production. Les trucages et leurs effets. Le champ et le hors champ.
Évidemment, on ne pourra pas tout voir en même temps.

Il faudra choisir où poser son regard : du côté du tournage ou de la production, du côté de la réalité ou de la fiction, du côté que l’on voit ou celui que l’on veut nous montrer. Peut-être que, par moment, on ne choisira pas. Peut-être se laissera-t-on emporter d’un côté ou de l’autre. En tout cas, on pourra se demander plus tard, pourquoi ce côté, pourquoi ce moment ?
Le plaisir de croire en la magie est-il aussi fort que celui de comprendre l’illusion ?