Les artistes

Le collectif MxM, artiste associé

 

par Nicolas

mercredi 5 octobre 2011

Après la compagnie Skappa ! lors des trois dernières saisons, le collectif MxM est le nouvel artiste associé de la Scène nationale, et ce pour les trois saisons à venir. MxM a déjà présenté Reset à Cavaillon, en avril 2011. Nous programmons le 7 octobre Sun, créé lors du dernier Festival d’Avignon.

Cyril Teste, metteur en scène du collectif, nous explique comment il voit cette association entre MxM et la Scène nationale.

Pourquoi et comment est né le collectif MXM ?

Notre génération (Cyril Teste a 36 ans) est née avec les "nouvelles
technologies" Au départ, il y a dix ans, nous avions ce désir d’un regard critique sur la surmédiatisation de la société, puis on a éprouvé le désir de se servir autrement de cet outil, d’en faire des armes poétiques. Et ça nous a poussés à travailler en groupe. On est obligés d’être nombreux, même si une personne doit aiguiller le souffle de l’équipe.

Vous êtes artiste associé avec le collectif MxM, comment préserve-t-on son individualité ?

L’idée d’un collectif, c’est accepter sa différence, accepter que certains savent faire certaines choses mais que chacun reste incomplet dans son travail. Pourtant chacun garde sa part de création singulière. On ne ressemble pas au collectif des années 70, on est plus proche d’un groupe de musique. Certains, la majorité, travaillent en dehors. Mais c’est aussi une façon de résister, si l’on veut exister il faut savoir disparaître pour mieux apparaître. Un collectif c’est se mettre ensemble au service de quelque chose.

Que signifie d’être artiste associé au Théâtre de Cavaillon ?

Nous étions nomades, créant dans des caves, des friches, a l’étranger, et même si on ne veut pas perdre ce nomadisme, quand on tourne, les lieux finissent par être comme des gares. Être en résidence veut dire prendre le temps de rencontrer les équipes, construire des œuvres ensemble, chercher sans obligation de résultat. Cela pose la question de la dimension humaine et il n’y a pas cinquante lieux en France où l’on interroge les nouvelles écritures et où l’on mélange, comme le fait Jean-Michel Gremillet, toutes les générations de créateurs. Ce sont les artistes aussi qui choisissent un lieu de résidence, parce qu’il nous intéresse !

C’est aussi et surtout une aventure humaine, on pose nos affaires sur un territoire à découvrir, des lieux, des gens, des écoles, à Cavaillon ou à Avignon, qui sont susceptibles de travailler avec nous sur des laboratoires de recherche. Trois ans ça va vite, mais dans une société qui va très très vite, c’est un jardin, une aire de jeu et un grand luxe pour des artistes ! »

Est-ce que pour le moment la page est blanche et ne demande qu’à se nourrir des rencontres à venir ?

C’est en grande partie une page blanche, le collectif MxM travaille beaucoup sur le moment, sur le vif, j’aime bien me dire “allons-y !” sans a priori, et petit à petit m’adapter. Mais, je préfère travailler sur quelques temps forts que sur une multitude de projets. Si la page reste à écrire il y a déjà certaines choses qui se dessinent, comme un travail sur la communication et le visuel, les nouvelles technologies bien sûr, un document sonore… mais nous ne sommes pas là pour remplir un cahier des charges !

La transmission est un pan de votre travail qui vous passionne, les uns et les autres ?

Oui, c’est aussi important pour moi que la création, je lui accorderai ici beaucoup de temps. Nous sommes un collectif. Va donc naître une arborescence complexe entre l’équipe de la Scène et nous, pour créer
quantité de laboratoires. Nous travaillons à comment élargir hors du domaine théâtral.

Vous avez grandi entre Loriol-du-Comtat et Aubignan, quels sont les endroits qui vous sont chers dans cette région ?

Je suis très lié aux espaces naturels, aux forêts, j’aime la campagne profonde, même si je vis à Paris. J’aime Avignon, je vais apprendre à connaître Cavaillon, mais mes endroits de prédilection sont un peu secrets, cachés, du côté des Dentelles, Beaumes-de-Venise, Malaucène, Suzette, Vacqueyras… j’aime que la nature ait encore le dessus !

Propos recueillis par Danièle Carraz (La Provence) et Sophie Bauret (Vaucluse Matin).