Le canard confi.né #6

 

jeudi 30 avril 2020

Cette semaine est sous le signe de l’hommage. Toute l’équipe a été très émue en apprenant la disparition de deux grands hommes, proches de La Garance, qui ont beaucoup apporté à la culture, Michel Tamisier et Philippe Grombeer. Nous souhaitions également rendre un hommage collectif à nos partenaires, aux manches relevées, plus actifs et précieux que jamais !

La Garance a la chance d’avoir des interlocuteurs et partenaires très nombreux. Artistes, spectateurs, établissements scolaires, lieux associatifs, entreprises... Nous côtoyons des réalités si différentes qui constituent une richesse inouïe. En quelques récits non exhaustifs, voici une photographie de ce que vivent des acteurs du champ social sur notre territoire. Entre Cavaillon, Avignon et l’Isle-sur-la-Sorgue, allons à la rencontre de courageux professionnels et bénévoles, qui font que notre humanité tient un peu mieux debout.
La situation chez eux ne manque ni de couleurs, ni de nuances, à l’image de ce que vit probablement chacun de nous. Le confinement nous amène à cheminer à travers notre intimité, jusque dans nos retranchements, entre solitude et rapport au collectif. Mais comme le dit Camille, travailleur social : « finalement, l’épreuve est individuelle ».
Ce qui fait l’unanimité, c’est l’investissement des professionnels de terrain. Tous se sont très vite adaptés à des fonctionnements bouleversés. Quand certains ont dû préserver le « lien », claquemurés chez eux, grâce aux merveilles technologiques, d’autres ont adapté un accueil physique à grande vitesse.

A la Maison Commune, l’accueil de jour se fait habituellement autour du poêle, du percolateur regorgeant de café avec quelques gâteaux à grignoter. Les personnes en situation de fragilité, peuvent prendre une douche, faire une machine, et se réconforter. Néanmoins, c’est bien le contact humain qui apporte toute sa noblesse à ces endroits. Deux salariés du Village, Amélie et Paul, ont maintenu un accueil, mais cette fois à la table, devant le lieu, avec moult précautions (gels hydroalcooliques et gants). Ils proposent toujours du café, qu’ils vont chercher eux-mêmes au compte-goutte et les douches restent disponibles, mais limitées, car une désinfection des sanitaires est faite entre chaque passage.

Du côté de la résidence Adoma (Centre d’Accueil et de demandeurs d’asile à Cavaillon), les intervenants sociaux sont également à pied d’œuvre. Ici, c’est comme partout, certain.e.s vivent le confinement avec anxiété alors que d’autres sont plus détendus. Mais la résolution des questions administratives reste en attente. Des attestations sont distribuées pour pouvoir faire des courses, et les appels téléphoniques sont privilégiés aux rendez-vous physiques.

De bonnes nouvelles nous viennent des Restos du Cœur, dont les points de distribution sont toujours ouverts à Avignon et Cavaillon. Il n’y a jamais eu autant de jeunes adultes volontaires ! C’est une belle nouvelle, qui permet aux très nombreux bénévoles séniors et plus à risque, de rester confinés.

Situé au confluent de l’avenue de la Libération et du Général de Gaulle, le Centre social La Passerelle fonctionne en télétravail. L’avantage étant que les dossiers de fond avancent à grands pas, même si le lien humain manque, notamment au sein de l’équipe, entre collègues. Il y a toujours une ambiance chaleureuse et rieuse dans ce Centre social, alors on en vient même à regretter tous ces petits moments où quelqu’un (venant perturber le travail en cours) passe la tête dans le bureau. Les questions relatives à l’accueil futur du public restent floues, mais ici encore, l’équipe s’est très bien adaptée. Téléphones en main, la priorité est de rester en contact et d’accompagner leurs publics, sur les différents fronts : jeunes inscrits au soutien scolaire, familles qui ont des petits pépins ou grandes épines administratives dans le pied.

De l’autre côté de l’avenue Charles de Gaulle, leurs voisins du Centre Communal d’Action Sociale se sont mobilisés pour garder le contact avec les personnes qui en ont le plus besoin. Les « e-obstacles » rencontrés par les familles ont été dépassés, grâce à la force de la débrouille collective, notamment l’assistance téléphonique. Le lien humain ne s’est pas tari ici non plus, l’équipe du CCAS a notamment organisé une veille téléphonique auprès des personnes âgées isolées. Ces appels, leur permettant de s’assurer de leur bien-être moral, a suscité de nouvelles relations. La reliance agit partout, ici et là. La solidarité et le lien humain, peu visibles, sont présents en force sur notre territoire.