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La psychanalyse urbaine


C’est que la Psychanalyse Urbaine est ma création […]. Je crois même pouvoir affirmer qu’aujourd’hui encore, où je suis loin d’être le seul Psychanalyste Urbain, personne n’est à même de savoir mieux que moi ce qu’est la Psychanalyse Urbaine, en quoi elle diffère d’autres modes de l’exploration psycho-urbaine, ce qui peut être désig
né par ce terme ou ce qui pourrait être mieux désigné autrement.

James Lawson. Contribution à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P 421.

A On peut définir la Psychanalyse Urbaine comme une méthode d’investigation consistant essentiellement dans la mise en évidence de l’inconscience à l’origine de l’aménagement urbain d’une cité ou d’un quartier d’une cité.

B Il s’agit aussi d’un travail pour amener à la conscience de ses habitants le contenu psychique refoulé qui a fait qu’on en est arrivé là

AB La tâche du Psychanalyste Urbain consiste dès lors à démêler, dans le jeu incessant des comportements irresponsables qui sous-tend l’organisation d’une
ville, ceux qui, pour en avoir été isolés, sont à l’origine de profonds désordres névrotiques urbains.

C L’architecte acquiert à l’école d’architecture une formation qui est à peu près le contraire de ce dont il aurait besoin pour se préparer à la Psychanalyse
Urbaine. Son attention est dirigée sur des réalités architecturales plus influencées par la physique des matériaux et toutes sortes de contraintes budgétaires que par un réel souci de
traitement médical. Son intérêt pour les aspects psychiques des phénomènes de la vie urbaine n’est pas éveillé, l’étude des opérations supérieures de l’esprit ne concerne en
rien l’architecture, elle est du domaine d’une autre faculté, celle de la Psychanalyse Urbaine.

C+ L’analyse urbaine se fait toujours par tâtonnements progressifs, il faut que la ville accepte de se faire tâter un peu partout, même à des endroits
qui peuvent paraître à priori gênants voire indélicats

CC+ L’attente de l’analyste peut encore être décrite comme l’ouverture d’un champ des possibles à l’intérieur même de la ville patiente. Elle refuse, en effet, de
considérer la situation actuelle de la ville patiente comme définitive ou inéluctable et elle fait l’hypothèse que la ville patiente peut s’en sortir, qu’il y a la place pour une
nouvelle histoire, que le concept même de « ville maudite » n’est pas une malédiction, que ça peut s’arranger avec un peu de bonne volonté

E Même si l’objectif de la cure, plus que la prise de conscience des désirs inconscients de la ville patiente, vise à la libération de forces nouvelles, qui poussent les habitants patients au changement et à l’action, on ne peut que redouter la réaction de la population aux prises avec un enchantement sans bornes qui
cherchait en vain depuis des siècles son équivalent dans la réalité

EE On peut effectivement considérer tout bon psychanalyste urbain comme un marchand de tissus invisibles qui, avec des gestes subtils, fait la démonstration de son article trompeur mais le monde entier ne devrait-il pas de temps en temps aller se rhabiller ?