La culture, non essentielle ? #6

 

mardi 22 décembre 2020

La Garance, comme beaucoup de théâtres et lieux culturels, appelle à la réouverture des lieux d’art, de création et de diffusion du spectacle vivant dans sa diversité. Pour appuyer cette démarche, La Garance a initié un recueil de témoignages auprès de partenaires et du public. Car la culture c’est l’affaire de tous.

Quels choix !

Nous voulions aller au cinéma Utopia en famille ce samedi 19 décembre : fermé / Covid.
Nous sommes passé devant la grande surface IKEA Avignon Nord en déplacement professionnel ce lundi 21 décembre : ouvert, parking plein.

Quels choix !

Cela me conduit directement à (re)dire la nécessité de la création, de la relation au sensible, au beau. Afin qu’existe la Vie, mieux que la Survie à laquelle confine une existence circonscrite au besoin de se loger et de se nourrir.

M’est venu à l’esprit un Manifeste que nous avons collectivement écrit en 2013 quand nous plantions les premières graines d’un festival mettant en avant cette nécessité de la création, notamment pour les personnes fragiles.

Il est fort tristement toujours d’actualité.
Et plus que jamais universel.

Vincent Delahaye, directeur de l’Association Le Village (Cavaillon)

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C’EST PAS DU LUXE !
Le Manifeste
« Nous continuons de croire que l’art change le monde » Ariane Mnouchkine
« On ne veut pas seulement le bonheur des gens. On veut le bonheur des gens en les rencontrant sur
leur chemin ». Henri Desroche

A l’origine, en 2008, la Fondation Abbé Pierre souhaite réfléchir à l’intégration des pratiques artistiques comme vecteur de relation avec les personnes des boutiques de solidarité et des pensions de familles.
En 2012, pour engager leur participation, la Fondation Abbé Pierre et ses partenaires, la Scène nationale de Cavaillon, l’association « Le Village » et la Ville du Thor, décident de créer un festival.
Ainsi est né « C’est pas du Luxe ! ».
Pour sortir de l’expérimentation mettant en jeu les projets culturels et le travail social.
Pour affirmer une philosophie d’action définissant les pratiques sociales dans les lieux d’accueil pour les personnes en grande précarité, au-delà des urgences du quotidien.
Pour poser le constat que le Festival est un acte de démocratie culturelle et non de démocratisation culturelle.

Nous revendiquons :
La culture comme étant un droit fondamental,
La culture comme une nécessité,
La culture comme source de rencontres, de partages,
La culture comme bouffée d’air pour susciter l’envie d’avancer de se projeter dans l’avenir,
L’art en tant que pratique quotidienne,
L’art comme un espace de liberté et d’émancipation,
L’échange comme source de création.

Nous déclarons :
Que la culture permet à chaque individu (artiste, personne accueillie, travailleur social, bénévole, festivalier, etc) de prendre conscience de sa valeur, d’être critique vis-à-vis du monde en général et de celui qui l’entoure, d’être acteur de sa vie : d’être citoyen.
Que la culture est un fondement éthique de notre société,
Que l’art permet de transformer le regard porté sur des populations en difficulté sans les stigmatiser.

Nous proposons :
Une autre vision du monde ou chacun peut s’exprimer librement et à sa manière,
Des espaces collectifs de rencontres, de création esthétique entre les artistes et les participants afin de vivre ensemble des temps forts de partage et de plaisir,
De donner ou redonner du désir, de l’espérance, de l’esprit, du courage…
Un accompagnement des personnes alliant respect, curiosité, sensibilité, solidarité et altérité dans les processus de création et de résiliation.

Nous appelons :
Ici et maintenant, toutes celles et tous ceux qui partagent nos idées à venir nous rejoindre pour que la culture et l’art soient au centre des préoccupations de tous les citoyens et de toutes les politiques.

Signataires
Fondation Abbé Pierre, Association le Village, La Garance - Scène nationale de Cavaillon, le collectif d’artistes associés.

Cavaillon, le 24 décembre 2013.

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