Journal écourté d’un stagiaire confiné

 

vendredi 6 novembre 2020

Je m’appelle Enzo Dorr, j’ai 22 ans et je fais partie de la 12ème promotion de l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette (à Charleville-Mézières). J’écris durant le premier jour du reconfinement ce compte-rendu sur mes quelques jours passés à l’intérieur des murs de La Garance dans le cadre d’un stage d’observation en structure.

Il me semblait naturel d’effectuer ce stage au sein de la Scène nationale de Cavaillon car c’est grâce à elle que j’ai découvert mon école et ma passion pour la marionnette : alors étudiant en Khâgne (option théâtre) au lycée Mistral d’Avignon, je fréquentais régulièrement les lieux pour des rencontres, des spectacles et des répétitions. C’est en novembre 2017 que j’assiste au spectacle de sortie d’école de la dixième promotion (Le cercle de craie caucasien, mis en scène par Bérangère Vantusso) et que je tombe amoureux de leur manière de faire du théâtre, de raconter une histoire, de rencontrer le public. Cette rencontre, que je considère comme une sorte d’épiphanie marionnettique, me mène quelques mois plus tard au concours d’entrée de l’ESNAM, école à l’intérieur de laquelle je suis aujourd’hui étudiant en dernière année.

Je dois beaucoup à Didier Le Corre, directeur de la structure, et à toute l’équipe de La Garance d’avoir permis cette découverte et c’est pourquoi j’ai eu envie d’aller à la rencontre de cette équipe durant mes deux jours de stage.


Premier jour, premières rencontres matinales et premières présentations générales. Mes premières heures en tant que stagiaires sont celles d’une redécouverte plus formelle d’un lieu dans lequel je n’avais plus mis les pieds depuis trois ans. J’y retrouve néanmoins la même convivialité et la même envie de partage. Au fur et à mesure de la journée, je prends progressivement rendez-vous avec plusieurs membres de l’équipe. On discute de parcours de vie, de responsabilités, de rythmes professionnels, de projets artistiques. En somme, on m’accueille et on me communique des chemins de vies, des ambitions, des manières de travailler et de gérer une structure comme celle de La Garance. Ce qui m’intéresse c’est la rencontre individuelle que je fais avec chacun.e, c’est d’identifier leur rôle et comment il/elle vit et fait vivre la Scène nationale.


En parallèle, je fais l’heureuse rencontre de Yiorgos Karakantzas, ancien élève de l’ESNAM, et de sa compagnie Anima Théâtre, en résidence dans le lieu pour son spectacle Rebetiko. Je suis alors un heureux et discret spectateur de leurs répétitions.

Le deuxième jour, l’annonce du reconfinement tombe, mon deuxième jour de stage sera donc le dernier. J’en profite cependant pour rencontrer les personnes que je n’avais pas pu voir la veille et je continue de prendre des notes attentives de tous ces nouveaux témoignages. J’écoutais hier parler d’accueil du public, de médiation et de communication, j’entends aujourd’hui discuter de fiches techniques, de gestion de crise, de comptabilité et d’actions culturelles. Ce qui me marque particulièrement c’est la convergence de toutes ces thématiques, portées et développées par différentes individualités, vers un mouvement de groupe, vers une volonté commune de l’équipe de rendre la culture accessible à qui en a besoin.

Je continue avec plaisir d’assister à l’évolution du travail des marionnettistes de Rebetiko et de leur travail quotidien de précision et de poésie.

Je suis profondément reconnaissant envers tous les membres de l’équipe de La Garance de m’avoir accueilli comme ils l’ont fait et suis quelque part rassuré d’avoir côtoyé toute cette belle humanité dans une structure au statut si impressionnant.

Je suis enfin profondément reconnaissant envers la COVID d’avoir rendu mon stage si intensif ...

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Enzo, stagiaire