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Archives saison 2007-2008

Joël Pommerat @ Ramon Serena (cliquez pour agrandir)
Le Petit chaperon rouge @ Hervé Bellamy (cliquez pour agrandir)
Le Petit chaperon rouge @ Hervé Bellamy (cliquez pour agrandir)
mercredi
16 janvier
15 h

 

jeudi
17 janvier
19 h
Théâtre de Cavaillon

Joël Pommerat  

Le Petit Chaperon Rouge

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Joël Pommerat a écrit sa propre version de l’histoire et la raconte à sa manière, sensible et juste : une petite fille entre une mère, belle, trop pressée et une grand-mère fatiguée. Le petit chaperon rouge se sent seul et doit traverser la forêt qui fait peur, fascine et fait grandir. Des dialogues qui font basculer le spectateur de la peur au rire.
Un conte qui explore les liens familiaux et le rapport au temps qui passe.
A voir en famille !

 

Le spectacle

« Il était une fois une petite fille qui n’avait pas le droit de sortir toute seule de chez elle ou alors à de très rares occasions
Donc
Elle s’ennuyait
Car elle n’avait ni frère ni sœur
Seulement sa maman
Qu’elle aimait beaucoup
Mais ce n’est pas suffisant »

Je voudrais écrire ma propre version de l’histoire, rendre simplement les différentes étapes du parcours de cette petite fille dans la campagne, qui part de chez sa mère pour se rendre chez sa grand-mère et qui rencontre un loup. Rendre ces personnages et ces moments dans leur plus grande simplicité et vérité. Avec beaucoup de concret.
Le rapport à la nature ainsi qu’à l’animalité voire la bestialité me paraît essentielle. La nature et l’animal dans ce qu’ils ont de dangereux, de mystérieux et d’imprévisible mais aussi dans ce qu’ils ont de beau et de merveilleux, d’envoûtant et désirable, c’est ce que je voudrais faire ressortir.
Le rapport à la peur est primordial dans ce conte, et en général dans la vie d’un enfant. Selon moi, aborder la question de la peur avec les enfants, c’est aborder aussi l’autre versant de cette émotion qui est le désir.

Joël Pommerat

Le petit chaperon rouge de Joël Pommerat est publié aux Editions Actes Sud-Papiers

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Séances scolaires
lundi 14 janvier à 14h
mardi 15 janvier à 10h et 14h
jeudi 17 janvier à 14h

Joël Pommerat

Joël Pommerat est auteur et metteur en scène. Il crée la Compagnie Louis Brouillard en 1990. Dès cette date, il crée ses premiers spectacles au Main d’Or à Paris ( Le Chemin de Dakar, Le Théâtre, Vingt cinq années, Des suées, Les événements).

En 1995, il reçoit une bourse d’écriture de la banque CIC de Paris. Il écrit Pôles qui est créé au Théâtre des Fédérés à Montluçon puis repris au Théâtre de la Main d’Or.

En 1996, un atelier de création avec une trentaine de comédiens aboutit à l’écriture de Présences qui est joué au Hublot, l’année suivante lors d’une résidence à Montluçon, il remet son projet en chantier qui devient Treize étroites têtes joué ensuite au Théâtre des Fédérés, au Théâtre Paris Villette, au Théâtre de Brétigny-sur-Orge, au Festival de Saarbrücken.

1997 est l’année qui voit s’amorcer deux partenariats importants et toujours d’actualité en 2006 : le Théâtre de Brétigny (Dominique Goudal) et Le Théâtre Paris Villette (Patrick Gufflet). Ces deux structures soutiennent étroitement et programment chaque année une (ou plusieurs) création(s) de la compagnie.

A partir de 1998, l’accueil en résidence de la compagnie à Brétigny-sur-Orge est l’occasion de développer différents projets (résidences d’écriture, ateliers d’écriture, réalisation de vidéogrammes associant les brétignolais, stages, banquets-lectures, goûters-lectures en direction du jeune public, rencontres diverses...).

En parallèle, des actions sur le 19ème arrondissement s’organisent lors des représentations des spectacles au Théâtre Paris Villette (ateliers d’écriture pour amateurs, rencontres avec le public dans des librairies,...)
Le soutien et l’accompagnement conjoints du théâtre de Brétigny-sur-Orge et du Théâtre Paris Villette contribuent à la reconnaissance du travail. Chacune des créations est l’occasion de nouer de nouveaux partenariats. Un véritable réseau de soutien et de fidélité se constitue autour de la compagnie (coproductions, résidences, pré-achats, accueils) : La Ferme de Bel Ebat (Guyancourt), le Centre d’art et de création de Mont-Saint-Aignan, les Ateliers du Rhin (Colmar), le Centre Dramatique national de Normandie - Comédie de Caen, le Centre Dramatique national d’Orléans, le Centre Dramatique de Tours, le Théâtre National de Strasbourg, Strasbourg, le Centre Dramatique de Thionville-Lorraine, la Scène Nationale de Chambéry...

Ces collaborations ont permis notamment de réaliser ces dernières années : La trilogie ( « Pôles » - « Treize étroites têtes » - « Mon Ami »), « Grâce à mes yeux » (55 représentations), « Qu’est ce qu’on a fait ? » (18 représentations), « Au monde » (89 représentations), Le petit chaperon rouge (201 représentations), « D’une seule main » (50 représentations) « Les marchands » (35 représentations), Cet enfant (30 représentations).

L’activité de la compagnie s’est considérablement accrue depuis le succès de « Au monde » (2004). Le rayonnement francilien et national et les tournées à l’étranger (Lausanne, Stockholm, Buenos-Aires, Bruxelles, Genève) font de la Compagnie Louis Brouillard l’une des compagnies françaises de théâtre contemporain de création des plus repérées.

Depuis 2000, la compagnie Louis Brouillard est conventionnée par la Drac Ile-de-France. Elle reçoit également des aides selon ses projets de l’ADAMI, de la Ville de Paris, d’ARCADI, de la DMDTS (bureau des écritures et de la recherche)...

Depuis 2003, les textes de Joël Pommerat sont édités chez Actes Sud-Papiers. En 2005, Joël Pommerat devient artiste associé pour trois ans à l’Espace Malraux - Scène nationale de Chambéry et de la Savoie.

Joël Pommerat et la compagnie Louis Brouillard sont invités au 60ème festival d’Avignon en juillet 2006, avec Le petit Chaperon rouge, « Au monde » et « Les marchands ».

En 2007, il est également lauréat du 3ème Grand Grand Prix de littérature dramatique avec son texte Les Marchands (Actes Sud-Papiers), et crée Je tremble (1) au Théâtre des Bouffes du Nord.

Distribution

mise en scène : Joël Pommerat
assistants à la mise en scène : Philippe Carbonneaux
avec : Ludovic Molière / le narrateur, Isabelle Rivoal / la mère, le loup, Murielle Martinelli / le petit chaperon rouge, la grand-mère.

scénographie et costumes : Marguerite Bordat
scénographie et lumières : Eric Soyer
suivi de la réalisation scénographique : Thomas Ramond
aide à la documentation : Evelyne Pommerat
recherche son : Grégoire Leymarie et François Leymarie
régie son : Yann Priest
régie lumière : Renaud Fouquet et Cyril Cottet
direction technique : Emmanuelle Abate

durée : 45 minutes

Entretien

Pourquoi cette histoire du Petit Chaperon rouge ?

Je me souviens du récit que me faisait ma mère, quand j’étais enfant, du chemin qu’elle devait faire pour aller à l’école. Petite fille, elle habitait dans une ferme et devait marcher chaque jour à peu près 9 km dans la campagne déserte. C’était normal me disait-elle, tous les enfants des fermes alentours faisaient comme moi. Quand j’étais enfant cette histoire m’impressionnait déjà. Elle m’impressionne encore plus aujourd’hui. Je m’imagine une petite fille avec son cartable, sous la pluie ou dans la neige, marcher sur les chemins, traverser un bois de sapins, affronter les chiens errants, des vents glacials. Quels parents aujourd’hui laisseraient partir son petit garçon ou sa petite fille de six ans comme ça, par tous les temps, la nuit, l’hiver, dans la campagne, pour un trajet aussi long, affronter seul la nature et la solitude ?
Avec ce spectacle, j’ai eu envie de retrouver les émotions de cette petite fille, toute seule sur son chemin. Je sais que cette histoire est une partie de mon histoire. Je sais que ce long chemin qu’a emprunté ma mère, presque chaque jour de son enfance, a marqué et orienté sa vie, inscrit au plus profond des attitudes en face de l’existence, imprégné son caractère, influencé beaucoup de ses choix. Je sais que cette histoire, en plus d’être un mythe pour moi, a contribué à définir aujourd’hui ce que je suis.

Comment se construit un spectacle pour enfant ?

C’est la première fois que je crée un spectacle précisément destiné à des enfants. Au niveau de la forme de mes spectacles (la façon d’envisager le jeu des acteurs, le rapport de la lumière, du son et de l’espace) et même de l’exigence que nous mettons dans notre travail, comédiens et techniciens, je suis à peu près sûr qu’il n’y a pas de différence à rechercher entre les différents publics. Je suis au contraire persuadé que les enfants ont le droit à la même qualité de recherche, à la même volonté de perfection. Je crois que les enfants ont le droit qu’on ne change pas de façon de faire et d’envisager le théâtre pour eux.
Le Petit Chaperon rouge est un conte qui me fascine – je suis un adulte de 40 ans – et qui fascine également de nombreux enfants pas seulement des petites filles.

Comment traiter au théâtre ce conte du Petit Chaperon rouge ?

Je voudrais rendre simplement les différentes étapes du parcours de cette petite fille dans la campagne, qui part de chez sa mère pour se rendre chez sa grand-mère et qui rencontre un loup. Sans pratiquement aucune digression.
Au contraire je voudrais me recentrer sur les différentes actions et les différents personnages.
Rendre ces personnages et ces moments dans leur plus grande simplicité et vérité. Avec beaucoup de concret.
Pour moi ce loup – même si comme on le dit et peut le rêver représente bien plus symboliquement qu’un animal – doit d’être traité comme un animal. C’est en travaillant sur une représentation d’animal la plus vraie possible théâtralement qu’on pourra atteindre des dimensions plus grandes de ce personnage et de cette histoire.
Le rapport à la nature ainsi qu’à l’animalité voire la bestialité me paraît essentielle. La nature et l’animal dans ce qu’ils ont de dangereux, de mystérieux et d’imprévisible mais aussi dans ce qu’ils ont de beau et de merveilleux, d’envoûtant et désirable, c’est ce que je voudrais faire ressortir.
Le rapport à la peur est primordial dans ce conte, et en général dans la vie d’un enfant. Selon moi, aborder la question de la peur avec les enfants, c’est aborder aussi l’autre versant de cette émotion qui est le désir.
Affronter la peur, en tant qu’enfant, se confronter à elle, dans le sens d’un apprentissage ou d’un jeu, c’est travailler à ne plus être esclave de sa peur, dominé par elle, pour finalement oser aller vers l’inconnu, le possible danger, inhérent à toutes actions humaines et toutes existences.
Enfin, plus en profondeur encore, un autre des sujets de ce conte est le temps, le temps humain. Les quatre protagonistes de ce conte sont les suivants : une petite fille, sa mère, la mère de sa mère et un loup.

Autrement dit : trois générations de femmes au sein d’une même famille (le même sang, la même chair), marquées par une absence, celle des hommes. Ce loup (carnivore) est donc au centre d’une histoire qui le dépasse, celle de trois femmes, unies par un sentiment très fort, qui sont (ou seront) amenées à prendre chacune la place de l’autre, dans un mélange de désir et de peur. Sans que ce problème ne soit jamais abordé directement par les personnages, c’est bien cela, je crois, qui rend cette petite histoire si envoûtante pour les enfants et pour les adultes. C’est bien sûr de cela aussi que « mon » Petit Chaperon rouge essaiera de se faire l’écho.

Documents


Joël Pommerat / Le petit chaperon rouge _ dossier pédagogique

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