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théâtre

Jean-Pierre Martinet / Denis Lavant

La Grande vie


mardi
9 mars
2010
12 et 13 mars
Projection "Les Amants du Pont-Neuf" + Rencontre avec Denis Lavant
Cinéma Le Fémina (Cavaillon)
vendredi
12 mars
2010
La Grande vie
Théâtre des Halles (Avignon)
samedi
13 mars
2010
Projection de "Tuvalu" et de "Beau travail"
+ Rencontre avec Denis Lavant
Cinéma Utopia (Avignon)
samedi
13 mars
2010
La Grande vie
Théâtre des Halles (Avignon)

Adolphe Marlaud habite un appartement avec vue sur le cimetière qui domine la rue Froidevaux, rue où "on meurt lentement, à petit feu, de chagrin et d’ennui". N’ayant réussi à n’être ni fantôme, ni homme invisible, cet étrange voyageur d’hiver s’est fixé une ligne de conduite : "vivre le moins possible pour souffrir le moins possible". Mais sa concierge, guette amoureusement son passage du haut de ses deux mètres pour le contraindre à des actes qu’une quatrième de couverture doit taire.

En compagnie du Théâtre des Halles, des Cinémas Utopia et Le Fémina (Cavaillon)


Denis Lavant @ Les films à un dollar
La grande vie @ Paolo Cardona
Théâtre des Halles
Utopia

Extraits

" C’est vers la fin du mois d’août que le drame a éclaté. Je parle de drame, mais ce n’est pas le mot qui convient. Il n’y a pas de drame, chez nous, messieurs, ni de tragédie, il n’y a que du burlesque et de l’obscénité. On n’est pas heureux, mais on se marre bien. Jaune, bien sûr, mais enfin. Et puis avouons-le, le malheur fait rire. Ce sont les hypocrites qui prétendent le contraire (d’ailleurs, ils gloussent en secret en contemplant le désordre du monde, nos grands humanistes). "

" Mon indifférence me paraissait le signe d’une profonde tare morale. Le sang juif qui coulait dans les veines, dont j’aurais dû être légitimement fier, je ne l’acceptais pas, mais l’ignominie de mon père, elle, je l’assumais entièrement, au point de défendre sa mémoire chaque fois qu’on l’attaquait devant moi, et de veiller en chien fidèle sur sa sépulture depuis des années. Par contre, lorsqu’on évoquait en ma présence le martyre de ma mère, je faisais juste semblant de compatir. Mais au fond de moi, je n’éprouvais rien. Et je me disais que ce qui lui était arrivé était normal pour une putain. "

Jean-Pierre Martinet

Jean-Pierre Martinet

Jean-Pierre Martinet, l’auteur de cette longue nouvelle parue en 1979 dans Subjectif, est mort en 1993 : il a marqué les lecteurs, trop rares, qui ont croisé son œuvre. En attendant de redécouvrir ses textes les plus denses, cette Grande vie signalera aux intrépides son talent halluciné et les noirs excès de son humour désespéré.

Né en 1944 à Libourne où il revint mourir en 1993, Jean-Pierre Martinet a publié peu de livres. D’abord assistant-réalisateur à l’ORTF, il renonce au cinéma. Il se consacre à la critique et c’est sans doute à lui que l’on doit la redécouverte d’Henri Calet. Il est l’auteur de "La Somnolence" (1975), de "Jérôme" (1978), son chef-d’œuvre, "un sommet dans l’épouvante" (A. Eibel), de "L’Ombre des forêts" (1987) et de nouvelles publiées notamment dans la revue Subjectif.