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théâtre

Jean Lambert-wild /
Michel Onfray /
Carolyn Carlson

Le Recours aux forêts


durée 1 h 10
jeudi
21 janvier
2010
21 et 22 janvier
Théâtre de Cavaillon
(rencontre avec les artistes à l’issue de la représentation)
vendredi
22 janvier
2010
Théâtre de Cavaillon

"J’irai dans la Forêt, vivre sans fin, ces aurores qui sont toujours des prouesses…"
Jean Lambert-wild et Michel Onfray ont longuement conversé sur la question de l’utopie et de la figure du rebelle, sur le mythe du "Waldgänger" - "Celui qui s’en va dans la forêt" - ce proscrit qui fait le choix de vivre libre en se réfugiant dans les bois. De ces entretiens, un texte est né, écrit par Michel Onfray dans une langue aussi incisive que poétique. Explorer cette figure du rebelle et considérer ce recours aux forêts non pas comme le retour à la nature mais bien comme le recours à un espace de résistance, de liberté pour échapper aux contraintes d’une vie hyper-socialisée, sortir des conventions établies, des dogmes, de l’enlisement des idéologies.


Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès
Le recours aux forêts @ Tristan Jeanne-Valès

Vidéos

- Extraits du spectacle :

- Jean Lambert-wild et Carolyn Carlson en répétitions.

- un entretien vidéo avec Michel Onfray par Jean Lambert-wild.

L'Agreste

J’irai, teinté de bleu, imiter le sanglier dans la Forêt.
J’irai, grognant de joie, curer ma peau au regros des chênes.
Mes mains en bec d’oiseau chanteront les gloires de tous mes pas perdus où
s’escopaient mes rêves étourdis au roulis d’un berceau.
Élevé au mariage de la mort, tore marquant la place de mes ancêtres, je tiendrai haut ma tête pour irriter les rochers, baguant ma peur de ne pas pouvoir leur ressembler.
L’exil me rendra le bryon de mes yeux, une pupille en île qui se soulage du temps en tournant sur elle-même.
Mes rires seront les tombelles de mes nuits.
Ample à nouveau, mon souffle retrouvera l’usage de ses langues : langue du sein, langue du sang, langue des songes. Trois soeurs étrangères en conversations qui fixeront les frontières du corps de mon exil.
J’irai dans la Forêt, car est dérisoire une vie qui tourne le dos aux portes et aux miroirs.
J’irai dans la Forêt, car est dérisoire une vie rendue meurtrière par l’aporie d’un monde qui maudit la vie.
J’irai dans la Forêt, vivre sans fin, ces aurores qui sont toujours des prouesses.

Jean Lambert-wild

Démocrite

Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu’en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recourt au forêt, ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable.
Le monde d’avant hier, c’est celui d’aujourd’hui, ce sera aussi celui de demain : les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l’enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes – envie, jalousie, haine, ressentiment…–, le triomphe de l’injustice, le règne de la critique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre…
Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit se réconcilier course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l’inscription de son destin dans la nécessité de la nature.
Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s’en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c’est à dire dans le cosmos.

Michel Onfray

Jean Lambert-wild

Né en 1972.
Écrivain, metteur en scène et scénographe.

Il a été l’assistant de Michel Dubois, Jean-Yves Lazennec, Matthias Langhoff et Philippe Goyard.

De 1998 à 2006, il est directeur artistique de la Coopérative 326 et parallèlement, de 2000 à 2006, artiste associé au Granit-Scène Nationale de Belfort.

Depuis le 1er janvier 2007, Jean Lambert-wild est directeur de la Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie.

J-L Therminarias

Né en 1964.
Il est compositeur associé au GMEM depuis 1990, ainsi qu’à la Coopérative 326 depuis 1998, ce qui l’amène à collaborer avec des compositeurs ou des instrumentistes aussi différents que Marius Constant,
David Moss, Ali N. Askin, le Quatuor Hélios…
Il compose des musiques pour des expositions, de la
vidéo ou le cinéma.
Ses musiques sont diffusées sur plusieurs radios et jouées dans divers festivals en Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Belgique, Suisse, Grande-Bretagne, Italie, France Culture/Musique.

Il collabore régulièrement avec le metteur en scène et écrivain Jean Lambert-wild sur différents projets.

Michel Onfray

Michel Onfray, né le 1er janvier 1959, docteur en philosophie a enseigné dans les classes terminales d’un lycée technique de Caen de 1983 à 2002 avant de créer une Université Populaire à Caen en octobre 2002, puis une Université Populaire du goût à Argentan en 2006. Natif d’Argentan, dans l’Orne, où il est domicilié.

Il a publié près d’une cinquantaine d’ouvrages dans lesquels il propose une théorie de l’hédonisme : Que peut le corps ? En quoi est-il l’objet philosophique de prédilection ? Comment penser en artiste ? De quelle manière installer une éthique sur le terrain de l’esthétique ? Quelle place laisser à Dionysos dans une civilisation tout entière soumise à Apollon ? Quelles relations entretiennent l’hédonisme éthique et l’anarchisme politique ? Selon quelles modalités une philosophie est-elle praticable ? Quelles chances le corps peut-il attendre des sciences post-modernes ? Quelles relations entretiennent biographie et écriture en matière de philosophie ? Selon quels principes sont fabriquées les mythologies philosophiques ? Comment déchristianiser l’épistémè occidentale ? De quelle façon non institutionnelle incarner et transmettre ses idées ?
Les réponses supposent le détour par le vitalisme libertin, l’éthique immanente, l’individualisme libertaire, le philosophe artiste, le nietzschéisme de gauche, le matérialisme sensualiste, l’utilitarisme jubilatoire, l’esthétique généralisée, la subjectivité païenne, le libertinage solaire, le corps faustien, la vie philosophique, l’historiographie alternative, l’athéologie post-chrétienne ou les Universités Populaires.

Carolyn Carlson

Elle dirige le Centre Chorégraphique National de Roubaix Nord-Pas de Calais dans le nord de la France.
Arrivée en 1971 à Paris, elle est une figure majeure dans l’éclosion de la danse contemporaine française, laissant son empreinte toujours couronnée de succès dans des lieux tels que l’Opéra de Paris, le Théâtre de la Ville ou le Festival d’Avignon.

Danseuse et chorégraphe hors-pair, son parcours la conduit de la direction du Teatro La Fenice à Venise, à celle du Ballet Cullberg à Stockholm et en résidence au Finnish National Ballet et au City Theatre de Helsinki.

Chorégraphe invitée par de prestigieuses compagnies, elle crée notamment pour le Nederland Dans Theater III et le Ballet de l’Opéra de Paris.
En 2006, elle reçoit le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise.

D’une maîtrise impressionnante, sa danse, toujours en quête de poésie, se nourrit de ses rencontres avec de grands créateurs tels que les compositeurs Philip Glass, René Aubry, Gavin Bryars, Kaija Saariaho, et les danseurs Larrio Ekson, Jorma Uotinen, Marie-Claude Pietragalla, Dominique Mercy, Tero Saarinen.

Distribution

création : novembre 2009 à la Comédie de Caen dans le cadre du Festival des Boréales. 

texte : Michel Onfray

direction : Jean Lambert-wild

musique : Jean-Luc Therminarias

voix du Waldgänger : Fargass Assandé, Stéphane Pelliccia, Elsa Hourcade, Laure Wolf
danse du Waldgänger : Juha-Pekka Marsalo
vibraphone : Jean-François Oliver
chorégraphie : Carolyn Carlson

images : François Royet
pictoglyphe : Mark Alsterlind
mnémographe : Aurélia Marin
lumières : Renaud Lagier
costumes : Françoise Luro
direction technique : Claire Seguin
son : Christophe Farion
programmation : Léopold Frey
régie vidéo : Quentin Descourtis, Julien Delmotte
storyboard : Patrick Demière
décor et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen sous la direction de Benoît Gondouin
constructeurs : Pierre Amaury, Bruno Banchereau, Patrick Demière, Hubert Rufin, Serge Tarral
réalisation des costumes : Antoinette Magny

Mentions

production déléguée : Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie

coproduction : Centre Chorégraphique National de Roubaix Nord-Pas de Calais, Le Volcan, scène nationale du Havre, Le Théâtre de l’Agora-scène nationale d’Evry, le Festival des Boréales, le GMEM, Centre National de Création Musicale de Marseille, (en cours)

La Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie est subventionnée par le Ministère de la Culture/DRAC de Basse-Normandie, la Ville de Caen, la Ville d’Hérouville Saint-Clair, le Conseil Régional de Basse-Normandie, le Conseil Général du Calvados (ODACC).