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Ivan Viripaev / Galin Stoev

Oxygène


mardi
8 janvier
2008
Oxygène
vendredi
11 janvier
2008
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samedi
12 janvier
2008
Oxygène
dimanche
13 janvier
2008
Oxygène
Théâtre des Doms - Avignon

Dramaturge russe parmi les plus provocateurs, Ivan Viripaev livre une diatribe aussi vindicative que drôle. Trois acteurs, un DJ, dix chansons, dix contre-commandements s’attellent à circonscrire la nouvelle confusion mondiale.
Ce récital impulsif affronte l’intime et le global, évoque le 11 septembre, la Palestine, triture l’inconciliable. Au coeur de ce tourbillon, Galin Stoev, metteur en scène bulgare, offre à chacun d’entendre sa propre voix.


Oxygène @ Isabelle de Valensart
Oxygène @ Benjamin Renou - Agence Enguerand
Oxygène @ Benjamin Renou - Agence Enguerand

Le spectacle

durée 1h00

Oxygène est structuré en dix compositions musicales, interprétées par trois acteurs et un DJ. Chacune porte un titre : « Danses », « Sacha aime Sacha », « N on et Oui », « Le rhum moscovite », « Le monde arabe », « Comme sans sentiments », « Amnésie », « Les perles », Pour l’essentiel, Un casque sur la tête. Chaque couplet est précédé d’une thèse, une citation des Dix Commandements, tournée, retournée et détournée par la suite à la lumière des derniers événements de l’Histoire mondiale par deux personnages qui se confrontent et tentent d’articuler leurs différences profondes à travers les grands événements d’aujourd’hui : le onze septembre, l’opposition arabo/israélienne, le terrorisme, le globalisme, mais aussi dans leurs rapports à l’amour, à la vérité, à la conscience...
Un garçon de la province russe profonde tombe amoureux d’une fille du milieu snob de Moscou (ou de n’importe quelle autre capitale). Conduit par cette passion, il tue sa femme... Les deux protagonistes se rencontrent dans le champ de leurs irréconciliables différences. L’histoire racontée constitue un prétexte pour circonscrire les paramètres de la nouvelle confusion mondiale.

Viripaev n’écrit pas pour autant une pièce à thèse, ni un texte manichéen, il accumule dans un rythme soutenu un trop plein de mots, une incroyable quantité d’arguments alambiqués et truffés de paradoxes. Il s’agit moins d’un texte à rendre absolument intelligible, que d’une partition, d’un canevas rythmique et énergétique qui déploie ses arguments face au monde sous la forme d’un concert au débit infernal. Oxygène se situe entre musique et texte politique, à la frontière du théâtre et du concert, un texte qui soulève les grands problèmes éthiques d’aujourd’hui au travers d’une fable qui jette un pont entre hier et demain, stigmatise les réalités de notre monde écartelé par ses propres contradictions. Oxygène n’est pas une pièce de théâtre à proprement parler, mais un texte qui fixe un certain état d’hystérie vital, autodestructeur et chargé d’espoir. Oxygène est un concentré de vie et un remède contre l’endormissement. Un texte nécessaire.

Le texte d’Ivan Viripaev n’est pas une pièce mais une stratégie qui permet à ma voix intérieure d’être entendue. Le flot de paroles est un flot énergétique qui transmet le sens à travers des thèses qui s’annulent entre elles. C’est par ce biais-là que ce texte ouvre sans arrêt des nouvelles dimensions pour celui qui le reçoit. Au bout du compte ce n’est pas le sens qui le préoccupe mais son absence et c’est quelque chose de profondément tragique. La première fois que j’ai lu ce texte, je me suis senti aussi profondément perdu que les personnages. Ce sentiment d’être perdu est toujours quelque chose de très personnel, d’intime. C’est pourquoi mon interprétation de Oxygène insiste sur le fait que le spectateur ne doit pas simplement écouter le texte, mais sa propre voix à l’intérieur de ce texte. Ce qui suppose qu’il est libre de choisir comment il va l’écouter comme un consommateur ou comme partenaire. Et, dans cette tentative de reformuler le schéma de la relation entre le public et le spectacle, je vois un code complètement nouveau de compréhension et de communication au théâtre ainsi qu’un espoir pour l’avenir.

Galin Stoev, le metteur en scène

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- le site du Théâtre des Doms - Avignon

Ivan Viripaev

Auteur, comédien et metteur en scène, Ivan Viripaev est né à Irkoutsk (Sibérie) en 1974.

En 1995, il termine ses études à l’École de Théâtre d’Irkoutsk. Jusqu’en 1998, il est comédien au Théâtre Dramatique de Magadan (Sibérie) puis au Théâtre du Drame et de la Comédie à Petropavlovsk sur Kamtchatka (Extrême-Orient russe) où il rencontre Viktor Ryjakov. De retour à Irkoutsk en 1998, il fonde la compagnie indépendante « Espace du jeu » et suit par correspondance les cours de la Faculté de Mise en scène de l’École de Théâtre moscovite de Tchoukine. De 1999 à 2001, il enseigne le jeu d’acteur à l’École de Théâtre d’Irkoutsk.

Il est apparu à Moscou pour la première fois en décembre 2000 : son spectacle Les Rêves créé à Irkoursk a été présenté au Premier festival du théâtre documentaire à Moscou. Ce spectacle a été sélectionné pour représenter la Sibérie en 2001 au festival Estouest/Die, le Théâtre de la Cité internationale l’accueille en 2002 dans le cadre du « Moscou sur scène, Mois du théatre russe contemporain à Paris ». Les Rêves participe également au Festival de Vienne, Autriche, en mai 2002. Cette même année, la traduction anglaise de Les Rêves est mise en espace par Declan Donellan au Royal Court de Londres. Et la version bulgare a été créée par Gallin Stoev à Varna en juin 2001.

Contraint de déménager à Moscou en 2001 il fonde, aux cotés d’Elena Gremina, Mikhail Ougarov, Olga Mikhailova et Maxime Kourotchkine, le Centre de la pièce nouvelle et sociale Teatr.doc.

En octobre 2003, il participe sur le plateau à la création de sa nouvelle pièce Kislorod (Oxygène), mise en scène par Viktor Ryjakov au Theatr.doc à Moscou. Très rapidement, Oxygène devient un des spectacles les plus fréquentés de Moscou, la célébrité de Viripaev atteint celle d’un autre comédien, auteur et metteur en scène, Evguény Grichkovets. Le spectacle fait le tour des festivals internationaux où il reçoit de nombreux prix, tourne énormement dans la province russe. Le texte, traduit en plusieurs langues, est monté parfois par plusieurs metteurs en scène dans différents pays européns : Pologne, Bulgarie, Allemagne, Italie...

Dernière création en date : Genèse n°2, en décembre 2004, d’après un « document » de Antonina Velikanova enrichi par Ivan Viripaev, mis en scène par Viktor Ryjakov, avec l’auteur sur le plateau.

Une coproduction Theater der Welt Stuttgart et Teatr.doc Moscou.
En 2005, Ivan Viripaev se consacre à l’écriture et à la réalisation de Euphoriason premier long métrage cinéma qui est présenté en Sélection Officielle 2006 lors de la 63e Mostra de Venise.

Genèse n°2 a été présenté pour la première fois en France à l’occasion du 61ème Festival d’Avignon, en juillet 2007.

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A signaler, la publication dans le n°46 (janvier-mars 2008) de la revue Mouvement - l’indisciplinaire des arts vivants, d’un entretien avec Ivan Viripaev, Ivan Viripaev, Théâtre du cru : Ivan Viripaev construit son théâtre sur les décombres de la société actuelle pour en faire éclater les paradoxes. (Entretien par Gwénola David).

Galin Stoev

Galin Stoev et né à Varna, en Bulgarie, en 1969.

Diplômé de l’Académie Nationale des Arts du Théâtre et du Cinéma (Sofia), il travaille depuis 1991 comme metteur en scène et comédien à Sofia. En Bulgarie, il met en scène nombre de spectacles, notamment au Théâtre National à Sofia : Madame de Sade de Mishima, Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht et Arcadia de Tom Stoppard, Prix de la Meilleure Production en 2001.

Parmi ses récentes mises en scène, Jeux de Massacre de Ionesco au Théâtre de la Ville de Ljubljana en Slovénie, Le Jeu de l’amour et du hasard au Théâtre Dramatique de Varna et Antigone à Technoland d’après Sophocle, une production du Théâtre National de Skopje qui a été présentée au Festspiele de Berlin en 1999. Il est invité en tant qu’artiste résident au Royal National Theatre à Londres, à la West Yorkshire Playhouse à Leeds, à l’Académie Internationale de Théâtre à Bochum, à l’Academie Schloss Solitude à Stuttgart, où il a notamment créé Personals - un collage de textes issus d’Internet et de citations du répertoire. En collaboration avec Oscar Strasnoy, Préparatifs de noce à la campagne d’après Kafka. Galin Stoev a réalisé plusieurs projets avec Oskar Strasnoy, dont Histoire, Opérette d’après Gombrowicz présentée en 2004 à l’Opéra de Stuttgart, à l’Opéra de Lille et au Teatro Colon de Buenos Aires. Il a enseigné au St. Martin’s College of Art and Design de Londres, à l’Arden School de Manchester, au Conservatoire National à Ljubljana et à Sofia.

Galin Stoev met en scène Les Rêves (titre bulgare Archéologie des rêves) présenté au festival international de Varna en 2002. C’est à l’occasion de la Première du spectacle que Galin Stoev rencontre Ivan Viripaev, le début d’une profonde amitié artistique.

Stoev monte Oxygène d’abord avec les acteurs bulgares au Théâtre 199 en 2003. En 2002, Stoev est invité à Bruxelles par le CIFAS, dans le cadre de Europalia Bulgarie. Son stage très court, intitulé "Antiquité urbaine", est l’occasion d’un premier contact avec Céline Bolomey, Stéphane Oertli (Cie Fraction Bruxelles) et Antoine Oppeheim qui décident de continuer le voyage avec lui jusqu’à aujourd’hui : ce fut d’abord Antigone de Sophocle puis la version française de Oxygène en 2004, puis Tchékhologie d’après les textes d’Anton Tchékhov en 2006.

En 2005, Galin Stoev crée à Bruxelles sa propre compagnie Fingerprint dont la prochaine création Genèse N°2 de Ivan Viripev, produite par le Théâtre de la Place Liège verra le jour en octobre 2006.