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Henri Alleg / François Chattot

La question


Henri Alleg est l’auteur de « La Question », récit publié en pleine guerre d’Algérie, avouant les atrocités de la torture pratiquée par les parachutistes français et dont il a été lui-même victime. Un témoignage simple, légiste, journalistique, dépassant le règlement de compte, bouleversant, d’une puissante dignité, et d’une croyance indéfectible en l’homme. Un témoignage primordial puisque beaucoup se sont accordés pour dire qu’en dévoilant la vérité sur ce qu’était cette guerre coloniale, il avait apporté sa contribution pour en rapprocher la fin.
Hélas, un témoignage toujours d’actualité...

C’est aux « disparus » et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, à tous ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l’amitié entre nos deux peuples qu’il faut que l’on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d’eux.

Henri Alleg

NOTE DE JEAN-PIERRE BODIN


Juin 1957 : je viens de naître...
Juin 1957 : Henri Alleg est torturé en Algérie par les paras de la 10è D.P. ...

Nous sommes en 2004, cette association de dates me traverse l’esprit au moment même où je découvre Henri Alleg dans un film de Jean-Pierre Lledo, « Un rêve algérien », documentaire sur le retour d’Henri Alleg, 40 ans plus tard, sur ses lieux de résistance et de torture...

La quiétude d’une naissance, pendant que d’autres, comme lui, cherchent, luttent pour construire « ensemble » et cela depuis des millénaires ....

Sujet récurant, abordé avec François Chattot dans mon travail, avec ma femme, Alexandrine Brisson, qui après avoir réalisé un court-métrage intitulé : « C’était pas la guerre » (Regard d’une petite fille de six ans sur les derniers jours précédant l’indépendance de l’Algérie), se retrouve à débattre en public avec Henri Alleg, son film étant projeté en première partie d’ « Un rêve algérien »...

Tout s’enchaîne, l’humanité déborde sans dégouliner, l’homme me bouleverse, je découvre « La question », et là je suis immédiatement traversé, transpercé par l’écriture et au même instant par l’envie de transmettre, de passer ce texte au théâtre.

Pourquoi ?
Une écriture simple, une description quasiment légiste... journalistique... distanciée, qui nous touche d’effroi !
Soyons des passeurs de réalité, il faut donner à écouter simplement ce texte, tellement d’actualité...
Henri Alleg nous dit ceci : « Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence... Mon affaire est exceptionnelle par le retentissement qu’elle a eu. Elle n’est en rien unique... J’ai côtoyé, durant ce temps, tant de douleurs et tant d’humiliation que je n’oserais plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut-être utile... »

Jean-Pierre Bodin

- Ecouter l’entretien avec François Chattot

- Lire l’article La Question sur wikipedia