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Archives saison 2008-2009

Taoub @ Aglaë Bory (cliquez pour agrandir)
Taoub @ Richard Haughton (cliquez pour agrandir)
Taoub @ Richard Haughton (cliquez pour agrandir)
Taoub @ Aglaë Bory (cliquez pour agrandir)
Taoub @ Aglaë Bory (cliquez pour agrandir)
jeudi
11 décembre
19 h

 

vendredi
12 décembre
20 h 30
Théâtre de Cavaillon

Groupe acrobatique de Tanger / Aurélien Bory  

Taoub

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"Taoub", c’est est le (mé)tissage entre la pratique ancestrale de l’acrobatie marocaine et le cirque contemporain occidental. "Taoub" signifie « tissu » en arabe, entrelace les fils de plusieurs expressions artistiques : cirque, théâtre, vidéo, arts visuels, ombres et chants. Pour un véritable idéal de fraternité humaine qui concilie rencontres et identités.

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- le spectacle sera suivi, jeudi 11 décembre, d’une rencontre publique avec Sanae El Kamouni, initiatrice du projet.

 

Le spectacle

Taoub est le premier spectacle de nouveau cirque au Maroc.

Ici, tout est fabriqué sous nos yeux.

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Taoub @ Aglaë Bory

Le spectacle est construit à partir de tissus différents. Des tapis, des habits, un grand tissu blanc qui couvre entièrement la scène, des toiles de parachute et de trampoline. Le tissu est ici décliné et devient le support de toute action, le premier protagoniste de la pièce. Il prend encore une signification supplémentaire par la composition du groupe lui-même
qui forme, avec ses douze acrobates d’âge différent, un tissu social ou familial.

L’acrobatie - pratique marocaine ancestrale - prend ici une orientation, qui s’éloigne de la performance et se rapproche d’une écriture du mouvement. La vitalité acrobatique s’intègre à un travail particulier de projections d’images : photographies, ombres, vidéo.

 :: :

- pour aller + loin : un reportage de la télévision suisse sur "Taoub".

Interview d’Aurélien Bory

D’où est venue l’idée de travailler avec des acrobates issus d’une autre culture que la vôtre ?

Disons que ce projet n’est pas venu de moi. C’est une commande. Sanae El Kamouni m’a rencontré au Théâtre Garonne à Toulouse, où elle faisait un stage, tandis que j’étais en création de « Plan B ». Elle a découvert ma façon de mélanger le cirque, le théâtre, l’art contemporain et a été très intéressée par cette démarche. Elle m’a proposé d’écrire un spectacle au Maroc, où il existe des acrobates, mais aucune création. Je connaissais déjà l’acrobatie marocaine et je savais qu’elle était unique et remarquable. J’ai alors proposé de diriger un stage de deux semaines à Tanger, pour rencontrer des acrobates, et voir quel sens un tel projet pourrait prendre. Un mois après, je décidai d’écrire un spectacle qui n’utiliserait que du tissu comme support de chaque scène, je voulais une scénographie mobile, fragile en rapport avec Tanger. Le titre vient de là, TAOUB, "tissu" en arabe.

Comment avez-vous rencontré la famille Hammich ? Pourquoi les avoir choisi eux particulièrement pour cette collaboration ?

Nous avons organisé des auditions pour ce stage partout dans le Maroc, l’acrobatie étant surtout présente au sud, et à notre grande surprise, nous avons trouvé beaucoup d’acrobates à Tanger. Les premiers à s’être présentés étaient les Hammich, venus à quatre, dont deux filles, et aussi quelques amis. Ils étaient tous de très bons acrobates, et j’ai voulu composer un groupe à partir de ce noyau en privilégiant le fait qu’ils se connaissaient depuis longtemps, même s’ils n’étaient pas constitués en groupe. C’est ce "tissu" familial, cette organisation en groupe qui m’intéressait alors. Sanae et moi avons décidé de leur donner un nom après la création de Taoub : le Groupe acrobatique de Tanger.

Quel souvenir gardez-vous de cette rencontre ?

Le décalage. Il y en avait un énorme. Ils n’avaient jamais abordé de près ou de loin ce genre de choses. Ils ne comprenaient pas non plus ce qu’un artiste français venait faire là avec eux, n’adhéraient que passivement avec ce que je leur proposais, étaient rétifs au départ à l’idée d’utiliser autre chose que l’acrobatie. Tout a changé quand je leur ai demandé d’amener leur famille et leurs amis pour une présentation du travail. Ils ont compris alors par les yeux des autres ce qu’ils faisaient eux-mêmes. Lorsque qu’ils ont entendu leurs proches rire, par exemple ça a été le déclic.

Dans le spectacle "Taoub", on sent vraiment le résultat d’un véritable échange entre votre savoir-faire et le leur. Comment avez-vous fait, concrètement, pour en arriver à ce beau résultat (organisation des séances de travail, rôle de chacun, etc.) ?

Il y avait un côté pédagogique au début. Je voulais qu’ils comprennent que je n’allais pas utiliser leurs numéros, qu’on allait inventer de nouveaux mouvements en déclinant leur savoir faire. J’ai inventé la plupart des choses qu’ils font dans le spectacle. Ils me voyaient réfléchir, improviser et essayer de trouver des idées, qui découlaient de leurs capacités et de la conception du spectacle. L’idée du trampoline, par exemple, m’est arrivée comme ça, un "tissu" tendu par tout un groupe pour projeter une seule personne en l’air, c’était la métaphore d’une situation familiale courante. En fait beaucoup de gens ont cru en voyant le spectacle que ça faisait partie de leurs pratiques traditionnelles. Pour en revenir à ma relation avec eux, je dirais que je voulais avant tout qu’ils soient acteurs et témoins d’un processus de création, et non de la répétition d’une forme fixe. De ce fait, je ne me situais pas en comparaison avec leurs numéros, mais sur une autre voie. Je leur expliquais que ce n’était pas du cirque que nous faisions là, mais bien du théâtre. Ils ont adhéré.

Ce travail sur "Taoub" a-t-il fait évoluer votre pratique personnelle ?

J’ai pu vérifier et conforter mon processus de création, dans un contexte à priori très éloigné du mien. Je partais vers l’inconnu, et d’une situation de départ difficile. Le résultat a été au delà de mes espérances. Quand le jour de la première, toutes les femmes dans le public ont chanté les incantations de mariage à la vue de la dernière scène, j’ai eu une émotion très vive.

Vous travaillez aujourd’hui sur une création avec les artistes du cirque et de l’opéra de Dalian. Voyez-vous ce projet comme une continuité, dans votre parcours, avec "Taoub" ?

Oui il y a une continuité du fait que c’est Jean-Luc Larguier, alors directeur de l’institut français de Tanger au moment de la création de Taoub, qui m’a proposé de rencontrer des troupes chinoises avec qui il avait travaillé dans les années 90. Je découvre en Chine une pensée des processus, des transformations, qui nourrie significativement mon art, tous les spectacles que j’ai imaginés n’étant que la déclinaison, voire la combinatoire d’un processus de transformation.

- Propos recueillis par Lucie Martin.
[ Relations avec le public, Maison de la culture de Bourges, septembre 2007 ]

Distribution

avec : Jamila Abdellaoui, Abdeslam Brouzi, Adel Chaaban, Mohammed Achraf Chaaban, Abdelaziz El Haddad, Najib El Maimouni Idrissi, Amal Hammich, Mohammed Hammich, Younes Hammich, Samir Lâaroussi, Yassine Srasi, Younes Yemlahi

et en régie : Joël Abriac ou Cécile Hérault

écriture et mise en scène : Aurélien Bory
assistant à la mise en scène et technique vidéo : Pierre Rigal

trampoline : Julien Cassier
création lumières : Arno Veyrat
régie et régie générale : Joël Abriac ou Cécile Hérault
costumes : Mahmoud Tabit Ben Slimane
direction : Sanae El Kamouni
administration : Florence Meurisse, Delphine Justumus, Audrey Gautron

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une production de l’Institut français du Nord avec l’aide du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Maroc.

avec le soutien de la Compagnie 111, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, de la Ferme du Buisson - scène nationale de Marne la Vallée et de la Fondation BNP Paribas.

 
 
 
 
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