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Gérard Mordillat / Julien Bouffier

Les vivants et les morts


du mardi
25 mars
au samedi
29 mars
2008
en résidence
samedi
29 mars
2008
Les vivants et les morts
Théâtre

Le jour où l’usine ferme, la vie de Rudi et de Dallas vole en éclats, tout s’embrase autour d’eux. Le jeune couple est emporté dans le torrent de l’histoire contemporaine : passion, insurrection, révolte où la lutte pour survivre dresse les êtres entre eux, ravage les familles, les règles intimes, sociales, politiques. Dans ce monde où la finance l’emporte sur l’homme, qui doit mourir ? Qui peut vivre ?

- découvrez le journal de création du spectacle en vidéo !


Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot
Les vivants et les morts @ Marc Ginot

Le spectacle

Raussel est une petite ville de l’est de la France, qui n’existe qu’à travers son usine, la Kos. Tout le monde ou presque y travaille depuis plusieurs générations. Rudi et Dallas sont un couple parmi d’autres, jeunes mariés, jeunes parents. Ils n’ont pas forcément les mêmes horaires, les mêmes aspirations, mais parviennent à se retrouver dans leur nouvelle maison construite grâce aux prêts bancaires et aux aides familiales. Rien que la routine, le petit bonheur, les copains copines avec qui on échange tout, les confidences et les vapeurs d’alcool. Jusqu’au jour où l’usine ferme. Les choses se passeront en deux temps : une grosse vague de licenciements qui frappe les vieux et les jeunes, suivie d’une fermeture définitive laissant tout le monde sur le carreau et Raussel totalement exsangue.

L’histoire semble banale, les journaux la déclinent à longueur d’année et, voici à peine six mois, François Bon racontait une aventure similaire dans Daewoo, un superbe roman-récit-théâtre sur une usine en grève et ses ouvrières dépouillées. Gérard Mordillat a pris le parti du roman-fleuve, de la saga avec des personnages emblématiques et ravagés par le destin. Rudi et Dallas sont des êtres de combat qui ne manquent ni de défauts _ ni de faiblesses. Mais ils sont terriblement vivants, comme leurs compagnons de mauvaise fortune : les amis fidèles et les collègues affaiblis, les cadres fuyants et les notables charitables. Le romancier joue la corde sensible et entraîne sans peine son lecteur dans ce maelström _humain, social et politique. Il y met son cœur, ses convictions mais surtout son talent de conteur.

Les vivants et les morts est un grand roman d’amour, de passions et de douleurs. Dumas et Zola lui ont donné la main pour parler de révolte et d’épopée, d’histoire contemporaine et de destins personnels. Gérard Mordillat avait, ces dernières années, quitté la fiction pour les essais (« Jésus contre Jésus ») ou le documentaire (« Corpus Christi » avec Jérôme Prieur). Il avait délicatement renoué avec son enfance dans Rue des Rigoles. Cette fois, il retrouve - vingt-cinq ans après - la force de « Vive la Sociale ! » et n’a rien perdu de son souffle ni de ses convictions.

Les vivants et les morts est publié aux Editions Calmann-Lévy

Pour en savoir plus
- La compagnie tient un journal de création, que vous pouvez voir en ligne !

La bande-annonce

Les vivants et les morts @ bande-annonce

Le journal de création en vidéo

- épisode 1

- épisode 2

- épisode 3

- épisode 4

- épisode 5

- épisode 6

Générique

- durée : 4h
(avec un entracte de 30mn)

d’après le roman de Gérard Mordillat
adaptation et mise en scène Julien Bouffier- Cie Adesso e sempre

Avec Marc Baylet, Claire Engel, Vanessa Liautey, Claude Maurice, Olivier Luppens, Jonathan Perez et Jean-Claude Fall, Fanny Rudelle, Christelle Touret, Fouad Dekkiche (comédiens de la troupe permanente du Théâtre des Treize Vents, CDN de Montpellier Languedoc-Roussillon) et Christophe Devaux, Sylvain Etchegaray, Guillaume Allory du groupe Absinthe (Provisoire)

Assistanat à la mise en scène Stéphane Laudier
Scénographie Emmanuelle Debeusscher et JB
Chorégraphie Hélène Cathala
Vidéo Laurent Rojol et JB
Création musicale et sonore Eric Guennou / Absinthe (Provisoire)
Création lumière Christophe Mazet
Régie Générale et régie son Julien Meyer
Photo Marc Ginot

PRODUCTION : COMPAGNIE ADESSO E SEMPRE
Coproductions : Cie Adesso e Sempre / Théâtre des Treize Vents, CDN de Montpellier Languedoc-Roussillon / Le Cratère Théâtre d’Alès, scène nationale / Scène nationale de Cavaillon / Culture Commune, scène nationale du Bassin Minier du Pas-de-Calais / Théâtre de l’Agora -Scène nationale d’Evry et de l’Essonne / production en cours
Avec le soutien de l’Onde, Espace culturel de Vélizy-Villacoublay…
Avec l’aide à la création de la Région Languedoc-Roussillon.
La compagnie Adesso e Sempre est en résidence au Théâtre des Treize Vents, CDN de Montpellier-L.R. à partir de la saison 2006/2007.
La Compagnie est subventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Languedoc-Roussillon au titre des compagnies conventionnées, la Région Languedoc-Roussillon, le Conseil Général de L’Hérault.

SpedidamLa création "les Vivants et les morts" a reçu l’aide de la SPEDIDAM. La SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes-Interprètes de la Musique et de la Danse) est une société d’artistes-interprètes qui gère les droits de l’artiste interprète (musicien, choriste ou danseur) en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées."

le site

La voix de son maître

Un rendez-vous annuel au moins, c’est notre rythme avec les cinémas Utopia.

Nous sommes tombés d’accord pour accueillir Gérard Mordillat touche-à-tout iconoclaste et réjouissant, romancier, réalisateur…
Il viendra nous présenter le documentaire longtemps censuré qu’il a réalisé en 1978 avec Nicolas Philibert La Voix de son maitre.
Douze patrons de grandes entreprises parlent, face à la caméra, du pouvoir, de la hiérarchie, des syndicats, des grèves, …

La projection sera suivie d’un débat.

- vendredi 28 mars - 20h30
Cinéma Utopia Manutention
Avignon

Julien Bouffier

Metteur en scène, pédagogue

"Il faut que notre théâtre suscite la joie de connaître, organise le plaisir de transformer la réalité." B. Brecht

Qu’est-ce qu’aujourd’hui le théâtre engagé ?
Engagé sur quoi, pour qui ?
Comment ce théâtre peut-il intéresser le plus grand nombre ?

On oppose de manière récurrente le théâtre de divertissement et le théâtre didactique mais pour reprendre les mots du « maître » Brecht : « Ce n’est pas assez exigé lorsqu’on exige du théâtre seulement des connaissances, des reproductions instructives de la réalité. Il faut que notre théâtre suscite la joie de connaître, organise le plaisir de transformer la réalité. »

Il faut réussir à trouver un chemin sensoriel qui perce les défenses, relativise les certitudes et les perceptions.
Remettre en marche l’imaginaire, sa force de projection, d’émancipation.

Je ne veux pas d’un théâtre donneur de leçons, mais d’un théâtre qui questionne, porteur d’une promesse de bonheur car il recherche l’émancipation de chacun. JB

Exigence et humanité
Dans la société que l’on cherche à nous imposer, où la mondialisation se traduit par une invasion brutale de modes de consommation et de standards, le théâtre fait figure d’ovni. Il nécessite l’exigence et l’humanité, de la part de l’artiste, sur le fond et sur la forme, sur sa relation à l’autre, et également de la part du spectateur : il doit être acteur de son propre voyage à travers l’œuvre, vers l’artiste vivant, par un travail volontaire de perception, d’abstraction, de projections imaginaires, de connexion avec la communauté des hommes. Encore faut-il qu’il en ait envie.

Le spectateur
Julien Bouffier questionne le rapport au spectateur dans chacune de ses créations, soit par la place qu’il lui donne dans l’espace (rapport de proximité, d’éloignement, axes du regard…), soit par la perte de ses repères en jouant avec la réalité et la fiction, soit par une démultiplication des signes pour assouplir, voire détourner la codification de la représentation théâtrale.
Chacune des créations apporte un faisceau d’indices qui permet d’affiner et d’affirmer un langage artistique révélant par la même occasion de nouvelles zones à défricher.

Le regard naïf
Quelle que soit l’œuvre choisie, pour l’aborder et la rendre, je choisis la posture de l’enfance pour (r)éveiller la curiosité (la mienne et celle de l’autre), pour (ré)apprendre à écouter, à regarder. Je cherche à déclencher l’appétit, à faire sentir au spectateur que le théâtre est un des arts nécessaires à son émancipation, et sans doute l’un des derniers lieux, l’une des dernières occasions de rassemblement. Un espace de résistance, d’humanité où l’on peut accepter de ne pas tout comprendre, d’être bousculé par une rêverie, pour lire le monde autrement. J’ausculte le couple acteur/spectateur, le lien entre "l’actif" et le "passif". Chacun est-il à l’endroit où il croit être ? Je dé-et re-construit le mensonge sur le plateau, je cherche à conjuguer le théâtre au présent, celui de l’acteur-énonciateur mêlant sa réalité d’humain à celle de la fiction. J’utilise la vidéo depuis 13 ans par amour de l’image et pour le trouble qu’elle provoque en moi : l’écran est une peau morte, qui sait, malgré tout, " faire croire ", tant l’image fascine. Le théâtre est le lieu du vivant. Et pourtant …

Le vivant
J’utilise la vidéo depuis 13 ans par amour de l’image et pour le trouble qu’elle provoque en moi : l’écran est une peau morte, qui sait, malgré tout, " faire croire ", tant l’image fascine. Le théâtre est le lieu du vivant. Et pourtant… Le mariage entre théâtre et vidéo induit deux espaces poétiques différents et donc deux temporalités différentes. Quel temps est plus immatériel, celui du plateau ou celui de la vidéo ?
Comment est-on présent en tant que spectateur ? En tant qu’acteur ? Qu’est ce qu’être là dans cette société où "vendre", "servir", "consommer" prévaut sur "fabriquer", "créer", "être" ?

Une troupe
Si le plateau et la vidéo révèlent l’intérieur de ma tête, c’est parce qu’une équipe fidèle m’entoure depuis de nombreuses années. Nous travaillons comme une troupe permanente, et je défends chèrement cette position. Notre statut d’intermittent, faute de mieux, nous le permet. Le mieux serait de vivre pleinement de nos métiers et de manière pérènne.

Cheminement

Depuis deux ans, main dans la main avec dirigeants et salariés, Julien Bouffier explore le monde du travail sur le terrain : l’engagement des hommes, la valeur du travail, les tensions... Comment l’individu peut se construire autour d’un travail ou d’une lutte qui le révèle à lui-même... Comment le travail rassemble une communauté...

Dans un premier temps, en 2004 au cœur des conflits liées à la privatisation d’EDF-GDF, la compagnie a réalisé un film documentaire Mémoire / Public sur son expérience au sein de la CMCAS - EDF-GDF Hérault. Elle a rencontré les agents dans leur entreprise et collecté leurs témoignages, face caméra, sur leur rapport au travail, puis sur leur rapport au théâtre.

La création des "yeux rouges" de Dominique Féret en 2005 est la deuxième étape de ce processus de création sur l’engagement et le travail. Le texte de Dominique Féret conduit le théâtre au coeur d’un documentaire sur le conflit ouvrier de l’usine LIP en 73 à Besançon.
Constitué uniquement d’interviews sans aucun commentaire, le livre de Dominique Féret témoigne de ceux qui, un jour, se sont rassemblés pour lutter pour le bien de chacun et sont sortis grandis par cette résistance.

Les vivants et les morts de Gérard Mordillat est le troisième volet de cette démarche. On y racontera l’ultime combat d’ouvrières et d’ouvriers contre fermeture inéluctable de leur usine.