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En immersion...

mercredi 16 mars 2016, par Irène

Quoi de mieux pour une « immersion professionnelle » que :
4 représentations du spectacles De passage de Stéphane Jaubertie mis en scène par Johanny Bert, une rencontre avec l’équipe artistique du spectacle à l’issue de la représentation, des visites de l’auteur dans chacune des 11 classes de CM2 qui ont assisté aux spectacles, une projection à la médiathèque du documentaire de Blandine Armand sur toutes les étapes de la création du spectacle pour les 3 classes de 6e qui ont également vu le spectacle, et pour clôturer le tout, un stage « d’écriture dynamique » – appellation officielle de l’auteur – pour les 11 enseignants impliqués… ?

Comment résister aux mines réjouies et épanouies des près de 600 enfants croisés et rencontrés ? Comment résister à l’enthousiasme et la générosité de ceux qui ont préparer des dessins-collages dans leur « carnet des arts », de ceux qui ont réalisé un magnifique bouquet de fleurs en papier, de ceux qui ont réalisé un foisonnant recueil de petits poèmes qui rivalisent d’inventivité ? Comment résister à la détermination d’une queue sans fin pour avoir une dédicace toute personnelle de leur visiteur ? Car après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre dans sa classe un vrai auteur de théâtre dont les textes sont publiés, joués dans toute la France et qui a remporté de nombreux prix ! Comment ne pas se réjouir aussi de voir autant de doigts levés pour poser des questions pertinentes, belles ou drôles ? « Tes histoires, elles viennent de tes émotions ? ». Comment ne pas jubiler d’entendre les éclats de rire lorsque les enfants découvrent que l’on peut même jouer avec l’orthographe des mots : et non ! « Littérature » ne s’écrit pas comme ça ! et par la magie de l’imaginaire, le mot devient : « Lis tes ratures » ! Un auteur, ça travaille beaucoup et longtemps, il écrit et re-écrit et dé-crit sans cesse, alors les ratures ça le connaît et elles aussi, elles font littérature ! Et puis avant de se mettre à écrire, notre auteur en visite ne quitte jamais son petit carnet de notes qu’il a bien sûr dans sa poche, et où il consigne tout ce et ceux qu’il croise sur son chemin et qui le nourrissent. Incroyable hasard, la maîtresse vient justement d’en distribuer un à chacun de ses élèves ! Elle n’en revient pas ! Et voilà Madame, une nouvelle classe de petits auteurs en herbes ! C’est parti ! D’autre n’ont d’ailleurs pas besoin de carnet, ils y vont déjà au « pays de la littérature » et tout comme notre auteur reconnu, ils font souvent le voyage… Pour R « C’est tout le dimanche, et tout le samedi, le vendredi soir aussi, et aussi le jeudi soir, le mercredi soir et… encore le mardi soir et le lundi soir »… et quand il revient de son voyage au pays de la littérature, il amène ses histoires en classe et tous les copains les lisent. Mais R n’est pas le seul à être du voyage, alors M veut nous lire sur l’estrade l’une de ces bonnes histoires pleine de sang, et tous les autres doigts levés vont également partager leurs secrets de ce pays voisin, où personnellement je n’aurais pas pensé qu’ils étaient aussi nombreux à se rendre ! Comment ne pas se régaler de leur élan pour lire des scènes de la pièce en duo et de leur application dans leur nouveau rôle de comédien ? Et enfin (sans fin !), comment ne pas, avec eux, ouvrir toutes grandes les oreilles (et la bouche et les yeux !) pour écouter en exclusivité la tout première histoire de Stéphane Jaubertie sur la rivière qui pleure…. « Attention, elle est très courte, ça va aller vite, posez tout… levez les mains… écoutez bien… » et tout le monde retient sa respiration…

Bien sûr, aucune de ces rencontres en classe ne se ressemblent. Certaines sont plus studieuses, d’autres plus animées ou moins concentrées, mais sans aucun doute elles sont toutes très vivantes. L’enseignant, tout aussi impliqué que ces élèves, veille au grain. « On écoute son camarade pour voir si on est d’accord avec lui ! ». Un geste, un signe des fois suffise, l’autorité bienveillante ça marche à tous les coups. Et puis, la rencontre est bien préparée. En plus du spectacle, certains ont lu la pièce en classe, préparer des dessins, des collages ou des poèmes, toujours en lien avec le spectacle. Et puis, pas question de poser des questions au hasard : elles aussi sont bien préparées. D’abord on se remémore le spectacle, puis on pose la question dont on a vraiment besoin d’avoir la réponse ! Bref, tout le monde ici, du côté des visités comme des visiteurs, sait parfaitement la chance qu’il a de participer à ces rencontres.

Ce jour là, les petits visités auront découvert qu’un auteur n’est pas un vieux petit bonhomme crochu ennuyeux et recouvert de poussière, mais un joyeux bonhomme qui décidément aime bien les blagues ! A leur âge, il voulait être FACTEUR, puis est devenu FACTEUR et en ayant fait pivoter le « C », il s’est finalement transformé en AUTEUR !
Et pourquoi a t’il commencé à écrire ? Parce que ça lui faisait du bien, tout simplement. Et c’était tellement bon de se faire du bien, qu’il n’a plus arrêté…
Un joyeux bonhomme qui se prend même des fois pour un chercheur d’or et qui quand il trouve sa pépite, ne la lâche pas pendant des mois car c’est aussi un travailleur acharné ; qui parle de lui quand il écrit mais toujours pour l’autre : « j’écris sur moi, tu lis sur toi ».

Et pour toutes les questions concernant le spectacle lui-même, les enfants trouveront leurs réponses dans le documentaire ludique et instructif de Blandine Armand sur sa création, que La Garance va leur mettre à disposition en DVD.

Mais La Garance n’a pas pensé qu’aux enfants dans cette aventure au long cours : au tour des enseignants de s’y coller aussi ! Allez, tous ensemble à l’abris des regards pendant trois heures à écrire du théâtre… J’y participe aussi dans le cadre de mon immersion… Et au cas où quelqu’un en douterait encore : c’est un vrai métier, auteur de théâtre ! Pas facile mais les idées fusent, les aiguillages du professeur d’un jour aussi… On se régale en apprenant pleins de choses, notamment en dramaturgie ! Un vrai moment de découverte, de partage et de rencontre pour tout le monde. Il n’y a pas de mystère, éprouver les choses soi-même, ça change tout !

A la fin de ce parcours, ce qui alimentera mes réflexions pour continuer mon parcours professionnel, c’est la nécessité de l’élan, du faire et du partage sans préjugé ni à priori comme ici avec avec le théâtre. Il ne devrait plus y avoir de doute sur la nécessité que l’art entre à l’école et que l’école aille au théâtre, car quand l’imaginaire déploie sa voilure, nul ne peut dire où il emmènera son passager mais ce qui est sûr c’est qu’il partira loin, riche d’un voyage supplémentaire et confiant dans l’avenir qui l’attend, car lui aussi, il peut. Tout le monde peut. Sans limite, sans compétition ni restriction et surtout : ensemble. L’imaginaire est une richesse qui ne coûte rien, qui est inépuisable et qui ne fait de mal à personne. Il fait juste grandir et avancer. A tout âge.

Enjamber les obstacles, trouver les moyens, ne pas perdre le feu, participer, réfléchir ensemble, chercher, aimer, s’emballer, espéré, avoir peur, ne pas savoir, oser car bien accompagné et entouré, PARTAGER…
Il reste à espérer que ce type de séjour en pays étranger pour certains, deviennent familier pour tous, et qu’il continue d’exister quoiqu’il arrive.

Un grand merci à toute l’équipe de La Garance, des écoles et à Stéphane Jaubertie pour leur accueil chaleureux et bienveillant et qui ont fait de mon immersion un temps de transmission et d’échanges rempli de convictions et d’envies.

Irène

PS : un grand merci tout particulier à l’équipe de médiation passionnante et engagée, Marie, Ophélie et Nicolas !

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