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Dieudonné Niangouna

Attitude Clando


lundi
6 octobre
2008
(à côté de l’épicerie)
Joucas - Terrain de boule d’en haut
mardi
7 octobre
2008
(à côté de la cave coopérative)
Cucuron - Terrain de boule
mercredi
8 octobre
2008
Lagnes - Déplacé à OPPEDE Espace Jardin de Madame (météo)
jeudi
9 octobre
2008
Noves - Théâtre de Verdure
vendredi
10 octobre
2008
Morières-les-Avignon - parking de l’Espace Robert Dion (attention : lieu modifié)

Cet homme, ce Clando fait face : il raconte son anonymat, son immobilité forcée et ses souffrances contraintes elles aussi à la clandestinité. Il questionne, rêve parfois. Sa voix résonne à travers la nuit pour tous les clandestins. Une parole enfin libre « comme le vent car le vent ne revendique rien ».


Attitude Clando
Attitude Clando

Extrait

" Moi on m’a pas encore dénoncé, j’ai pas de cousins, parce que c’est par cousin qu’ils nous classent, mais parce qu’aussi je ne veux pas qu’ils calculent mes économies d’oxygène, qu’ils me repèrent et me dossifient dans leur programme. La nuit dernière, ils ont installé un satellite là haut pour surveiller qui négocie quoi et où, qui a baissé son froc devant la femme de son cousin, qui a mouché devant une baie vitrée, qui a tagué une connerie devant le mur blanc de l’hôpital, avec qui tu as dîné la nuit du crime, de combien de grammes de chocolat était le bonbon que tu avais volé en 89 au supermarché de la gare. Hé bien, moi je les ai baisés. Je paye tout au noir ; j’ai pas de carte bancaire, pas de chèque à laisser à la machine, pas de numéro de sécu, j’ai pas de carte d’identité, et pas de psychologue à juger la raison de mes neurones. J’ai pas de téléphone portable, de fixe, ni de fax, pas d’adresse électronique, je ne vais jamais à la poste, jamais au supermarché, j’évite toujours les cameras et prends jamais de photos, je mets des gants pour ne pas laisser mes empreintes, je ne vais jamais dans des milieux où la logique m’attend ; Interdiction formelle de toucher à un ordinateur. J’ai même réussi à ne pas avoir une signature et à oublier mon nom."

Dieudonné Niangouna
Attitude Clando

Dieudonné Niangouna

Attitude Clando

En 1997, au coeur de la bêtise humaine qui brûlait leur pays, deux frères de sang, de nom et de scène : Dieudonné et Criss Niangouna inventent une pratique de jeu théâtral, une forme de résistance, qu’ils baptisent « le big ! boum ! bâh ! » ? ce dernier aura pour principe de faire un jeu qui commence mine de rien, comme au détour des trois coups du théâtre, finit par prendre de l’ampleur rapidement et accentue son rythme jusqu’à l’explosion. Après l’explosion vient le silence brutal. Un blanc. Un minute hors théâtre, hors jeu, mais jeu contre jeu quand même. Puis le principe recommence à zéro. Notons : chaque fois que le système recommence, la scène suivante ne doit rien avoir en commun avec la scène précédente. Ce qui fait une perpétuelle recréation du jeu dans un même théâtre.
Disons-nous aujourd’hui le « big ! boum ! bâh ! » a donné naissance à la compagnie Les Bruits de la Rue.

Dieudonné Niangouna, auteur d’une force expressive impressionnante, a grandi au rythme des guerres qui ont ébranlé son pays tout au long des années 90. Son théâtre naît et vit dans les rues, en dehors des théâtres détruits par la guerre, inventant un nouveau langage, provocant, explosif er dévastant.

Comédien, auteur et metteur en scène, Dieudonné Niangouna se consacre au théâtre dans les années 90 avec les compagnies de Brazzaville : la compagnie Salaka, la compagnie Deso et le théâtre d’art africain. Il joue entre autres dans « Le Revizor » de Nicolas Gogol, « L’exception et la règle » de Berthold Brecht mis en scène par C. Baloukou, « La liberté des autres » de Caya Mackhélé.

En 1997, avec son frère Criss, il créé la compagnie Les Bruits de la rue dont il signe les textes et mises en scène : « La Colère d’Afrique », « Bye-Bye » et « Carré Blanc » joué en Afrique et en France (aux Francophonies en Limousin en 2002.)

Depuis plusieurs années, il collabore aux Carnets Sud/Nord de Jean-Paul Delore (« Affaires étrangères » , « Un Grand silence prochain »).

- [ source : theatre-contemporain.net ]

Note de mise en scène

Après le passage de la tête à la main pour laisser tomber des bouts de mots sur du papier blanc, j’ai voyagé avec, questions de revisiter ces signes de langages ou les écorcher pour mieux les approuver, entre Amiens, Limoges, Brazzaville, Avignon, finalement les enfoncer sur un terrain, une autre réalité dont l’urgence des envies conseil d’enfoncer sur du sol dur plutôt que de planter.

La langue de l’auteur que je suis exige au comédien que je fais de donner à entendre et de moins voire. Le sens de la représentation ici se solidifie dans l’écoute. Ca donne des choses qui ne vont pas s’expliquer, mais se tenir debout en rangs dispersés, puis s’esquinter à travers les images des mots en garde à vue. Et bien sûr l’adresse n’est pas une évidence, et comme le fil natatoire c’est attacher la bête, sa zone de délire y compris, pour vouloir en faire un type réglo, alors je m’en garde car le but n’est pas le cas. Du fait je dribble l’enjeu pour me poser sur la plaque chauffante et laisser la parole prendre son envol sans trop grand artifice de jeu.

Ma grand mère aurait été sidérée de me demander « Niangouna, où est le spectacle ? », dans les oreilles mémé que je lui aurais répondu. Tellement que les « occidents » ne sont plus loin, la part de la bouche-scène me met souvent à la cathode des satisfactions, le prix de la jouissance juste coincé dans le rêve. Et j’en fais un instant sobre, un papier ciment qui tapit le sol, aussi pauvre que la construction n’aura pas lieu. Et je donne des éléments singuliers, s’ils ne se regardent pas, c’est déjà ça. Je n’ai pas le public dans les yeux. Un son, puis un autre, une respiration je dirais, passe le mercure. Un seul instant pas uni, Quoiqu’ avec ses deux loupiotes qui taillent l’acteur du crâne aux genoux les quatre variantes d’intensités grincent la baisse de tension. Le seul lien qui existe entre la torture et la résistance.

En somme je suis seul, le reste ailleurs, des braises autour de moi, j’ai le corps en feu et la parole libre, outsider, elle s’en va, l’envolée des avalés, et l’esprit qui se dégage des corps cramés et se nomme vie, c’est aussi la passion des évadés.

Dieudonné Niangouna

La Compagnie Les Bruits de la Rue

En 1997, pendant période de la bêtise humaine qui brûlait leurs pays, deux frères de sang, de nom, et de scène : Dieudonné et Criss Niangouna inventent une pratique de jeu théâtral, une forme de résistance, qu’ils baptisent « le big !boum ! bâh ! ». Ce dernier aura pour principe de faire : un jeu qui commence mine de rien, comme au détour des trois coups du théâtre, fini par prendre de l’ampleur rapidement et accentue son rythme jusqu’à l’explosion. Vient le silence brutal. Un blanc. Une minute hors théâtre, hors jeu, mais jeu contre jeu. Puis le principe recommence à zéro. Notons, chaque fois que le système se développe, la scène suivante ne doit rien avoir en commun avec la scène précédente. Ce qui fait une perpétuelle recréation du jeu.

Un premier spectacle est mis en chantier : « Carré Blanc » (Texte et mise en scène de Dieudonné Niangouna, créé de 1999 à 2001).

En fin 2001, une collaboration artistique est mise en synergie avec la compagnie Eulalie Théâtre de Rouen dirigée par Sophie Lecarpentier.
De cet échange naîtra une co-production sur une création entre les deux structures : "Patati Patatra et des Tralalas" (Texte de Dieudonné Niangouna ; mise en scène de Sophie Lecarpentier).

Le travail se fera en 2002 sur trois villes Brazzaville, Paris, Kinshasa.

En 2003 le périple se poursuit avec "Intérieur-Extérieur" (version sur la route ; texte et mise en scène de Dieudonné Niangouna, créée à Gare au Théâtre, Vitry sur Seine de Mai à Juillet 2003.

La compagnie Les Bruits de la Rue est partenaire premier du projet « Les carnets Sud /Nord », dirigé par le metteur en scène Jean Paul Delore (en France) et Dieudonné Niangouna ( en Afrique).

En 2004 la Compagnie Les Bruits de la Rue est invitée à la troisième édition des Résidences d’écriture et de création (Récreatrales) à Ouagadougou Burkina Faso) pour créer un spectacle.

En fin Juillet 2005, la compagnie les Bruits de la Rue décide de recréer Banc de Touche à Brazzaville dans la mise en scène de l’auteur qui sera présenté en Juillet 2006 au Tarmac de la Villette.

De 2004 à 2007, la compagnie les Bruits de la Rue, va mettre en place un projet de Chantier d’expérimentation théâtrale sur la pièce « Dans la solitude de champ de coton » de Bernard Marie Koltès, par Dieudonné Niangouna.

A l’invitation de Vincent Baudriller, Dieudonné Niangouna et la Cie Les Bruits de la Rue créent Attitude Clando dans le cadre de la 61ème édition du Festival d’Avignon.

Distribution

- durée : 1 h

auteur, metteur en scène et comédien : Dieudonné Niangouna

lumière : Brunel Makoumbou Diatoulou
son : Simon Christel Moumbounou

administration : Audifax Moumpossa

:: :

coproduction : Festival d’Avignon, Cie les Bruits de la Rue,

avec le soutien de : Festival Mantsina sur scène (Brazzaville), Festival des Francophonies en Limousin (la maison des Auteurs), SCAC - Service de Coopération et d’Action Culturelle- Brazzaville (Ambassade de France
près la République du Congo), Culturesfrance (Programme Afrique en Création), Centre Culturel Français de Brazzaville.