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Archives saison 2007-2008

 
vendredi
14 mars
18 h
Théâtre de Cavaillon

Congrès singulier / Toni Negri  

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Reposant sur la collaboration collégiale entre étudiants en école d’art, enseignants, artistes, structures partenaires et différents invités, les “congrès singuliers” explorent, en clôture du méta-atelier, les rapports entre expérimentations artistiques, sociales et politiques en combinant ateliers trans-disciplinaires et temps de réflexion ouverts à tous.

 

Méta-atelier

La Scène nationale accueille, du 11 au 14 mars, la troisième session du méta-atelier 07/08 initié par Jean-Paul Thibeau, artiste et enseignant.

L’axe de travail suivi cette année est : Rencontre avec l’expérience de ‘pauvreté(s)’ et ses malentendus... , qui se propose d’interroger tant l’image dégradante de la pauvreté que la pertinence de certaines pratiques artistiques telles que l’installation, le langage et l’écriture, la vidéo, la performance et les dispositifs relationnels.

Après deux escales à l’Ecole d’Art d’Aix-en-Provence puis au 3bisf, la session cavaillonaise s’achèvera par un congrès singulier en présence de Toni Negri, dont les travaux apportent des éclairages déterminants sur cette thématique.

A travers ses propres engagements, ce philosophe et homme politique italien nous permet de re-singulariser notre rapport au politique et à la société : « Aujourd’hui, dit-il, nous entendons par « travail » tout le champ de l’activité sociale. Nous sommes devenus des travailleurs sociétaux, et toutes les dimensions de notre activité (travail -loisirs - désirs) sont sous l’emprise d’une vaste « marchandisation ».

A la massification des peuples, il substitue l’idée de « multitudes » d’individus développant de nouvelles formes de résistances et qui peuvent - comme des essaims d’abeilles ! - se concentrer et se disperser selon les nécessités et les désirs d’actions.

« Les pauvres, c’est-à-dire les sans pouvoir, pourront-ils un jour décider du destin de l’humanité et construire, en tant qu’hommes libres, une vie sous le signe du commun ? ».

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Au programme le vendredi 14 mars :

- à partir de 17h00 : Restitution des expérimentations du méta-atelier
- 18h00 : Rencontre publique avec Toni Negri
- 21h00 : Méta-Banquet (assiette : 5€ / assiette + verre : 7€ / sur réservation uniquement)

Tenue et bagage conseillés du congressiste : tenue décontractée, un foulard ou une écharpe, de quoi noter, un objet de son quotidien, un bout de ficelle.

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- Entrée libre / réservation conseillée

Pour toute information, contactez Vincent Jean :
04 90 78 64 60 / vincent@theatredecavaillon.com

Et pour un aperçu des sessions précédentes : rendez-vous sur le metablog.

Participants

- Intervenants, enseignants et artistes associés : Rémi Coupille, Willy Legaud, François Lejault, Thierry Thieu Niang, Pascal Nicolas-Le Strat, Mélanie Perrier, Pascal Sémur, Jean-Paul Thibeau.

- Associations et structures partenaires : École supérieure d’art d‘Aix-en-Provence, La Scène nationale - Cavaillon, Le Village , 3 bisf - lieu d’art contemporain, Casa - Collectif des sans-abri - Avignon, Art et Recherches Provence.

Toni Negri

Philosophe et homme politique européen.

Toni Negri est né le 1er août 1933 à Padoue (Italie). Trés tôt militant dans l’Action catholique étudiante Gioventú Italiana di Azione Cattolica, il ahére au PSI en 1956 et en restera membre jusqu’en 1963, tout en commençant à fréquenter des mouvements marxistes, et à participer dans les années 60 à l’élaboration de l’ « autonomie ouvriére » (opéraisme).

Il collabore notamment aux « Quaderni Rossi » avec Mario Tronti puis à « Classa opreraia ». En 1969, il est l’un des fondateur du groupe « Potere Operaio », qui s’auto-dissout en 1973, pour donner naissance à l’« Autonomie ouvrière ».

Toni Negri a enseigné à l’Université de Padoue, à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, à l’université de Paris VII et de Paris VIII, au Collège International de philosophie, à l’Université européenne de la recherche .

Accusé en 1979 de complicité dans l’assassinat d’Aldo Moro, il fait quatre ans et demi de prison préventive dans des quartiers haute sécurité, sans subir de procès. C’est le moment où il est diabolisé (« le mauvais maitre ») et accusé d’ « association subversive », de « constitution de bande armée », d’« insurrection armée contre les pouvoirs de l’État ». En 1983, il se présente comme candidat du « Partito radicale » de Marco Panella, il est élu député et, bénéficiant de l’immunité parlementaire, sort de prison. Quelques mois plus tard, l’immunité est levée. Il s’enfuit en France avant qu’on ne vienne l’arrêter. Il a bénéficié depuis de nombreux acquittements concernant ses liens avec les Brigades Rouges et sa responsabilité dans l’assassinat d’Aldo Moro.

Après 14 ans d’exil, à Paris,où notamment il anime la Revue Futur Antérieur, avec Michael Hardt, professeur de littérature et de « Cultural studies » à l’université de Duke au USA, commence à rédiger Empire et enseigne la science politique à l’Université Paris VIII . En 1997, il décide de rentrer en Italie où il est immédiatement arrêté et mis en prison.

Totalement libéré depuis, il vit aujourd’hui entre Rome,Venise et Paris . Il dirige la revue Posse, trimestriel de « politique , philosophie et multitude », travaille avec le groupe altermondialiste des Disobbedienti (« les désobéissants ») à un mensuel qui s’intitule Global, et tient un séminaire de recherche à Paris.

Celui qui pour beaucoup , fut un maître dans les années 70, semble être de nouveau en capacité à influencer les plus jeunes et à poursuivre avec eux son travail d’insubordination. Avec Empire, qui a été l’objet d’un succés et d’un large débat au niveau mondial , il inspire largement le mouvement altermondialiste

Il a notamment publié en français :
- La classe ouvriére contre l’Etat, Galilée 1978
- Marx au delà de Marx, Christian Bourgois 1978 et L’harmattan 1996
- Les nouveaux espaces de liberté » avec Félix Guattari . Dominique Bedou 1985
- L’anomalie sauvage, PUF, 1983
- Exil, éd. Mille et une nuits, 1998
- Empire ( avec Michael Hardt ), Exils, 2000
- Job : La force de l’esclave, Bayard 2000.,
- Multitude : Guerre et démocratie à l’époque de l’empire, en collaboration avec Michael Hardt, (2004° en anglais chez Penguin et en francais aux éditions La Découverte

Il écrit pour le théatre une piéce intitulée Essaim jouée en juin 2005 au théatre de la Colline , dans une mise en scéne de Barbara Nicollier . C’est l’histoire d’un Kamaikaze qui cherche des moyens de résistance qui ne soient pas ceux de la guerre

[ Notice biographique rédigée par Emmanuel Vidocq pour le site de la revue Multitudes, et reproduite avec son aimable autorisation ]

 
 
 
 
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