Les coulisses

"Campagnes d'écriture" : premiers pas

 

par Catherine Zambon

mercredi 4 janvier 2012

Avant sa venue dans la région au printemps, Catherine Zambon nous fait part de ses premières expériences dans les pattes des agriculteurs lozériens, pour le projet "Campagnes d’écriture".

Grandrieu, Lozère, novembre 2012. Je suis accueillie par Krystelle, Laurent et leurs trois adorables fillettes à Mararèches.

A peine arrivée je file à l’étable où vaches et hommes sont à la traite. Je ne dois pas être énervée car les vaches ne bronchent pas, elles me regardent de leurs grands yeux sombres. Le même soir, je suis invitée à une fête organisée pour le départ de l’inséminateur. Plus de 100 personnes à la salle des fêtes. C’est bruyant, sympathique, on me présente. Je repars un peu ivre, le nez collé au pare brise, car le brouillard s’est levé, dessinant devant moi d’improbables figures fantomatiques. Lorsque je repartirai, dix jours plus tard, j’aurai approché les vaches de bien plus près et vendu des fromages sur le marché.

Nasbinals. Décembre 2012. Je suis accueillie par Christiane, Francis et leur fils Christophe à Rieutortet.

Ici, ça naît, à tour de bras . Jusqu’à huit petits veaux en une nuit. On ne dort guère en ces temps de vêlage. Les étables bruissent de l’appel des mères et de la réponse des petits. J’assiste à une première naissance. On ne parle pas fort ici, on ne s’agite pas auprès des bêtes. Ici, dans la plus ancienne des étables, les noms des bêtes sont soigneusement inscrits au dessus d’elles. Lors des repas avec Christiane, Francis et Christophe, on écoute les infos d’une oreille. Le soir où Europe a mis bas, Merckel et Sarkozy essayaient de se mettre d’accord sur l’avenir de l’Europe. On était confiant à Rieutortet. Europe avait vêlé sans problème. Le petit veau était en pleine forme. On y a vu un signe de bonne augure.