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Ils sont compagnons de la Garance...

jeudi 3 septembre 2015, par Nicolas

Ensemble…
Cette saison, nous avons eu le désir de solliciter plusieurs artistes pour commencer ou poursuivre un compagnonnage. L’équipe de La Garance accompagnera ces créateurs et partagera leurs interrogations. Ces artistes seront aussi à nos côtés dans notre volonté de rencontres avec les publics. Pour que le plus grand nombre puisse pousser la porte du Théâtre, d’un Théâtre. Avec ces huit partenaires, nous prendrons le temps, afin d’agir plus précisément, d’échanger nos besoins, nos attentes, nos envies et nous questionnerons notre responsabilité individuelle ou collective au regard des enjeux de territoire et de démocratisation culturelle.

Qui sont donc ces (joyeux) compagnons ?

- Camille Rocailleux et Thomas Guerry, de la Compagnie Arcosm, par ailleurs artistes associés. Accueillis en novembre 2014 avec Bounce, ils seront en résidence du 2 au 10 novembre pour leur nouvelle création, Sublime, présentée le 13 novembre à la Garance.

- Dorian Rossel, metteur en scène de la Compagnie STT, artiste associé également, sera présent cette saison avec deux spectacle, Oblomov et L’usage du monde. Vous l’avez découverte en janvier dernier avec Quartier lointain.

- Double rendez-vous également pour Laurance Henry, auteur et metteuse en scène de la Compagnie AK Entrepôt, avec A l’ombre de nos peur et la création de Murmures au fond des bois. Cette dernière fera l’objet d’une résidence du 23 au 29 septembre, avec une sortie de résidence le 28 septembre. Laurance Henry animera également de nombreux ateliers durant la saison.

- Pauline Bureau, découverte avec Modèles, présentera elle aussi deux spectacles, Sirènes et Dormir 100 ans.

- Agnès Régolo, metteuse en scène de la Compagnie Du jour au lendemain, sera accueillie en résidence du 4 au 15 avril pour une adaptation des Règles du savoir-vivre dans les sociétés modernes, de Jean-Luc Lagarce. Elle accompagnera également l’Atelier Théâtre du lycée Ismaël Dauphin, à Cavaillon.

- Estelle Savasta sera quant à elle accueillie en résidence durant toute la saison au lycée Ismaël Dauphin, où elle s’immergera au cœur de l’adolescence, sujet de sa prochaine création.

- Enfin, Olivier Barrère, metteur en scène de la compagnie Il va sans dire nouvellement créée, est l’artiste-intervenant auprès de 3 Options Théâtre partenaires

Chacun de ces 8 compagnons fera l’objet d’une rencontre publique au cours de la saison (sortie de résidence, atelier, carte blanche....) et sera présenté plus en détail sur ce blog. A suivre... !


Saison 14-15 / Résidence à la Garance
Allez hop, en coulisses !

vendredi 31 octobre 2014, par Ophélie


Cie Arcosm, nouveaux artistes associés

mercredi 22 octobre 2014, par Nicolas

Constituée par ses deux fondateurs, Thomas Guerry et Camille Rocailleux, autour d’un projet pluridisciplinairedanse et musique, la compagnie Arcosm sera la nouvelle compagnie associée à La Garance – Scène nationale de Cavaillon pour les trois saisons à venir.

Durant cette période, nous prendrons le temps de croiser et interroger nos projets artistiques respectifs, d’échanger sur nos besoins, nos attentes, nos désirs, afin de déterminer les champs d’intervention que nous déciderons d’investir ensemble. Nous prendrons aussi le temps de questionner notre responsabilité individuelle et collective au regard des enjeux de création, de territoire, de démocratisation culturelle. L’artiste est aussi un citoyen, et nous attendons de son intervention qu’elle ait une influence forte sur notre environnement, la population, et qu’il réfléchisse avec nous sur les moyens de toucher la majorité silencieuse absente de la vie culturelle.

Durant cette première saison, cette association va comporter plusieurs périodes de résidence, pour permettre aux artistes de chercher, de travailler à leur prochaine création envisagée pour l’automne 2015. Mais cette association permettra aussi d’aller sur le terrain pour créer des liens forts avec le public, la population et le territoire. À travers une action culturelle diversifiée : répétitions publiques, stages, ateliers, projets en milieu scolaire, et d’autres formes de rencontres qui restent à inventer !

1ère RDV de cette nouvelle association, et occasion pour le public de faire connaissance avec la Cie Arcosm : les représentations (scolaires et tout public) de Bounce ! lundi 3 et mardi 4 novembre.
A cette occasion, Camille Rocailleux et Thomas Guerry rencontreront les 12 classes de CM2 de Cavaillon, grâce au soutien de l’Association des écoles laïques, mais aussi un groupe de détenus en semi-liberté du Centre pénitentiaire du Pontet et divers acteurs socio-culturels du territoire.


Joël Jouanneau, l'enfance tête haute

vendredi 29 novembre 2013, par publication

« Dans la chambre de l’enfant, le jeu vidéo et le jouet électronique
ont aujourd’hui pris la place du cheval à bascule, c’est un constat. Je n’en éprouve pas de nostalgie, je n’ai pas eu de cheval à bascule. J’avais mieux : le vrai poulain dans le pré. Et surtout et plus encore que tout, cette chance que furent ces heures de vide et d’ennui dans la nature, et qui conduisent à des jeux qu’on s’invente.

Si les enfants qui habitent mes textes sont toujours placés, adoptés ou trouvés, ils ne portent pas plainte pour autant. Ils ont été mis au monde, comme on dit, et c’est précisément de ce monde, plus encore que de l’absence de leurs parents, qu’ils sont orphelins.

Deux impératifs résonnent pour moi comme des interdits dès que je leur écris : le rejet de l’infantilisation ainsi que le refus de les conduire vers le découragement, bref je ne veux être ni le marchand de sable ni le joueur de flûte qui les conduit à la rivière, et j’espère, qu’au travers de mes textes, ils entendent le oui immense et illimité de Nietszche,
puisque oui, cela doit rester, toujours et malgré tout, un beau cadeau que la vie.

Je me dois cependant, du moins je le vis ainsi, de ne pas tricher avec lui, l’enfant, sur ce qu’il va devoir vivre, l’attend et s’annonce redoutable, mais face à l’obstacle et à l’adversité j’essaie d’ouvrir son imaginaire plutôt que le fermer. C’est une question d’angle d’attaque. De langage aussi.

Si, en refermant le livre ou à l’issue d’une représentation, l’enfant est autre ou différent de ce qu’il était, et s’il est bien déterminé à poursuivre le chemin complexe de son destin dans le monde, ce n’est pas rien, c’est même déjà beaucoup, et s’il y va tête haute, c’est encore mieux. J’ai d’ailleurs ce beau titre devant moi : Tête haute, mais c’est tout pour l’instant.

L’écriture de Tête haute, amorcée depuis deux mois sous formes de notes de lectures, lectures de carnets de notes, ruines ou bribes de dialogues, a trouvé sa source dans le questionnement du titre. C’est lui qui me sert de guide et que je m’efforce de suivre.

J’ai besoin, toujours, d’un plus ancien que moi en parallèle à l’écriture d’une pièce pour enfants. Un expert en papillons, le professeur Nabokov, accompagna Mamie Ouate en Papoâsie. Un stoïcien, si lointain que ses nombreux livres ont depuis oublié son nom, me rendait visite durant le voyage de L’Ébloui. Cette fois c’est un homme de la pampa, un vrai desdichado qui est à mes côtés : José Luis Borges, cet aveugle qui aimait dans la nuit compter les syllabes des sonnets qu’il écrivait le jour, et qui, nommé directeur de la bibliothèque de Buenos-Aires, soulignant l’ironie des dieux qui lui avaient accordé la même année la cécité et huit cent mille ouvrages à lire, déclara que tout à fait sans y penser il avait passé sa vie à se préparer pour ce poste. En voilà un qui sut dire oui à son destin, et l’écrivit tête haute.

J’ai besoin aussi, toujours d’une bougie pour la route quand il fait trop noir la nuit, et cette bougie, Borges me l’a donc offerte, la voici : “Tout existe, sauf l’oubli !” »

Joël Jouanneau - notes pour Tête haute

Avec émotion… et la tête haute

mercredi 20 novembre 2013, par Nicolas

Dans une semaine, nous accueillons la dernière création de Cyril Teste et du collectif MxM, Tête Haute, créée il y a 6 jours à St-Denis. Ce n’est pas sans émotion, ni sans impatience, que nous l’attendons.

D’abord, parce que c’est la fin de notre association avec le collectif, compagnonnage débuté début 2011 avec le spectacle Reset, et poursuivi ensuite avec Sun, Le Labo avec des étudiants d’Avignon, les Confidences de Nihil Bordures à Lacoste et Gadagne (à découvrir début décembre, d’ailleurs).

Ensuite, parce que Joël Jouanneau en a écrit le texte. Et son parcours artistique est étroitement lié à la Scène nationale. Il y a en effet présenté la plupart de ses spectacles, jeune public (PinKpunK CirKus, Mamie Ouate en Papoâsie, Jojo le récidiviste, L’adoptée) ou non (Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne). Cyril Teste a été son élève au Conservatoire de Paris, il l’a ensuite accompagné dans l’écriture de Reset , puis de Sun. La rencontre de ces deux artistes, dans cette période de transition, est ainsi hautement symbolique pour la Scène nationale.

Enfin, parce que la genèse de Tête Haute est étroitement liée à Cavaillon. C’est ici, il y a deux ans, qu’a pris forme pour Cyril l’idée de créer pour le jeune public. Nous l’avions convié à une rencontre professionnelle portant sur le thème "L’enfance sur le plateau", afin qu’il partage son expérience de metteur en scène ayant dirigé des enfants comédiens, pour Reset et Sun. Deux spectacles parlant de la jeunesse, de l’enfance, mais qui s’adressaient aux seuls adultes. Et la question alors posée à Cyril : pourquoi ne pas créer un spectacle sur l’enfance, destiné aux enfants ?

Quelques mois plus tard, l’idée a fait son chemin et Cyril nous évoque pour la première fois son projet. Il ne sait pas encore s’il veut mettre en scène L’enfant caché dans l’encrier ou L’ébloui, textes de Joël Jouanneau, ou encore proposer une version théâtrale de La nuit du chasseur. Mais il imagine déjà l’univers visuel du spectacle, détaille ses sources d’inspirations d’alors : les ouvrages jeunesse de Sybille Schenker (Hansel et Gretel, visuel ci-dessous), les films d’animation de Michel Ocelot (Princes et princesses), la bande dessinée 2’33 de Marc-Antoine Mathieu, le jeu vidéo Limbo, les livres pop-up. Et le spectacle doit pouvoir être accessible dès 6/8 ans.

Encore quelques mois plus tard, un constat : plutôt que d’adapter un texte de Joël Jouanneau, autant lui en demander un, tout neuf. Car qui d’autre que Joël Jouanneau pour évoquer de façon la plus juste l’enfance ?

« Si, en refermant le livre ou à l’issue d’une représentation, l’enfant est autre ou différent de ce qu’il était, et s’il est bien déterminé à poursuivre le chemin complexe de son destin dans le monde, ce n’est pas rien, c’est même déjà beaucoup ; et s’il y va tête haute, c’est encore mieux. J’ai d’ailleurs ce beau titre devant moi : Tête haute. »
Joël Jouanneau, notes d’écriture

La suite, c’est vendredi 29 novembre, à 19h, au Théâtre