Blog > septembre 2018

 
L’image de saison

vendredi 28 septembre 2018, par Jean-Claude

Le choix de l’image qui accompagnera, représentera, sur notre site internet et sur de nombreux documents, le sens, la sensibilité même de la saison, est une décision passionnante, certes excitante, mais toujours délicate. Car nous sommes bien conscients que cette image est l’un des tous premiers pas vers la saison à venir. Et lorsque nous nous retrouvons autour de la table – le secrétaire général, le directeur, le graphiste et moi-même – pour définir l’orientation, l’essence de cette image, nous sommes avant tout obsédés par l’envie d’être « justement et simplement compris », de partager avec vous notre enthousiasme pour la nouvelle saison, tout en restant bien sûr accessibles à toutes et tous. Par cette image, éclaircir une nouvelle programmation, faire naître en vous le désir de la découvrir, d’éveiller et de titiller votre curiosité.


Pour la saison 2017 / 2018, nous avions eu le désir de créer une image qui symboliserait « épure et simplicité ». Mais certain(e)s d’entre vous, nous ont fait savoir que si l’image choisie était belle, elle renvoyait une certaine froideur, imposait une certaine distance, installait une contemporanéité qui pouvait faire un peu peur. L’effet inverse de ce que nous voulions susciter. Ces retours, nous ont été fortement bénéfiques, car les spectateurs sont la respiration même d’un Théâtre, son épiderme, le plus souvent de bons sens, quand, nous, « spécialistes », il peut nous arriver parfois de faire fausse route.

Forts de ces remarques, pour la saison 2018 / 2019, nous avons alors souhaité revenir à l’humain, l’humain dans toute sa diversité, l’humain dans toutes ses origines, l’humain dans tous ses âges. Notre désir : donner plus de chair, de regards, de gestes, enfin plus de vie, à un projet artistique dont l’orientation était précisément « la solidarité ».

La question qui se posait alors était de définir les personnes qui figureraient dans ce livret de saison, sur les affiches. Nous avons été inspirés par un stage qui s’était déroulé quelques mois auparavant, animé par Pascale Daniel-Lacombe, artiste compagnonne, stage au cours duquel plusieurs jeunes gens s’étaient investis et remarquablement exprimés artistiquement. Nous avons donc fait appel à eux. A d’autres personnes également qui avaient participé à d’autres ateliers au cours de la saison afin de rassembler des personnes différentes, de proposer une mosaïque de spectateurs. Tout le monde s’est joyeusement prêté au jeu, bénévolement, sous les houlettes talentueuses de Thomas Bohl, le photographe, et de François Moissette, le graphiste. Dans ce livret de saison, deux personne, c’est vrai, échappe à la règle : madame Lucienne et monsieur Pierre Badoni, présent(e)s pratiquement à chaque spectacle depuis la création du label Scène nationale, en 1991. Nous voulions rendre hommage à la fidélité de ces deux abonnés.

Les trois jours au cours desquels les photos furent prises, un week-end de mai, ne furent que moments de joie, de franche rigolade, de bonne humeur, trois jours d’attentions, de repas ensemble, et de rencontres mutuelles. Une solidarité naissait. Je sentais déjà que le livret de la saison serait plus « juste », plus approprié.
Merci une fois encore à toutes ces personnes qui n’ont pas prêté leur image mais qui nous l’ont donnée. Et vous que pensez-vous de cette image de saison ?


La partie immergée de l’iceberg

mercredi 5 septembre 2018, par Ophélie

Dans les métiers du spectacle, il nous arrive d’entendre, une fois la programmation finie, en juin de chaque saison : « Hey ben maintenant qu’il n’y a plus de spectacle, vous n’avez plus rien à faire, vous devez vous ennuyer » (suivi d’un clin d’œil, d’une tape sur l’épaule, et d’un rire complice).
Comme dans toute activité professionnelle, la majorité du travail mené à La Garance est invisible et réalisé dans les bureaux, donc peu spectaculaire ! Ainsi, vous pourriez observer par des trous de souris : des tâches administratives, envois de centaines de mails, tableaux Excel en pagaille, logiciels de comptabilité, billetterie, mise en page ou Dessins assistés par ordinateur (DAO), et cætera et cætera ! Mais vous pourriez également découvrir par ce trou de souris : la dentelle des relations et actions menées avec et pour les habitants. Ce sont des ateliers ou rencontres avec des artistes, de précieux temps pendant lesquels il se passe quelque chose, dans la vie de personnes qui vont traverser l’activité de La Garance.
Nous souhaitons vous transmettre des bouts d’histoires. Puisqu’en travaillant dans cette « maison », nous pouvons témoigner de ce que La Garance tisse avec des habitants et spectateurs, parallèlement aux relations artistiques. Peut-être finirez-vous cet article avec des bribes de réponses à la question « que fait une équipe de théâtre quand il n’y a plus de spectacle ». Peut-être (ré)apprécierez-vous ici, que La Garance ne se borne pas à sa programmation, ou à son équipe, mais se révèle être une toile sur laquelle vous et nous, nous tous, allons poser un geste, une trace.

Nous sommes le mardi 10 juillet 2018 et le festival d’Avignon a commencé depuis quelques jours.
A Cavaillon, un car attend en gare routière. Tout autour, s’assemblent : des enfants accompagnés par leurs parents, une animatrice et le directeur du Centre de loisir de Cavaillon (l’OCV), des professeurs de écoles et une directrice d’école fraîchement retraitée, toutes bénévoles, une famille avec ses valises, puis arrivent des adolescents l’un après l’autre.
La Garance a réuni dans ce car allant à Avignon : 3 groupes, 3 projets, 3 aventures différentes.

- Il y a des enfants…
La Garance travaille en lien, notamment, avec les écoles du réseau d’éducation prioritaire et le Centre de Loisirs de Cavaillon. Et depuis quatre années, nous organisons ensemble des séjours de « jeunes spectateurs ». Vingt enfants venant de quatre écoles élémentaires cavaillonnaises (Jean Moulin, Charles de Gaulle, la Colline et Joliot-Curie) s’y sont inscrits cet été. Ils ont vécu ce mardi 10 juillet, le premier des quatre jours de festival dans le cadre du temps fort Avignon enfants à l’Honneur (coordonné par l’Assitej – Scènes d’enfance). Un programme de spectacles, ateliers, rencontres et pique-niques (ainsi qu’un passage à la Cour d’Honneur du Palais des papes, aux côtés de la Ministre de la Culture, Françoise Nyssen)
> Lien avec l’article de Juliette « 20 enfants à l’Honneur à Avignon » (juillet 2018).

- Il y a des adolescents
Un groupe de six adolescents, issus du groupe de 19 jeunes de 11 à 25 ans, qui avaient joué, travaillé et improvisé dans les espaces de La Garance, guidés par Pascale Daniel-Lacombe (artiste compagnonne de La Garance) et 2 acolytes. Leurs ateliers sur la question du Temps avaient généré l’envie de poursuivre une aventure théâtrale ensemble à La Garance. L’étape suivante, qui nous est naturellement venue était de faire découvrir le travail de Pascale Daniel-Lacombe et le Théâtre du Rivage à l’occasion de leur passage au festival d’Avignon, avec deux pièces (une accueillie 3 ans auparavant à La Garance, A la renverse, et une création dont le sujet est l’âge adolescent. Pièce à laquelle ce groupe d’ados a beaucoup contribué). L’étape qui suit et démarre cette rentrée de septembre 2018, est la création d’un Parcours adolescents ; ouvert aux inscriptions, il s’agira pour celles et ceux qui y participeront, de choisir ensemble 5 spectacles à voir ensemble, autour desquels des rencontres et ateliers pourront être organisés.
> Pour en savoir plus sur le « Parcours adolescents », c’est ici !

- Il y a une famille
Pour la première fois, des familles des 4 coins de la France ayant participé à des actions Lire et dire du théâtre en famille se sont rencontrées.
Le festival d’Avignon, grande fête du théâtre, était l’occasion idéale pour cette rencontre au sommet ! L’association Scènes Appartagées a donc intégré ces familles au programme d’ « Avignon Enfants à l’Honneur » (en lien avec l’Assitej). Elle a financé l’hébergement, les repas et places de spectacles des familles. La Garance a pu accompagner une famille parmi celles avec lesquelles le dispositif a été mené. Cette famille avait accueilli Estelle Savasta (et un médiateur de La Garance), dans son appartement, à trois reprise. La mère et les enfants avaient choisi un texte de théâtre (jeune public) et ont appris à jouer ce texte, et l’adresser à un public, pour le présenter enfin à un public d’amis, de voisins, etc. Vous pouvez voir certains de ces jolis minois dans la plaquette de la saison 2018-19, et sur le site de La Garance.
>lire l’article « La Garance, un auteur et trois familles »

Ceci n’étant qu’une partie de l’activité de La Garance, un court extrait de notre activité adressée aux publics et habitants, durant cet été. Mais quel plaisir pour notre équipe, d’imaginer de nouvelles aventures, de nouvelles manières de vous rencontrer, chaque année, pour vous mettre en relation avec les artistes que nous accompagnons et les espace de La Garance, qui sont également les vôtres.