Blog > novembre 2015

 
Une artiste en résidence au lycée Ismaël Dauphin

mardi 24 novembre 2015, par Nicolas

Vous avez peut-être rencontré Estelle Savasta, auteure et metteure en scène de la compagnie Hippolyte a mal au cœur, la saison dernière avec Le préambule des étourdis. Un spectacle créé après une immersion au long cours dans une école normande, aux côtés de 100 petits collaborateurs artistiques âgés de 6 à 10 ans. L’envie d’écrire par l’enfance ; et depuis, Estelle ne veut plus créer autrement. Aujourd’hui c’est au cœur de l’adolescence qu’elle s’immerge, au côté de 23 lycéens de Seconde du lycée Ismaël Dauphin de Cavaillon.

23 adolescents, 23 collaborateurs artistiques, réunis autour d’Estelle et d’un complice pour 6 périodes de 2 jours étalées durant l’année scolaire. C’est plus qu’une résidence. C’est un "séjour", selon la formule choisie par la classe pour la première de ces 6 périodes. D’ailleurs, ce n’est plus une classe. C’est une troupe, un groupe, une bande. Qui frétille quand Estelle évoque le sujet qui les occupera toute l’année : la désobéissance. Qui débat, s’écoute, partage, propose, écrit, improvise, essaie, recommence, recommence à nouveau. Et nous surprend, nous les adultes. Nous interpelle, nous questionne, nous émeut aussi, beaucoup. On convoque Antigone, que l’on promet de relire (ou de lire...) pour la prochaine fois. Bartleby, aussi, celui qui « préférerait ne pas ».

« De quoi parlerait la jeunesse si on lui donnait un peu la parole ? », se demandait Estelle avant d’arriver. Elle s’est d’ores et déjà largement engouffrée dans l’espace de liberté qu’elle lui a ouverte et offerte.
A suivre...


Partageons notre désir de résistance

mercredi 18 novembre 2015, par Didier

Paroles prononcées mardi 17 novembre, par Didier Le Corre, directeur de La Garance, et Laureline Le Bris-Cep, metteure en scène, à l’issue de la représentation de Reste(s), pièce librement inspirée de Guerre de Lars Noren et interprétée par de jeunes comédiennes et comédiens, issus de l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes.

«  Ce mardi soir – 17 novembre – c’est toute une jeunesse, entre 22 et 28 ans - qui s’est présentée face aux spectateurs avec leurs talents et leurs espoirs.
Et nous avons été vraiment heureux de leur donner la parole.

Vendredi soir – 13 novembre – c’est principalement une jeunesse, entre 15 et 40 ans, que l’on a assassinée et que l’on a étouffée alors que nous avions tant besoin de leurs éclats de vie.

Ce mardi soir, nous voulons partager avec le public notre chagrin, partager notre indignation, partager la pensée que nous avons et que nous aurons toujours pour ces êtres à qui l’on a volé la vie, partager notre douleur pour leurs familles, les blessés, sans oublier bien sûr, celles et ceux qui ont côtoyé ce drame et à qui il faudra beaucoup de temps et de courage pour « oser de nouveau la vie », croire en elle, croire en l’homme. Mais, ils y parviendront. Nous y parviendrons ensemble, parce que - comme le dit l’adage - la vie est plus forte que tout.

Ce Mardi soir, nous voulons partager avec le public notre désir de résistance, face à cette barbarie.

À la Garance, comme dans tous les lieux de culture, nous avons pris le parti de l’humanisme, de l’art et de la culture, comme terrain de résistance. Nous faisons chaque jour le pari de l’intelligence de l’être humain. Nous osons l’idée d’une société libre, égale, fraternelle, cosmopolite, curieuse des autres, tolérante et laïque. Nous croyons dans le bonheur de vivre ensemble. Bien sûr, aujourd’hui, nous avons peur, mais dès demain nous saurons chasser cette peur ensemble et croire de plus belle en l’Humanité. Quelles que soient la nationalité ou l’origine de chacun d’entre nous, notre culture, notre croyance, nous serons plus que jamais membres d’une même communauté de vies et d’espoirs. Nous n’avons pas d’autres choix de bonheur que celui-là.

Ils voulaient l’anéantir, ils n’ont fait que cimenter notre désir de vivre ensemble, en toutes libertés.

« Les lieux de culture ouverts à tous sont des espaces de connaissance, de rencontre, de débat, de fabrique permanente de sens, de lien social et politique. Les citoyens, les artistes, les programmateurs doivent pouvoir y partager une liberté d’expression, une liberté de regard, une liberté de parole ».

Hier, des millions de français se sont arrêtés pour une minute de silence en mémoire des victimes.

Ce mardi soir, dans ce Théâtre, nous proposons au public de les applaudir, de nous applaudir, comme pour mieux repartir à leur rencontre, comme pour les retrouver au plus vite, comme un acte commun et démocratique de résistance face à la barbarie, et à l’issue de ces applaudissements, nous aurons déjà beaucoup moins peur. Et toujours ensemble, toujours en leur mémoire, nous poursuivrons et affirmerons au fil des jours ce chemin de volonté, d’audace. Ce chemin de vie. Et nous n’aurons plus peur. »

Didier Le Corre, directeur de La Garance,
L’équipe,
Jacqueline Lacotte, présidente


Avignon 2015, ils étaient 500 enfants à l'Honneur

vendredi 6 novembre 2015, par Nicolas

500 enfants venus de toute la France, à l’invitation de l’association Scènes d’enfance et d’ailleurs, vivre le Festival d’Avignon.
Et parmi eux, 18 enfants de Cavaillon, des écoles La Colline, Jean Moulin et des Vignères, accompagnés de leur directrice, de l’OCV et de l’association des écoles laïques.
Pour 3 jours de spectacles (dans le In et le Off), d’ateliers, de rencontres et de temps forts, se terminant par un accueil collectif dans la Cour d’Honneur par Olivier Py.

« Des centaines et des centaines d’enfants accueillis en Avignon.
Des centaines et des centaines d’enfants dans les rues et dans les salles, sur les places, dans les jardins et dans les cloîtres, dans les cours d’école et dans la Cour d’honneur. Des centaines et des centaines d’enfants de théâtre en théâtre, à l’écoute des voix fantômes dans les voix d’aujourd’hui, s’enracinant dans une histoire pour inventer la leur. Des centaines et des centaines d’enfants partageant leurs rêves dansants et chantants. Des centaines et des centaines d’enfants avec leurs passeurs vivant dans l’émotion ce voyage vers le symbolique. »
Geneviève Lefaure, présidente de Scènes d’enfance et d’ailleurs.

Retrouvez en ligne les retours de quelques uns des 25 groupes participants : le collège Belle de Mai à Marseille, des Maisons de quartier du Val d’Oise ou encore le collège Scamaroni de Charleville-Mézières ; ainsi qu’une critique théâtrale d’un enfant de Cavaillon autour du spectacle Riquet.

Le projet "Avignon 2015 enfants à l’Honneur", c’est aussi un recueil de témoignages vidéos d’enfants n’ayant pu faire le voyage, mais qui partagent leurs émotions autour du spectacle vivant :

AVIGNON 2015 ENFANTS À L'HONNEUR - LE FILM from Maison du geste et de l'image on Vimeo.