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Et toi, tu vas voir quoi ?

mardi 24 juin 2014, par Nicolas

Question cruciale du festivalier, apeuré par la foultitude des propositions et/ou par l’éventualité de manquer LE spectacle qui fera le buzz cet été. Aussi, et pour patienter dans cette inter-saison, le blog et les réseaux sociaux de la Scène nationale seront une nouvelle fois le moyen de garder le contact et de partager nos/vos attentes, nos/vos coups de cœur et nos/vos bons plans pour cet Avignon 2014.
Partagez, avec nous, et entre vous !

David, par exemple, vous conseille chaleureusement 3 spectacles :
- L’idéal Club des 26000 couverts (vous vous souvenez peut-être de Jacques et Mylène, en 2012) à Villeneuve en Scène.
- Retour à Reims, texte de Didier Eribon mis en scène par la cie Anima Motrix, à la Manufacture
- et au Festival Théâtr’Enfants, Venavi ou pourquoi ma sœur ne va pas bien, d’Olivier Letellier, metteur en scène de Oh Boy !, avant de découvrir en janvier 2015 Un chien dans la tête à la Scène nationale.

Lutxi a noté 2 concerts à l’AJMI, Renaud Garcia-Fons Solo (du 8 au 10 juillet) et Pulcinella (du 12 au 14). Mais aussi Inoffensif [titre provisoire] de Jérôme Rouger au Girasole, Moussu T e lei Jovents à Kabarouf et La Brique de Guy Alloucherie (La Veillée, en 2010 à Cavaillon) à Présence Pasteur.

Pour le Jeune public, Nicolas attire votre attention sur Couac, d’Angélique Friant, à la Caserne des Pompiers, et sur Comment moi Je, de la Cie Tourneboulé, à Présence Pasteur.

Le Festival est l’occasion également de retrouver des artistes passés ici :
- Thomas Lebrun, après La jeune fille et la mort cette saison, présentera Lied Ballet du 6 au 13 juillet au cloître des Carmes.
- Serge Teyssot-Gay et Khaled Al-Jaramani, et leur projet Interzone, seront le 22 juillet au cloître des Célestin en version Extended, accompagné de Keyvan Chemirani, Médéric Collignon, Marc Nammour et Carol Robinson.
- Benjamin Dupé crée Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières dans le cadre des Sujets à vif (programme C) du 18 au 24.

Dans le Off :
- séance de rattrapage pour ceux qui ont raté Freaks d’Anne Bitran, du 9 au 11 juillet, puis du 15 au 18, au bar St-Lazare.
- La compagnie Art. 27, en résidence cet hiver à Cavaillon, crée A titre provisoire au Théâtre des Halles.

Avignon sera enfin l’occasion de découvrir des artistes qui seront accueillis la saison prochaine et pour la première fois à la Scène nationale :
- Dorian Rossel / Cie STT, avec Je me mets au milieu mais laissez moi dormir à La Manufacture et Oblomov à la Caserne des Pompiers. Il présentera Quartier lointain en janvier 2015 à Cavaillon.
- le chorégraphe Christian Ubl, avec Zoll au CDC/les Hivernales, accueilli en mai à Cavaillon pour Shake it out.
- la Cie La Mondiale Générale, avec Le Braquemard du pendu à Midi-Pyrénées fait son cirque, dont nous accueillerons en septembre la forme légère et en plein air, Braquemard #1

C’est à vous : partagez, ici en commentaires ou sur les réseaux sociaux (page Facebook / Twitter) de la Scène nationale, vos coups de cœur, les spectacles vus ou à voir...


Communiqué de l'équipe de la Scène nationale

mardi 24 juin 2014, par Nicolas

Cavaillon, le 18 juin 2014

Nous, salariés de la Scène nationale de Cavaillon, acteurs du secteur public des arts et de la culture, attachés à la politique culturelle française, nous déclarons solidaires et apportons notre soutien à l’ensemble des équipes artistiques, artistes et techniciens, et autres travailleurs précaires, qui dénoncent le dernier protocole d’accord sur l’assurance chômage en date du 22 mars dernier, et demandent au gouvernement de Manuel Valls de ne pas agréer cet accord afin d’obliger les partenaires sociaux à revenir autour de la table de négociation.

Héritiers de plusieurs décennies de politique culturelle qui contribuent à la réputation de la France à travers le monde, nous ne pouvons accepter que la culture soit stigmatisée comme un secteur économique déficitaire, évaluée sur un seul critère de rentabilité économique, quand bien même ce critère ne nous est pas toujours défavorable : ainsi, la culture contribue sept fois plus que l’industrie automobile au Produit Intérieur Brut de la France, et représentait 3,2% du PIB en 2011, avec 670 000 personnes employées (donnée étude conjointe récente des ministères de la culture et de l’économie).

Tous les acteurs culturels sont conscients de la nécessité de faire évoluer les règles régissant notre secteur d’activité. Nous ne sommes pas hostiles au changement, mais dans la concertation. Des propositions constructives de réforme des annexes 8 et 10 ont été élaborées au cours de ces dix dernières années par un Comité de suivi réunissant les organisations représentatives du secteur culturel (syndicats d’employeurs et de salariés, coordinations, fédérations), des chercheurs, des économistes, des parlementaires (476 députés et sénateurs ont validé ces propositions). Celles-ci n’ont même pas été considérées, alors qu’elles proposaient des pistes d’économies supérieures au protocole contesté, tout en protégeant les salariés les plus précaires. Agréer le protocole d’accord de réforme de l’assurance chômage en l’état représenterait pour l’ensemble des acteurs culturels un déni de démocratie, qui entérinerait le principe qu’il serait possible de décider d’une réforme des accords appliqués aux intermittents avec quelques interlocuteurs non représentatifs de la profession (MEDEF, FO et CFDT), au mépris des institutions représentatives du secteur ayant conduit un véritable travail de concertation et de délibération démocratique, apportant de plus des solutions pérennes et acceptables.

Aujourd’hui, dans un monde ou l’emploi précaire dans une flexibilité toujours plus grande devient la règle, ou le CDD supplante le CDI, il s’agit de travailler à construire un système qui permette d’assurer « une continuité des revenus dans une discontinuité de l’emploi », pour les salariés, du secteur culturel et des autres secteurs de l’économie. Le régime de l’intermittence a permis au secteur culturel de se développer en prenant en compte les spécificités de notre activité. Le projet actuel va accroitre encore plus la précarité de bon nombre d’artistes et de techniciens, en particulier par l’allongement du délai de carence. C’est pourquoi, nous demandons qu’un moratoire soit appliqué pour les annexes 8 et 10 et qu’une renégociation soit immédiatement engagée.

Aujourd’hui plus que jamais, dans une situation de crise, de perte de valeurs, c’est de culture dont la société a besoin. Pour retrouver l’envie et les conditions du « vivre ensemble », rêver et inventer un avenir commun.

Nous appelons le public fidèle de la Scène nationale, acteurs de la vie culturelle au même titre que les professionnels, à se joindre à la lutte engagée par les intermittents pour l’avenir de la culture.


Soutien aux intermittents

mardi 17 juin 2014, par Nicolas

La Scène nationale apporte tout son soutien aux intermittents du spectacle et s’associe à leur mobilisation. Les derniers spectacles accueillis ont été l’occasion, avec les artistes, d’informer le public sur ce statut et sa remise en cause par le nouvel accord Unedic du 22 mars.

Le Begat Theater a distribué le texte suivant à l’issue des représentations de La Disparition. Et c’est une simulation d’un spectacle sans intermittents qu’ont proposée Manu Théron et Lo Cor de la Plana :

Un spectacle sans intermittents ? Une simulation du Cor de la Plana from Scène nationale Cavaillon on Vimeo.

Les actions de mobilisation se multiplient, en particulier dans le département avec le début imminent du Festival d’Avignon. Le Collectif des Intermittents et Précaires (CIP) d’Avignon organise le mercredi 25 juin, au parc des Libertés (île de la Barthelasse) de 14h à minuit, la Fête la Lutte pas l’Autruche ! afin de sensibiliser, expliquer, débattre, etc. Plus d’infos sur Facebook.

Avant la suite, nous relayons ci-dessous la lettre ouverte adressée le 4 juin au Premier Ministre par le Syndéac, dont la Scène nationale est adhérente :

Monsieur le Premier ministre,

Nous dirigeons des théâtres, des festivals, des compagnies qui œuvrent pour la création et la diffusion du spectacle vivant sur l’ensemble des territoires. Acteurs du secteur public des arts et de la culture, nous vous interpellons solennellement pour vous demander que l’accord Unédic signé le 14 mai dernier par les partenaires sociaux ne soit pas agréé en l’état par votre gouvernement.

Les mesures prévues pour les annexes VIII et X viendraient aggraver le système en vigueur depuis 2003, dont les règles ont déjà prouvé leur injustice et leur inefficacité. Les salariés les plus précaires et les structures les plus fragiles seraient particulièrement affectés par la nouvelle hausse de 2 points des cotisations patronales et salariales, le nouveau différé d’indemnisation concernant 48% des intermittents contre 9% actuellement dès 8300 € bruts en 507 heures sur 10 ou 10,5 mois ainsi que le plafonnement du cumul des salaires et des indemnités mensualisé plutôt qu’annualisé en lien avec une date anniversaire comme nous le préconisions.

Depuis plus de dix ans, le SYNDEAC, d’autres organisations professionnelles et des parlementaires membres du Comité de suivi de la réforme de l’intermittence ont établi des propositions précises pour une réforme équitable et durable de ce régime spécifique d’assurance chômage. Une étude commandée à deux chercheurs indépendants a permis de démontrer la justice sociale et l’efficacité économique du modèle alternatif que nous défendons.
De même, l’Assemblée Nationale et le Sénat ont mené en 2013 des auditions sur l’emploi artistique et proposé à leur tour des pistes de réforme. Les négociations paritaires de cette année auraient dû être l’occasion d’analyser ces propositions concrètes. Mais tous ces travaux ont été ignorés par certains partenaires sociaux.

Le ministre du Travail a été interpellé ces dernières semaines par de très nombreux élus de gauche, demandant par courrier ou en question publique de ne pas agréer cette nouvelle convention pour ces mêmes motifs de justice sociale et de prise en compte des propositions de réforme existantes.

Alors oui, nous attendons plus d’un gouvernement de gauche que le strict respect du dialogue social paritaire. Nous attendons beaucoup plus d’un gouvernement de gauche que la seule préservation des annexes spécifiques pour les intermittents du spectacle. Nous attendons d’un gouvernement de gauche autre chose que des Assises dilatoires et la promesse d’une caisse de bienfaisance. Et nous attendons toujours d’un gouvernement de gauche les preuves d’une ambition pour la culture.

Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays : déjà le Printemps des comédiens de Montpellier est stoppé dans son envol… et demain ?

Il serait sage d’entendre enfin la juste colère des artistes, des techniciens, des professionnels de la culture. Il serait sage d’entendre aussi les inquiétudes que près de 100 parlementaires et élus locaux ont adressées par courrier au ministre du Travail pour lui demander de ne pas signer ce texte.
Avec eux, à travers la justice et l’équité d’une réforme du régime de l’intermittence, nous défendons aussi le développement humain, culturel et économique des territoires. Parce que l’humain est le moteur de tout acte de création, il est impératif de préserver ces emplois.

Nous continuons d’attendre de votre gouvernement qu’il renonce à agréer en l’état cette nouvelle convention Unédic ou qu’il accepte à tout le moins d’y surseoir pour partie : les annexes VIII et X méritent en urgence une nouvelle concertation élargie.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute considération.