Autour de Là où je croyais être il n’y avait personne

 

jeudi 3 décembre 2020

En coréalisation avec La Garance - Scène nationale de Cavaillon, les 03 et le 04 déc., la Compagnie Shindô devait présenter sa création Là où je croyais être il n’y avait personne. Anaïs Muller et Bertrand Poncet, duo créateur de ce spectacle, vous en disent plus à ce sujet.

SHINDO
Pour contrer la solitude et l’ennui, Anaïs et Bertrand jouent à faire du « théââââtre ». Parce que tout est vain et que la vie c’est la vie, ils se sont mis à faire pour faire, non par nécessité, non par cupiditéé, non par orgueil (enfin si peut-être un peu) mais juste parce que finalement il n’y avait que cela à faire. Anaïs a une pelle et Bertrand un marteau-piqueur. Ils creusent des trous ; ils creusent des trous sans savoir pourquoi. Qu’y a-t-il dans un trou ? Deux oignons qui s’épluchent. Deux oiseaux de la nuit qui touchent le fond et qui se demandent c’est quoi vivre alors ? Bert et Ange c’est un duo philosophant sur la vie. Des gens de la lune qui vont décortiquer les mécanismes de fiction pour comprendre comment l’œuvre et l’humain se construisent. Pourquoi rêver toujours d’être un autre quand on peine déjà à savoir qui on est ? Réflexion faite, l’idée leur est apparue que nos choix et nos désirs ne nous appartenaient pas et que donc l’homme, être de fiction et de culture, semblait être, naturellement et facilement manipulable. Sous forme de traités, qu’on appellera « Les traités de la Perdition », les spectateurs assidus pourront suivre Ange et Bert évoluant dans leurs fantasmes pour mettre en exergue la mort d’un monde qui se décompose de l’intérieur.

Ignares de nos destinées, nous avançons dans la vie sans savoir ce que demain sera fait. C’est pourquoi, le spectateur doit sentir que tout peut arriver, lui-même plus attentifs, il va devoir déceler sous les strates d’histoires et d’interprétations, sous les différents codes de jeu, le vrai du faux. Il va devoir pour comprendre, accepter ne pas savoir. Ainsi Anaïs et Bertrand remettent au cœur du plateau l’imprévu et la spontanéité qui façonnent l’existence de chacun. Face aux multiples possibles, ils ouvrent une brèche vers l’inconnu pour trouver quelque chose qui ne se dit pas, la part innommable de l’humanité. Bien qu’inquiets c’est avec humour qu’ils interrogent la capacité du théâtre à participer à la réinvention du monde.

« Ainsi l’on fait ce que l’on veut, mais jamais ce que l’on avait voulu »

MUSIL, dramaturge autrichien

SYNOPSYS
Dans ce deuxième volet des Traités de la Perdition, Ange & Bert, perdus sans inspiration, doivent, malgré vents et marées, écrire la suite de leur histoire. Que se passe-t-il dans la tête d’une personne qui se met à écrire ? Anaïs Muller et Bertrand Poncet ont choisi de côtoyer Marguerite Duras jusqu’à tenter de voir à travers ses yeux, pour comprendre de l’intérieur sa façon d’être au monde ainsi que son geste créatif. Pour mettre en exergue le processus d’écriture, ils écrivent une histoire à la façon de leur idole : l’histoire d’une sœur qui aime son frère. La sœur avoue au frère son amour et aux confins de l’interdit, ils vont tout risquer jusqu’à tenter l’inconcevable : la perte totale de leur identité.