Les coulisses

Autoportrait de Cavaillon - Making of épisode 5

 

par Baptiste.rol

mercredi 23 mai 2012

STAGIAIRE ? ASSISTANT ? MARTYR ?

Étudiant A : « - C’est intéressant ton stage à toi ?
Étudiant B : - Tu parles ! Je sers des cafés toute la journée...
Étudiant A : - Ah ben te plains pas, moi je suis assistant pour Christophe Loiseau.
Étudiant B : - ah ouais… pas de chance ! »

« Ces étudiants n’acceptent plus rien de nos jour ! » me direz-vous, et aurez vous raison de dire dans une certaine mesure, mais dans le cas présenté ci-dessous je ne vous répondrai qu’une seule chose : lisez ce qui suit, et vous serez ensuite libre de me juger comme bon vous semblera.

ATTENTION : Toutes mauvaise foi, exagération ou victimisation de ma part par rapport à des évènements et des situations ayant réellement existé seraient partiellement voire entièrement fortuites.

Alors que Vincent, chargé du développement des publics à la Scène nationale, semble miraculeusement tomber sur tout un tas d’activités divertissantes (comme combattre au sabre au milieu des pommiers en fleur, sauter sur un trampoline au sommet d’une colline ou encore faire une partie de flipper la nuit au milieu d’un champ) je n’ai de mon côté qu’une fonction de cobaye.

SI j’étais paranoïaque je commencerais même à croire qu’il ne fait appel à moi que lorsqu’il a un doute sur l’aspect sympatique de l’activité ou sur la parfaite organisation de la prise de vue. Et je me retrouve contraint de faire le modèle. Mais attention pas celui qui sera sur la photo, non, celui qui est là pour éprouver les matériaux, la lumière, la confortabilité de la prise de vue ainsi que sa faisabilité. Escaladant, me salissant, m’empalant dans des branches, etc.

La première expérience était une prise de vue mettant en jeu des pigments de peinture. « Mets des vêtements qui ne craignent rien ! » m’avait averti Christophe. C’est donc l’esprit serein et les vêtements usés que je me suis rendu au rendez-vous le lendemain matin, m’apprêtant à recevoir de la couleur. « En fait quand j’ai repéré les lieux c’était sec, mais là on s’enfonce un peu… Oh là... et beaucoup ici. ».

La seconde expérience part d’une tentative de ma part de faire l’assistant pour une prise de vue dans laquelle le modèle semble me correspondre, en âge et en attractivité (non pas que je me considère comme attractif mais que cette personne semble l’être).

Stagiaire : « - Tu as besoin d’un assistant pour celle-là !
Christophe L. : - Pour ce soir ? Ah oui justement, ça tombe bien que tu te proposes !
Stagiaire : - Non pas ce soir, pour la photo avec la fille qui a mon âge…
Christophe L. : - Ah ah, bien tenté mais non, par contre tout de suite oui. C’est parti ! »

Nous voilà alors en route pour une prise de vue dans les champs. Christophe ne sait pas encore lequel des lieux repérés il va choisir. Un photographe, deux lieux, trois possibilités.
Premier lieu : une souche sur laquelle un arbre mort repose, tous deux recouverts de lianes. Nous pensons au modèle en talons et décidons de voir la faisabilité de la chose. Je prends mon courage et une branche à deux mains, sans trop de difficultés me hisse et attend que Monsieur Loiseau teste la lumière, l’angle, puis décide d’aller à l’autre endroit. Je vous épargne l’épisode instable de la descente.
Deuxième lieu : « Allonge-toi dans le champ au milieu des coquelicots mais sans les écraser… non relève-toi ». Deuxième lieu bis : « Enfonce toi dans les branches de dos, un peu plus loin… ah ouais pas mal… baisse la tête, regarde moi… non ca va pas ». Il a trituré son appareil photo pendant dix minutes, a eu l’air de faire des réglages puis a lancé un « ah au fait, tu peux sortir ! ».

Derrière nous, un immense platane dont les branches s’étendent parfaitement de toutes parts comme pour prendre le plus de place possible. Si seulement on pouvait grimper en haut la photographie serait géniale. Christophe part demander aux propriétaires du lieu s’ils n’ont pas une échelle et je m’imagine déjà me hissant au sommet d’un platane, tel un aventurier, dominant le paysage à hauteur du soleil prêt à se coucher derrière le verger. Alors que le propriétaire cherche l’échelle, le modèle, le vrai, arrive accompagné de Vincent (toujours au bon endroit au bon moment remarquerez-vous) me volant la vedette, ou plutôt récupérant la sienne.
L’échelle installée, le modèle monte immédiatement au sommet de l’arbre et me voilà portant le parapluie du flash à bout de bras durant les trente minutes de prises de vue.

C’est pourquoi je décide d’exprimer une requête pour le mois de juin, espérant que quelqu’un me trouvera une place dans un lieu qui me permettra de servir des cafés, de travailler dans un bureau et qui me permette par dessus-tout de côtoyer des photographes que leur talent n’emmène pas trop loin.