Autour des spectacles

Ateliers d'écriture autour d'A la renverse

 

par Nicolas

mardi 19 mai 2015

Autour du spectacle A la renverse, texte de Karin Serres mis en scène par Pascale Daniel­‐Lacombe/Théâtre du Rivage, programmé à la Garance en avril, des élèves de 3e et de 2e de la Cité scolaire d’Apt ont participé à des ateliers d’écriture animés par Danielle Bruel, intervenante de l’association « Le goût de lire en pays d’Apt », en partenariat avec les enseignantes de lettres Claudine Olivain et Géraldine Péron.

Pour faire le portrait de Sardine
Prendre une jeune fille habillée toute en noir
Prendre un garçon avec sa guitare
Installer un banc bleu face à la mer
Entendre le bruit de la fête foraine
Se transformer en animal
Parler de ce que l’on voit de l’autre côté
Être dans la nuit noire
Se quitter puis se retrouver
Rigoler au bord des vagues
Attendre que le temps passe
Attendre que Gabriel revienne
Rêver de la neige
S’envoler vers la lune
Faire un saut en apesanteur
Revenir sans attendre
Parler de la bouteille à la mer
Tomber à la renverse
Mourir la première
Repartir vers le ciel.
Amélie ­- 3e

Pourquoi mourir la première ?
Au bout du monde crois-­tu qu’il y a un banc bleu comme le nôtre ?
Es-­tu libre comme le ciel bleu intense du matin ?
En sept vies aurai-­je le temps de te montrer la neige ?
Sardine, sur la lune, y’a-t-­il le temps de rêver ?
Est-ce ­un beau jour pour mourir ?
Sébille - ­3e

On dirait que ...
On dirait que l’élastique qui retient Sardine l’empêche d’aller voir l’autre Monde
On dirait que le rêve de Sardine de voir peut-­être un jour de la neige et sentir la légèreté des flocons sur ses doigts était de l’autre côté.
On dirait que le ciel bleu intense du matin dans l’horizon face au large se reflète sur le banc bleu devant la mer.
On dirait que l’espace infini du monde n’a jamais pu réellement séparer Gabriel et Sardine.
On dirait que s’envoler à la renverse laissant deux grains de sable sur la plage face à la mer est impossible pour ces deux êtres.
On dirait qu’un sac pour changer de vie, c’est quitter le cri des mouettes et partir une lanterne à la main.
On dirait que quand Gabriel et Sardine échangent un regard, c’est comme un saut en apesanteur dans l’avenir incertain.
Elève de classe de 3e

Est-on face à la mer ?
Tu te rappelles…. à la fête foraine ?
Et le déguisement du carnaval, c’était bien hein ?
D’après toi, peut-­on vivre à l’envers ?
Au fait, tu tombes toujours à la renverse, pourquoi ?
Aimes-­tu bien le cow-‐boy avec ses "pan pan" ?
Veux-­tu aller vers l’autre monde ?
Est-ce que tu aimerais t’envoler ?
A ton avis, l’Enfer fait­‐il peur ?
Crois-­tu que la nuit noire se renverse ?
A ton avis, peut-­on vivre sur la lune ?
Quand nous étions petits, nous jouions au bord des vagues, t’en souviens-­tu ?
C’est dur de partir chaque année non ?
Toutes ces mouettes à piaffer, ne te saoulent-­elles pas ?
Un jour, n’aimerais-‐tu pas aller au delà de l’horizon, et tout laisser à la renverse ?
Il t’en reste combien de vies, toujours sept non ?
Ne veux-tu pas aller au bout du monde, toi ?
J’aimerais que tu me ramènes des bonbons de sirène, vas-­tu y arriver ?
Ne trouves-­tu pas que c’est un bon jour pour mourir ?
As-­tu peur de la renverse toi ?
Cramponnes-­toi à moi et on part voyager, es-­tu d’accord ?
M’enverras-­tu une bouteille à la mer ?
T’en souviens-­tu des cheveux de pierres ?
Comment fait­‐on ?
Qui va mourir en premier ?
Ou sinon tous les deux ensembles, on tombe à la renverse ?
Marie, élève de 3e

On dirait que je serais une petite fille qui court sur les tissus de lin,
Déguisée en cow-boy ou en chevalier,
Défiant l’horizon de nos envies, de notre été, du mois de février.

On dirait que l’on ira voyager dans la nuit noire, avec l’étincelle de notre jeunesse,
Le vent et les cris des mouettes,
On sera face au large, devant la mer infinie.

Pris dans le chant des chiens de la mort, on chantera notre première chanson,
Rouge, rouge on criera
Dans le rêve de l’autre côté,
On dirait qu’on sera libres.

On dirait qu’on serait au bord des vagues,
Au chaud mois de juillet tu rêvais de neige
À New York, tu disais qu’il y en avait
Le ventre serré, j’acquiesçais lentement
Pourquoi veux-­tu aller là-­bas ?

Mourir la première tu me disais
Et pourtant tu t’accrochais la tête à la renverse
Je regardais le ciel
On s’observait à plusieurs millions de kilomètres
Le goût salé des vagues encore dans ta tête.
On dirait moi plus vieux
Mais si regarde, c’est moi en petit vieux rabougri !
Mais si regarde, je suis encore là à espérer !
Mais si regarde, je marche sur la plage à marée basse, en pensant à l’autre côté.
Mohéli - ­3e

On dirait qu’on est chevalier
Et que le grondement de l’Enfer ne nous fait même pas peur !
On dirait que la lumière des attractions se refléterait sur nos armures
Et que la barbe à papa serait le trésor du dragon.
On dirait que les vagues seraient les remous d’une grande piscine
Et que le responsable serait un géant prenant son bain.
On dirait que les traces qu’on laisse sur la plage ne s’effacent pas
Et qu’un jour on revient juste pour les voir et nous revoir marcher.
On dirait que tu es un oiseau et moi un poison
Et que quand tu baisses les yeux ton reflet se mêle à mon image.
On dirait que je m’élance hors de l’eau pour voler à tes côtés
Mais je ne suis qu’une sardine qui retombe bientôt dans l’océan.
Mais toi tu es un ange après tout.
Alors on dirait que tu plonges, que tu nages
Et que tu me rejoins, de l’autre côté.
Rémi - 2e

Pourquoi t’es muette ?
Pourquoi tu sembles vide de sentiments ?
Pourquoi tu regardes de l’autre coté ?
Pourquoi tu parles de mourir alors que tu as sept vies ?
Pourquoi le temps passe, pourquoi il ne s’arrête pas quand je suis avec toi ?
Pourquoi tu me manques ?
Pourquoi je dois attendre pour te revoir ?
Pourquoi tu ne quittes pas mes pensées ?
Pourquoi ne pas faire pour de vrai cette fois ?
Pourquoi ne pas voyager à deux ?
Pourquoi ne pas vivre tous les deux ?
Pourquoi il y a cet élastique de mon cœur au tien ?
Pourquoi je ne peux pas décrocher la lune pour toi, pour que tu restes avec moi ?
Pourquoi ne pas mourir pour ne plus souffrir sans toi ?
C’est un beau jour pour mourir, tu ne crois pas ?
Nathan - 2e

Pourquoi bleu, et pas rouge ?
Sardine, Sandrine ou sourdine ?
Coquillage jaune ou poisson vert ?
Face à la mer ou en bas d’une montagne ?
C’est quoi, une fête foraine, tu en as des confettis ?
C’est quoi ton déguisement cette fois-­ci ?
Vivre à l’envers ou mourir à l’endroit ?
Pourquoi être seule ?
De l’autre coté ou à coté ?
Indien, pourquoi pas ?
Est-­ce renversant ?
Rugissement ou grondement ?
Regard à vision nocturne, est­‐ce mieux ?
Autre monde, même univers ?
Enfer ou paradis ?
C’est quand le temps des chevaliers ?
Qui éclaire mon chemin ?
S’envoler comme un oiseau ?
Nuit noire, comme dans l’espace ?
Se quitter mais à tout jamais ?
Bonbons de sirènes pourquoi pas ?
Guilhem- 2e

Pour faire le portrait de Gabriel
Organiser un carnaval
Trouver une fille à travers la foule
Se retrouver face à la mer
Regarder de l’autre coté
Attendre le temps de sept vies
Voyager dans l’espace infini
Tomber à la renverse
Ludovic ­‐ 2e

Pour faire le portrait de Gabriel
peindre un banc fameux en face de la mer
s’y asseoir souvent
peindre ensuite la silhouette dans la brume du soir
peindre par la suite une guitare des cheveux et des yeux
Mettre un regard qui regarde cette fille
Peindre le rêve d’être avec elle mais le faire s’envoler dans la nuit noire
au bout du monde il l’attendra
peindre le temps qui passe et les vagues qui se brisent
Marie ­‐ 2e

On dirait qu’il y a le temps et que je ne serai jamais une petite vieille rabougrie
A toi mon cow-boy de l’Autre monde
On dirait que les cris des mouettes aimantent les cheveux des pierres et que l’arc en ciel illumine le gluant des algues
On dirait que la neige offre sept vies aux grains de sable et que l’asphalte salé éclate en pots de confiture qui se transformeraient en bonbons de sirènes
On dirait qu’on plongerait de l’autre côté de la foule et on s’embrasserait au bord des vagues et tout cela à la renverse
Claudine ­‐ enseignante