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Arnold Schönberg (1874-1951)



Arnold Schönberg est compositeur, pédagogue et théoricien d’origine autrichienne,
naturalisé américain.

Hormis quelques leçons de contrepoint avec Alexander von Zemlinsky, il apprend
et comprend l’essentiel de l’écriture musicale par la lecture des grandes oeuvres du
passé et dans l’interprétation d’un très vaste répertoire de musique de chambre,
essentiellement comme violoniste mais aussi comme violoncelliste.
Dès 1903, il enseigne l’harmonie et le contrepoint à Vienne ; l’activité de
professeur restera au coeur de toute son existence, de Berlin à Los Angeles.
Longtemps après les premiers élèves Anton Webern et Alban Berg, avec lesquels
se forme ce que l’histoire retiendra sous le nom de Seconde école de Vienne, de
nombreux autres créateurs suivront ses cours, dont Hanns Eisler et John Cage.
En 1903, il rencontre Mahler à Vienne ; revenant sur les réserves qu’il avait
formulées jusqu’alors sur l’oeuvre de ce dernier, Schoenberg lui vouera une
admiration indéfectible après avoir entendu la Troisième Symphonie. Le départ de
Mahler pour les USA, en 1907, coïncide curieusement avec les premiers pas dans
la grande traversée des années 1907-1909 où la musique tonale basculera alors irréversiblement vers l’inconnu
par la dissolution des fonctions classiques de l’harmonie d’abord, puis, ce qui est plus crucial encore, celle des
repères thématiques : Deuxième quatuor à cordes, Pièces pour piano op. 11, Livre des Jardins suspendus op. 15,
Pièces pour orchestre op. 16, monodrame Erwartung op. 17
, …
Lors de son séjour premier à Berlin, Schoenberg rencontre Richard Strauss dont l’influence marque le poème
symphonique Pelléas et Mélisande op. 5 ; mais c’est avec Kandinsky qu’il échangera une longue et précieuse
correspondance.
Après les turbulences et leur relative accalmie (Pierrot lunaire op. 21, Quatre chants op. 22) la période 1915-1923
voit un certain repli de l’invention au profit de multiples transcriptions mais surtout, et en même temps que la
réflexion sur la future composition avec douze sons, l’essor d’une profonde pensée religieuse qui gouvernera la
création à venir depuis l’immense oratorio inachevé L’Echelle de Jacob (1916) jusqu’aux Psaumes des dernières
années, en passant par Moïse et Aaron (1932) et Kol Nidre (1938).
L’adoption de la technique sérielle (1923) s’inscrit ainsi à la fois dans la perspective d’un authentique classicisme et
dans celle d’une vision proprement messianique du rôle du créateur qui domine largement la pure question de la
syntaxe à laquelle Schoenberg se verra si fréquemment confiné.

Il quitte définitivement l’Europe pour les USA en 1933. S’il américanise aussitôt l’orthographe de son nom (le ö
devient oe) et écrit dorénavant directement en anglais, il ne deviendra citoyen américain que le 11 avril 1941.
Jusqu’à la fin, ce sera le temps des relations fécondes, conflictuelles parfois, (avec Alma Mahler-Werfel, Thomas
Mann, Berthold Brecht, Hans Eisler et Theodor W. Adorno).
Au repli de l’invention de 1933 succèdent les années d’épanouissement du style où parmi les puissantes oeuvres
tardives, certaines laissent affleurer l’idée de compatibilité avec un type nouveau de tonalité (Deuxième Symphonie de chambre op. 38, Ode à Napoléon op. 41, etc.).