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Archives saison 2006-2007

 
 

Lars Norén / Renaud-Marie Leblanc  

Froid

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Trois jeunes parlent de leur amour pour la race suédoise : ils évoquent les dangers que font peser les « métèques » sur la pureté de la Suède. Ils avouent aussi leur fascination pour la mise à mort de quelqu’un. Karl, un garçon coréen passe, un enfant recueilli et éduqué par une famille fortunée, un enfant qui réussit à l’école. Karl, lui, croit à la vertu du dialogue. Un théâtre ultra naturaliste, jusqu’au-boutiste dans sa représentation du réel... un réel qui glace les sangs.
Un théâtre qui ouvre le dialogue avec les adolescents.

 

La lecture de ce texte brut, où le spectateur n’est pas placé du côté de la victime mais de ses bourreaux, est simplement sidérante.

Montrer le réel sans faux-semblant

Norén montre sans faux-semblants la fascination du meurtre, en représentant celui-ci sous nos yeux. La mise à mort redoutée sur laquelle se construit un suspense hitchcockien pendant deux bons tiers du récit, demeure le seul instrument pédagogique qui vient contrebalancer le discours extrémiste.
Car Froid n’est pas une pièce didactique, et c’est en ce sens que réside sa difficulté. Keith, Anders et Ismaël assènent littéralement leur haine de l’étranger, leur fidélité à la tradition, leur apologie du bon suédois blanc, mais nous livrent aussi malgré eux des fragments de leur enfance, souvent marginalisée (quid sans parents, quid avec son père en prison...).
Pourtant, Norén, de prime abord, ne porte aucun jugement sur ses personnages et ne cherche pas non plus à les racheter, et c’est bien leur poids de réel qui les fait basculer dans l’intolérable.
Leur simple présence évidente, par essence, les incarne à nos yeux.

Une opposition des corps

On retrouve aussi l’écriture de Norén, tendue et sèche, dont la continuité dialoguée demeure l’épicentre. Mais contrairement à d’autres textes, la parole ici ne s’affronte pas ; ceux sont les corps qui s’opposent.
Ici, tous sont du même avis, et pourtant au sein du groupe formé par les trois extrémistes, une discorde règne, entretenue par une envie de discorde. Karl pense avec le spectateur que le dialogue sera sa porte de sortie, mais Keith, le leader, lui assène des « Ta gueule, putain, quand je parle ! On discute, oui ou non ? »
Comment dialoguer quand ce mot a des définitions si différentes ?

- Renaud-Marie Leblanc propose une première approche de la mise en scène lors d’un stage à Cavaillon les 27 et 28 janvier.

- Lisez le dossier complémentaire sur Froid : biographie de Lars Norén, interview de Renaud-Marie Leblanc, extraits...

- Des collégiens ont participé à un travail journalistique suite à une représentation de Froid au Théâtre National de Belgique, en collaboration avec Amnesty International. Leurs articles sont consultables en ligne

- Un dossier documentaire (120 pages) a été réalisé par Didascalies & Co à destination des enseignants qui souhaitent engager un travail autour des thèmes contenus dans Froid. Il est disponible par mail sur simple demande à didascalies.co@9business.fr

Documents


DOSSIER : Froid, de Lars Norén

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